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L’ingéniosité, le plus grand besoin de l’Afrique d’aujourd’hui !

lundi, 15 juillet 2019 12:12
L’ingéniosité, le plus grand besoin de l’Afrique d’aujourd’hui ! Crédits: DR

Comme démontré dans nos différents articles, le plus grand malheur de l’Afrique reste ses connaissances qui sont et demeurent précaires – parfois erronées, parfois inefficaces – pour résoudre effectivement nos tares et avatars. Face à cette problématique titanesque, qui enfonce sans cesse le continent et ses habitants, des voix s’élèvent de toute part pour proposer des remèdes.

Malheureusement, ces vaillantes voix ne proclament que des analyses ou des diagnostics sans formuler des solutions de fond pour sortir le continent de sa situation honteuse et inacceptable, qu’il vit depuis des siècles et des siècles. Or, de nos jours le problème de l’Afrique est plus ou moins connu à travers les nombreux diagnostics faits au sujet de la problématique africaine. Les idées déterminantes de la souffrance du continent sont à peu près connues grâce aux différentes contributions sur son mal. Aujourd’hui, il est plutôt question d’ordonner ces idées pour cibler la racine, le fondement ou l’essence de la problématique africaine, afin d’apporter des solutions appropriées pour anéantir celle-ci.

Après étude, il se révèle que ce fondement, cette racine du problème africain reste les connaissances défaillantes – parfois erronées ou mensongères, parfois inefficaces ou insuffisantes – que nous utilisons et auxquelles nous sommes toujours accrochés pour soi-disant solutionner nos problèmes. Nos connaissances ayant montré leurs limites ou étant frappées par la limite, démontrant leur incapacité à résoudre nos problèmes, nous devons donc inéluctablement les transcender pour espérer avoir des solutions idoines à nos difficultés, afin de sortir définitivement du carcan qui tenaille notre vie et notre dignité. Or, transcender ces connaissances précaires commande de l’ingéniosité. D’où l’ingéniosité demeure le plus grand besoin de l’Afrique d’aujourd’hui.

Pour véritablement sortir l’Afrique de l’ornière, il faudra que la priorité des priorités soit accordée à l’intellectualité, qui est l’exercice de l’intelligence commandant l’ingéniosité[1] pour produire les connaissances appropriées dont nous avons besoin pour aller de l’avant. En effet, l’Afrique doit accorder une importance inestimable à l’intellectualité et accompagner ses acteurs, les intellectuels, à produire ou développer des connaissances nouvelles et appropriées, afin que nous disposions de solutions tangibles et nécessaires pour transcender la faiblesse de nos connaissances actuelles, et apporter de la vitalité à la résolution de nos problèmes.

Pour en finir avec la problématique africaine, l’ingéniosité à travers l’intellectualité de fond est un passage obligatoire. Les États africains doivent comprendre que l’intellectualité – exercice de production et de développement des connaissances intellectuelles – est le pilier de la résolution des problèmes comme les leurs[2].C’est pourquoi, nos États doivent faire preuve de sagesse afin d’opter pour une bonne résolution de leurs problèmes et des difficultés du continent. Ils doivent, d’une part, reconnaître que la précarité, la fragilité ou l’insuffisance de nos connaissances actuelles sont le fondement de nos malheurs et, d’autre part créer les conditions nécessaires pour résoudre cette tare afin de guérir le continent de son mal, considéré de plus en plus comme incurable. Pourtant, ce mal africain n’est nullement incurable, il peut bien être guéri. Seulement, nous devons poser le bon diagnostic pour toucher la racine du problème afin d’apporter le remède approprié pour le guérir définitivement. C’est cette approche que nous essayons de véhiculer à travers cet article. En réalité, celle-là est le fil conducteur de nos travaux.

En effet, après avoir situé la cause principale de la problématique africaine qui est, en réalité, la défaillance notoire de nos connaissances actuelles, nous nous sommes donné pour défi de trouver la solution à ce problème gigantesque. Nous avons ainsi embrassé l’intellectualité pour produire ou développer des connaissances alternatives aux connaissances inappropriées du moment qui, en vérité, constituent la cause fondamentale du sous-développement interminable du continent. Nous avons produit plusieurs connaissances de fond dont des courants de pensée, des théories, des concepts, des modèles, des principes, des systèmes, des mécanismes susceptibles de surmonter les limites de nos connaissances actuelles pour nous projeter vers une résolution surdimensionnée de nos problèmes.

