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Afrique: Besoin d’alternance ou d’alternative?

mardi, 25 juin 2019 18:13
Afrique: Besoin d’alternance ou d’alternative? Crédits: DR

De nos jours, face aux échecs patents des dirigeants africains, à leur impuissance de mener à bien la politique et à leur longévité stérile au pouvoir, des voix se lèvent de toute part sur le continent pour réclamer une alternance générationnelle.

La classe politique actuelle est invitée à céder la place à une nouvelle génération. Or, le constat est que celle-ci a été à l’école de la génération mise en question. Ce qui laisse planer une inquiétude profonde sur cette alternance générationnelle, car rien ne garantit que celle-ci va procurer les résultats souhaités.

Sans un système fort pour recadrer et guider les nouvelles générations, en réalité, on ne pourra rien tirer de l’alternance générationnelle et même de l’alternance simplement. Dès lors, la question suivante s’invite : l’Afrique d’aujourd’hui a-t-elle besoin d’alternance ou d’alternative ?

Comme nous l’avons expliqué dans un article précédent, le problème de l’Afrique n’est point un problème d’hommes, mais plutôt un problème de système. Ainsi, sans un système fiable, l’alternance malgré ses avantages sera sans effets, on ne pourra guère profiter de ses bienfaits.

C’est pourquoi, nous disons : alternance d’accord, mais alternative d’abord. Certes, l’alternance a plusieurs avantages car elle incarne du nouveau et donc de la motivation de faire ses preuves, de l’innovation, de la vigueur concernant l’alternance générationnelle, etc. Mais tout ceci ne peut être une réalité qu’avec un système fort, bien introduit et rigoureux.

Or, présentement les systèmes africains ne sont guère de cette trame. Nous avons des systèmes obsolètes et totalement en déconfiture, qu’il convient de transcender pour aplanir le chemin de l’alternance surtout générationnelle que nous appelons de tous nos vœux. Surtout, nous devons nous débarrasser des régimes présidentiel et parlementaire que nous utilisons pour organiser nos systèmes politiques actuels.

Car, ces deux régimes politiques sont si débiles qu’ils ne peuvent assurer le système pouvant garantir les avantages d’une alternance surtout générationnelle. Sans un système approprié, la nouvelle génération ne pourra rien apporter de différent par rapport à la génération précédente, voire elle sera pire que celle-ci, puisqu’elle a été à son école.

L’Afrique a certes besoin d’alternance surtout générationnelle, mais elle d’abord besoin d’une alternative profonde. Cette alternative commande un changement de fond du système politique et étatique. Au demeurant, nous suggérons le régime pentiviste – régime politique développé dans notre ouvrage Afrique de demain : quels remèdes pour enrayer le sous-développement ?pour assurer ce système alternatif.

Ce régime politique étant l’alternative aux régimes présidentiel et parlementaire, peut sûrement établir un meilleur système politique pouvant garantir les avantages d’une alternance, même générationnelle, comme nous le réclamons. Avec ce système politique rigoureux, performant et résilient, on pourra aisément profiter des bienfaits de l’alternance, ou recadrer et guider l’alternance vers le bon port ; mais aussi, sans alternance, la génération aux commandes sera recadrée de ses maladresses pour vaille que vaille assurer l’intérêt du peuple.

Aujourd’hui l’Afrique a plutôt besoin d’une alternative pour garantir sans équivoque son succès. Avec cette alternative – alternance ou non – les intérêts du continent et des peuples africains seront toujours préservés. L’Afrique et les Africains verront leur dignité et leur bien-être se valoriser de plus en plus, au fil du temps. Ainsi, pour une Afrique véritablement conquérante, prospère et digne : alternance d’accord, mais alternative d’abord. C’est au moyen d’une alternative, notamment induite par le régime pentiviste, que l’Afrique d’aujourd’hui et de demain pourra véritablement relever les défis de tout genre pour assurer la joie de vivre sur le continent, berceau de l’humanité.

En somme, avec la précarité actuelle des systèmes africains, sans alternative, l’alternance générationnelle ou même simple que nous requérons, sera une parodie, voire de la mascarade politique. La preuve en est qu’aujourd’hui, plusieurs pays africains ont connu au moins une fois l’alternance, mais rien de bénéfique n’a été tiré de ces changements d’hommes à la tête de nos États ;  bien au contraire, parfois la situation s’est avérée pire qu’auparavant.

C’est pourquoi, pour sortir véritablement le continent de son égarement ou de son désarroi, nous devons nouer avec les bonnes résolutions, à commencer par un changement total de nos systèmes politiques et étatiques. Nous assurons que des solutions existent, notamment à travers notre projet vision-monde de demain[1], pour atteindre soigneusement cet objectif primordial pour une Afrique glorieuse et respectée.

Nous devons tout mettre en œuvre pour arriver à cet idéal, car le continent et ses habitants n’en peuvent plus de nos insuffisances de résolution efficace des problèmes, de nos erreurs ou maladresses de gouvernance, de nos incompétences ou médiocrités dans la gestion des affaires de la cité, de nos incapacités à faire face aux problèmes du continent, de nos gabegies et détournements de deniers publics, etc. 

Pacôme Kouamé Oi Kouamé,
chercheur interdisciplinaire en développement
concepteur du projet Vision-monde de demain
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[1] Un projet intellectuel pour la transformation des sociétés du monde, notamment du tiers-monde et singulièrement de l’Afrique, aux fins d’un développement mondial inclusif pour le bonheur de tous.