C’est vous qui le dites : Promouvoir la sorcellerie pour développer l’Afrique

C’est vous qui le dites : Promouvoir la sorcellerie pour développer l’Afrique

dimanche, 25 février 2018 21:50
C’est vous qui le dites : Promouvoir la sorcellerie pour développer l’Afrique C’est vous qui le dites : Promouvoir la sorcellerie pour développer l’Afrique Crédits: DR (Archives)

Le développement de l’Afrique reste une équation sans solutions pertinentes pour toutes les intelligences confrontées à la question. Dans sa contribution du mardi 13 février 2018, le docteur Oussou Remi semble résigné et condamne l’Afrique au sous-développement.

Son double questionnement (i) comment en est-on arrivé là et (ii)  comment en sortir est resté sans réponse. A la lumière de son analyse du développement et des facteurs y contribuant, selon les grilles de lectures de deux éminents économistes, l’américain W.W Rostow et le Suisse Max Weber, l’Afrique ne semblerait pas capable, au stade actuel de son infrastructure psychologique et   culturelle et  de ses savoirs accumulés, d’opérer les mutations nécessaires pour épouser les fondamentaux du développement, posant ainsi la question fondamentale de la culture comme facteur du développement.

Le savoir comme facteur du développement

Pour ceux qui y croient, la connaissance est du domaine du divin, un secret, puisque le créateur est secret en lui-même et apparent en l’Homme-Dieu. Les livres saints nous l’enseignent et les savants le confirment par cette proposition : « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». S’ils ne créent pas, d’où les savants tirent-ils leurs inventions ? Quelle est la source originelle de la connaissance, si ce n’est le créateur ? Tout savoir est un secret. Il  se transmet par l’enseignement ésotérique  ou exotérique (enseignement de masse ou par apprentissage chez des maîtres). Il faut donc sortir le savoir africain de l’ésotérisme, car son essence, divine est noble. L’Europe a osé la rupture pour distribuer la connaissance dans des institutions publiques confessionnelles ou laïques. Bien qu’ils soient organisés en sociétés secrètes, les francs-maçons ont contribué à la diffusion de la connaissance tout en gardant en secret les savoirs fondamentaux qui leur donnent pouvoir et domination sur le monde. L’Eglise d’alors, puissante et obscurantiste les a confinés dans les sous-sols faisant d’eux des sociétés secrètes qui ont donné au monde de grands noms comme Marie Curie, Montesquieu etc.

La langue, facteur de développement et de domination

Par observation aucun pays n’a pu se développer  sans la maîtrise d’une langue en propre, parlée et écrite. Les  connaissances acquises dans la langue d’emprunt assurent la propagation de la culture dont la langue sert de médium. Les sociétés africaines ayant échoué à maîtriser l’écriture, elles n’ont pu maîtriser une langue capable de diffuser les savoirs africains. Les Africains ne peuvent communiquer le savoir qu’au moyen de langues empruntées, le français, l’anglais, l’allemand, le chinois, l’arabe.  La langue, en plus d’être un moyen de communication entre les membres de la société et d’apprentissage des sciences, est un puissant moyen de domination culturelle. Ceux qui enseignent et diffusent la connaissance sont les professeurs. Ils maîtrisent la langue de communication. Les sorciers ne sont pas professeurs. C’est cette insuffisance que notre culture doit corriger. Le savoir africain dit « sorcellerie » existe encore et il maîtrise les fondamentaux de la science.  

La sorcellerie comme science au service du développement de l’Afrique

Les sociétés secrètes d’Afrique n’ont pas osé la rupture avec le secret, source de liberté et de domination. Partant elles ont  manqué d’irradier le corps social africain, le privant des  connaissances et savoirs utiles à la  création des outils de maîtrise de son environnement physique et de production pour ses besoins. La connaissance et les savoirs importés n’atteindront pas une masse critique capable d’amorcer le décollage et le développement de l’Afrique.  L’Europe s’est développée avec sa culture. L’Asie s’est développée avec sa culture. L’Afrique veut se développer avec la culture européenne ou asiatique. L’Afrique ne pourrait-elle pas, elle aussi se développer avec sa propre culture ? Le savoir africain dit « sorcellerie » maîtrise  les fondamentaux de la science. Il reste à le valoriser, à le promouvoir par  une langue de type africain capable de le codifier afin de le diffuser au plus grand nombre pour l’orienter vers le décollage culturel et économique de nos sociétés. Elle a des aspects positifs, la maîtrise du temps, du mouvement et les sciences médicales. On en voit pourtant que les aspects malveillants. Les détenteurs du savoir sont nos maîtres, c’est ainsi qu’ont les appelle dans toutes les institutions scientifiques. Les sorciers africains sont aussi nos maîtres. Il reste à valoriser leur science.

 

Camara Loukimane

Député de Bouna-Bouko

 

 

 

 

 

 

 

 

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