De ces connaissances ingénieuses, nous pouvons citer entre autres : le régime pentiviste, l’alternative aux régimes présidentiel et parlementaire ; la Constitution républicaine pentiviste, l’alternative aux modèles constitutionnels actuels, toutes tendances confondues ; l’objectivitisme, l’alternative au libéralisme et au socialisme ; le capitalisme objectif, l’alternative au capitalisme actuel ; l’économie objective, le modèle d’économie du capitalisme objectif et l’alternative aux modèles d’économie prônés par le libéralisme et le socialisme ; la théorie de la compréhension de l’intelligence ; la théorie de l’efficacité du financement, etc.

Avec ces différentes connaissances alternatives, l’Afrique aura désormais de quoi résoudre efficacement ses problèmes. Si véritablement le continent veut sortir de sa détresse, rien ne pourra l’empêcher d’atteindre cet idéal. C’est pourquoi, nous invitons les politiques et les intellectuels à s’intéresser à l’intellectualité et donc aux connaissances ingénieuses, car suivant la nature de la problématique africaine, l’âge d’or du continent se trouve dans l’ingéniosité. Aujourd’hui, le continent a plus que jamais besoin de connaissances ingénieuses et non de simples connaissances correctives pour sortir les Africains de leurs situations invivables et intolérables.

En tout état de cause, les Africains doivent comprendre que cette assertion de la résolution des problèmes de fond par des connaissances ingénieuses est la marque et a toujours été la force des grands pays dits développés, que nous admirons tant. Pour qu’un pays arrive à ce stade de développement, il faut scrupuleusement qu’il s’approprie cette approche de  résolution des problèmes par des connaissances ingénieuses. Or, malheureusement, de nos jours, l’intellectualité n’est plus d’actualité aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement.

Pourtant, les pays sous-développés ont fortement besoin de celle-ci. En effet, les nations développées n’ayant plus de problèmes de fond peuvent se passer de cette approche pour résoudre leurs problèmes, mais les nations sous-développées éprouvant toujours des problèmes de fond doivent immanquablement s’approprier cette démarche pour résoudre leurs problèmes. Les Africains doivent comprendre qu’ils n’ont point les mêmes problèmes que les pays développés ; et pire, ces derniers ne pourront jamais résoudre leurs problèmes à leur place ou sans leur contribution significative. Puisqu’en réalité la méthodologie qu’il faut pour résoudre nos problèmes n’est plus d’actualité chez eux.

C’est pourquoi, l’Africain d’aujourd’hui doit sortir de l’intellectualité préalable ou superficielle, qui consiste à effectuer et à se limiter à l’analyse ou au diagnostic, pour embrasser l’intellectualité approfondie ou de fond, qui consiste à produire ou à développer des connaissances ingénieuses. Seules des alternatives ou des solutions de fond surpasseront les limites et les insuffisances des connaissances actuelles, pour la résolution effective et durable de nos problèmes. L’Afrique d’aujourd’hui a donc besoin d’intellectuels, des vrais, à savoir ceux qui exercent l’intellectualité de fond, pour sortir effectivement le continent de sa précarité. Car les connaissances intellectuelles de fond qu’ils produiront seront les solutions qu’il faut absolument pour sortir l’Afrique, continent de tous les maux, de sa situation tumultueuse.

Il ressort de cet article que le combat préalable pour libérer l’Afrique demeure le combat intellectuel. Car, la problématique du continent est d’abord d’ordre intellectuel avant d’être d’ordre politique, économique, social ou écologique. Et qui dit intellectuel dit ingéniosité !

Pacôme Kouamé Oi Kouamé
Chercheur interdisciplinaire en développement
Concepteur du projet Vision-monde de demain
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[1] Invention ou innovation

[2] À savoir de nature sans solutions ou avec des solutions inefficaces, erronées ou mensongères.