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Bonoua: Quand la ville devient la cité dortoir des travailleurs Abidjanais

mercredi, 22 octobre 2014 19:15

Pour des raisons aussi personnelles que variées ont fait le choix définitif de vivre à Bonoua dans la cité du Popo Carnaval. Les raisons évoquées la plupart du temps par les nouveaux arrivants sont d'ordre économique, social et environnemental.

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Bonoua: Quand la ville devient la cité dortoir des travailleurs Abidjanais

Amorcé timidement il ya quelques temps, le phénomène de travailleurs d'Abidjan qui choisissent de résider à Bonoua s'amplifie au fil des ans. Abonnés ou pas aux cars de la compagnie locale de transport ou usagers réguliers des mini cars de cette ligne, ils font chaque jour la navette entre Bonoua et la capitale économique.

Ils sont : fonctionnaires de l’administration, employés ou cadres du secteur privé mais aussi élèves ou étudiants. Chaque jour, dès 5h 30 ou 6h du matin, munis pour certains de leurs cartes d’abonnés, sacoches en main ou en bandoulière, ces hommes et femmes se rendent à leurs différents lieux de travail. Port Bouet, Koumassi, Marcory, Treichville, Plateau, Adjamé ou Vridi sont leurs destinations.

Tous, pour des raisons aussi personnelles que variées ont fait le choix définitif de vivre à Bonoua dans la cité du Popo Carnaval. Les raisons évoquées la plupart du temps par les nouveaux arrivants sont d'ordre économique, social et environnemental.

Sur le mobile de l'option qu'il a prise de s'établir désormais à Bonoua, M. Abli Georges, fonctionnaire au ministère du commerce explique: "je vis à Bonoua depuis 2007. Je me suis rendu compte au fil de mes visites à un de mes cousins, enseignant ici, que résider dans cette localité serait plus économique pour moi en termes de frais de transport".

A la pratique, en effet, le nouveau venu indique qu'il gagne énormément en temps et en argent. Les gains financiers  le sieur  Aby dit en avoir réalisé principalement au niveau de ses quatre enfants, tous élèves dans le secondaire. Une progéniture pour qui, il dépensait en son temps une quarantaine de mille uniquement en nourriture.

"Mes enfants, explique-t-il ne rentraient pas à midi, compte tenu de l'éloignement de leurs écoles respectives de notre lieu d'habitation à yopougon. Pour cela ; ils avaient droit chaque jour à 500F chacun pour assurer leur ration alimentaire". Cet handicap qui plombait les efforts d'épargne du père de famille, a depuis, été surmonté avec l'installation de toute la famille à Bonoua.

Désormais toute la maisonnée en dehors du père partage autour de la même table le repas de midi. Du coup, le fonctionnaire de l'immeuble CCIA, économise ses 40 000F qu'il destine, à présent au "renforcement" de la popote et à d'autres besoins de réalisation personnelle ou familiale.

Quant à dame Elise Amoi épouse Bouédé, c'est, confie-t-elle "sur mon insistance que mon époux a accepté de venir habiter ici avec la famille". L'environnement social fait de tentations et de risques divers dans lequel baignaient les enfants ont, justifie-t-elle, motivé le choix de Bouédé pour une ville plus calme dans les environs d'Abidjan.

Ici, se réjouit la mère de famille, la différence est nette au plan de la quiétude, comparée au bruyant quartier de Marcory où résidait le couple il y a seulement une année. En effet, les filles Bouédé avaient commencé à fréquenter certains des nombreux maquis et autres lieux de distraction  dont regorge le quartier; explique-t-elle.

Les rentrées tardives à la maison, pour les problèmes de circulations aux heures de pointe étaient régulièrement brandies, à tort ou à raison par les enfants pour se justifier. Depuis, renchérit l'époux "nous vivons paisiblement, loin de tous ces tra-la-la".

L'attrait qu'exerce la cité à l'orée de la forêt (Bonoua) sur les Abidjanais se traduit aussi par un regain d'intérêt porté par les nouveaux arrivants sur l'acquisition de terrains dans la commune et ses environs.

Cet engouement a non seulement obérer le prix des lots mais aussi crée un marché de la spéculation immobilière jamais connu. A preuve, indique un des fils de la localité, les terrains de 1200 m2 qui coûtaient il ya seulement deux ans  100 000F sont passés à 300 000F pour les plus éloignés et 500 000 F voire 800 000F pour ceux viabilisés dans le périmètre communal que cèdent les premiers acquéreurs.

La spéculation sur les terrains dans un village comme Yaou, à l'entrée de Bonoua a, à maintes reprises crée de réelles tensions entre des groupes opposés dans cette localité. Les lotissements anarchiques non autorisés, les ventes de terrains à plusieurs acquéreurs ont parfois provoqué des bagarres entre les populations et nécessité l'arbitrage des autorités.

Voyant venir le danger, le préfet du département a dû, au mois d'avril, tenir une réunion avec les autorités et les populations. Objectif, mettre le holà à toutes ces initiatives personnelles et illégales en matière de gestion du foncier urbain.

Toutes entreprises qui ne visaient que la satisfaction du goût subit  des populations pour l'argent issu de la vente de terrain qu'a suscité la pression des nouveaux arrivants sur la terre. On note, toutefois que la ruée des hommes de la capitale vers Bonoua et ses environs pour un mieux-être dans un environnement qualifié de "paisible et sécurisant" demeure la réalité du moment.

 La tendance, au constat du flot régulier de nouveaux arrivants pourrait aller s'accentuant, admettent de nombreuses autorités. Avec, il faut le relever, la perspective de l'ouverture très prochaine de l"autoroute entre Abidjan et Grand Bassam mais aussi l'effectivité des activités dans la zone franche.

Déjà les hommes d'affaires et autres commerçants qui savent flairer les opportunités s'activent sur le terrain local à leur implantation ou projet d'installation.

ARSENE KANGA

CORRESPONDANT REGIONAL

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