La case des mots: L’eau berceau, l’eau tombeau

mercredi, 16 mai 2018 12:39
La case des mots: L’eau berceau, l’eau tombeau Crédits: DR

Caniveaux à flot, châteaux pieds dans l’eau, nos pluies diluviennes ne font plus de cadeau.

Au galop, tel un taureau, l’eau arrache poteaux et panneaux. Les rouleaux d’eau balancent tout à l’eau. 

D’Antanarivo à Bamako, de Mexico à Maputo, d’Oslo à Malabo, de Tokyo au Lesotho ou à Yamoussoukro, c’est grosso modo le même scénario, avec les mêmes cahots de la météo.

Quand il pleut à gogo, nos rues deviennent de gros ruisseaux. Pris en étau, les autos flottent tels des escargots ou des fagots.

Par ses assauts et ses coups de sabots, l’eau berceau de la vie, devient berceau de maux, de fléaux, de chaos.

Face à l’eau, nos certitudes tombent à l’eau ou vont à vau-l’eau. Pris dans le goulot des flots d’eau, l’homme est comme un agneau en cachot, qui, pour sauver sa peau, doit s’abriter plus haut.

Les hameaux sur les mégots de terreau en dessous de plateaux fondent en lambeaux, se morcellent en tombeaux.

Sur les ilots de nos défauts, là où s’arrêtent le rideau de notre pseudo culot, l’eau plante, tout haut, son drapeau.

Benoît HILI

 

Read 137 times Last modified on mercredi, 16 mai 2018 13:03