De Dakhla à Casablanca (Maroc): Voyage au cœur d’un bateau battant pavillon italien
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De Dakhla à Casablanca (Maroc): Voyage au cœur d’un bateau battant pavillon italien

lundi, 11 avril 2016 14:37

Le Gnv  est d’une couleur blanche  avec son large écriteau bleu signé du même nom. On retrouve les  mêmes signes  sous forme d’ailes sur un côté.

De Dakhla à Casablanca (Maroc): Voyage au cœur d’un bateau battant pavillon italien

On le nomme "La Grandi Navi Veloci" en abréviation Gnv (Une compagnie de navigation maritime italienne)  ou encore le Raphsody.C’est le bateau de croisière qui a navigué  entre Dakhla et Casablanca du dimanche 20 mars (10h du matin) jusqu’au mardi 22 mars à l’aube (05h30).  Et ce, pour permettre la tenue  à son bord  de la deuxième partie des  travaux du Forum Crans Montana  notamment dans ses  luxueuses salles Galaxie Louange au 10e étage ou à la salle Agora au 9e étage.

Le Gnv  est d’une couleur blanche  avec son large écriteau bleu signé du même nom. On retrouve les  mêmes signes  sous forme d’ailes sur un côté. Et une autre écriture de petite taille (Rhapsody-Genova)  sur l’autre face du  mastodonte. En haut se dressent deux piliers en forme de cornes avec une veranda où les  passagers  s’y rendent pour admirer les magnifiques et splendides mouvements des vagues et  les sillons  que  crée le bateau à son passage.

Sur chacun des côtés, sont suspendus  les  trois  bateaux de sauvetage. Et  tout cela dans une harmonie qui lui donne la  forme d’un poisson vu de loin.

Le Gnv  a une jauge de 43.500, 172m de longueur et 30,40m de largeur. Avec une vitesse de 23.80 nœuds (vitesse). Il peut contenir 2680 passagers, 550 véhicules et  a  553 cabines (chambres). Selon un  des membres de l’équipage, son coût serait estimé à quatre  (4) milliards de Fcfa.

Le bateau possède 11 niveaux.  Le sixième niveau sert de réception. C’est à ce niveau que se fait les réservations. On y trouve un commissariat  tenu par une femme. Avec sa  taille moyenne  d’environ 1m68,  son  air grave et la promptitude  qu’elle met à répondre aux préoccupations des clients du bateau, l’on sait déjà à quoi s’en tenir. Antonella, c’est ainsi qu’elle se nomme  veille au grain sur les allées et venues des passagers. Selon des  indiscrétions,  des services de renseignements généraux  opéreraient  dans le bateau. Sans doute  pour protéger les passagers, quand connaît  la montée du terrorisme qui gagne tous les pays.

Au septième niveau, nous  trouvons  une infirmerie  et une série de cabines. Au 9e niveau on découvre une salle de conférence puis  quatre différents restaurants nommés le sillage  d’argent, poêle gourmande, le surf et Montparnasse.  Ce qui frappe l’imagination, c’est le design des chaises.  Les styles de fabrication diffèrent d’un restaurant à un autre. Le  Mitterrand,  Le Louis IV, l’usage du bois du rotin, tout y passe. Au 10e niveau, se trouve la merveille du Gnv. Une grande salle à deux niveaux pour les soirées dénommées Galaxie,  ses boutiques de shopping (galerie), ses salles de jeux, un espace de détente qui sert de véranda pour les passagers. On y trouve aussi une discothèque,  un bar  et un casino, recouverts de verres blindés. Les 4e et 5è sont niveau réservés aux  parkings  des véhicules.

Sur le plan administratif, on note quatre départements. Le département des hauts responsables du bateau. Le premier responsable du bateau, L’ingénieur en chef, Le chargé de l’hôtel du bateau et le Médecin du bateau.

Le deuxième département est  exclusivement  destiné à l’hôtel,  il est tenu par l’assistant du directeur de l’hôtel, du  chef hôtelier ,du maître d’hôtel,de  la concierge des chambres  et du  manager du bar.Le troisième département  est géré par le directeur de la croisière.  Et le département commercial  qui s’occupe des boutiques est cogéré par deux personnes.

La croisière commença à 10h, les passagers à bord, pour la plupart des participants au forum Crans Montana,  furent surpris par les premières secousses. Ceux qui n’avaient jamais  vécu un embarquement regagnèrent rapidement le 10e étage pour voir une dernière fois Dakhla, cette province sud marocaine qui a servi de cadre pour l’ouverture des travaux du Forum. Après avoir pris sa trajectoire, le Gnv sortit du port  pour prendre la direction de l’océan pour Casablanca. Pendant le premier jour du voyage,  il eut  simultanément deux panels , l’un sur l’image de l’Afrique face à l’occident et l’autre sur la compétitivité des ports africains. Dans l'après midi, l'on a abordé le thème sur le succès du Maroc : La synthèse entre tradition et progrès.

De l’intérieur du bateau nous eûmes l’impression d’être dans un quartier flottant. «C’est bizarre mais je me demande si le bateau est en mouvement », s’étonna O.T avec qui nous cheminions dans les allées pour apprécier au mieux les installations.A l'aide de l'ascenseur, nous faisons les différents niveaux. "Salut, hi, buenos, Morgen", ces différentes salutations dans les différentes langues démontrent de la multiplicité des nationalités présentes à bord de ce bateau. Pour la plupart des participants au forum, nous nous rencontrions régulièrement dans les salles du restaurant, du café ou lors des  panels.

A l’image des cités d’habitation qui ont des blocs où des bâtiments numérotés, le Gnv a deux principaux bâtiments. Malgré cela, l’étranger peut facilement  s’y perdre sans un guide. Les espaces fréquentés régulièrement deviennent parfois monotone, surtout  dans la froideur de la nuit. Mais, cela n’ a pas empêché la  grande majorité des occupants à aller prendre du bon temps au 10e étage pour écouter  la musique arabe, hispanophone ou italienne
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Certains  prirent place à la terrasse du bateau pour mieux apprécier cette ville pittoresque, puis d’autres  étaient plus attentifs  sur les sessions de réflexion. Une dizaine de participants furent obligés de regagner  leur cabine, à cause du mal de mer, une maladie, dont on dit, n’arrive qu’à ceux qui n’ont jamais effectué un voyage en mer. « Nous qui avons grandi au village, formés à la culture de la terre et aux travaux champêtres sommes très résistants à ces maladies », ironisait un Ivoirien, administrateur dans une entreprise publique nationale.

Le mal de mer, c’était ça donc ! Cette  envie de vomir, un sentiment d’étouffement, et ce  vertige  qui s’empare de vous. Nous l’avons ressenti.  Le médecin du bateau  eut fort à faire car de nombreux passagers étaient dans cet état. Cette situation s’intensifiait  au fur à mesure que  le bateau avançait  et faisait face à la mer agitée.


Au deuxième jour du voyage, la marée devenait de plus en plus haute. Ce qui nous faisait balancer légèrement par moment. les passagers étaient obligés de trouver des appuis pendant la marche. En prenant le déjeuner, le verre et la bouteille d'eau de L. A, par la force des vagues qui secouaient le bateau, faillit tomber, n'eût été notre promptitude.

Dans ce bateau l’équipage remettait le programme de la journée en les glissant en dessous des portes de chaque cabine. Ce programme contenant toutes les informations, avec les heures précises, en rapport avec le petit déjeuner, le déjeuner, le diner, les panels, heures de rafraichissement, de jeu de bingo, de shopping, de cinéma, et la précision des différents lieux.

Le Forum Crans Montana, c’est  le lieu  des rencontres B to B entre hommes d’affaires autour d’un café. Chacun y va pour ses intérêts. Certains pour goûter au plaisir de la vue  des vagues, au soleil qui étincelle les matins dans le vent glacial. Cigarettes entre les doigts, un   homme d’affaires franco marocain et ami de la Côte d’Ivoire (Charles Villedieu) apprécie bien ce cadre enchanteur : « Nous ne sommes pas loin des côtes marocaines », nous informe-t-il. Très bien renseigné sur  l’histoire du royaume chérifien, ce dernier nous parle d’un nouveau produit qu’il compte mettre sur le marché. C’est le bec de gaz sécurisé. Selon lui, son invention  est un clapet qui permet de maintenir un niveau de sécurité élevé.

Dans notre randonnée dans le Gnv, nous avons échangé avec pas mal d'opérateurs économiques, nous citons en exemple Hicham Lahlou, designer et modéliste marocain et président fondateur du prix panafricain " Africa design award" et "Africa design day". Il nous révèle que le design est un domaine transversale qui nous entoure et est né entre 1851-1852 lors de la révolution industrielle à Londres (Angleterre).
«Aujourd'hui nous avons la chance d'être dans un secteur qui est en pleine émergence et qui devient de plus en plus capital dans l'économie des pays», poursuit notre interlocuteur. Primé comme "jeune leader du futur", Hicham Lahlou explique qu'à travers le design, la Côte d'Ivoire peut mieux faire connaitre ses produits agricoles, outre le cacao.Comme quoi le forum Crans Montana, fut  aussi l’endroit  idéal pour certains inventeurs et créateurs de rechercher des financements pour leurs activités.

Kamagaté Issouf

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Envoyé spécial à Dakhla (Maroc)

Lu 5105 fois Dernière modification le mercredi, 20 avril 2016 17:19