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Migration: La Tunisie refoule des Ivoiriens dans le désert, selon la Ligue tunisienne des droits de l'homme

vendredi, 09 août 2019 09:26
Les forces de sécurité tunisiennes vérifient les véhicules près du poste de douane tunisien au poste-frontière de Ras Jedir avec la Libye, le 22 mars 2016. Les forces de sécurité tunisiennes vérifient les véhicules près du poste de douane tunisien au poste-frontière de Ras Jedir avec la Libye, le 22 mars 2016. Crédits: FATHI NASRI/AFP

La Ligue tunisienne des droits de l’homme et le Forum tunisien des droits économiques et sociaux dénoncent « une violation des droits des migrants », alors que 36 personnes se trouveraient en perdition, dans une zone entre la Tunisie et la Libye.

« Ayez pitié de nous ». Dans une vidéo pathétique, une femme ivoirienne assise par terre, un bébé dans les bras, demande de l’aide. À ses côtés, un groupe d’hommes, de femmes, dont l’une est enceinte, et de très jeunes enfants, démunis, égarés en pleine brousse désertique.

Le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), qui a diffusé cette vidéo le dimanche 4 août, a dénoncé une « violation des droits des migrants » et appelé les autorités, avec la Ligue tunisienne des droits de l’homme, à laisser ces personnes « entrer d’urgence sur le territoire tunisien » pour qu’elles soient prises en charge par les organisations humanitaires.

Le ministère tunisien de la défense ne dément pas leur présence dans la zone frontalière. Dans un communiqué, il a déclaré que les unités militaires opérant dans la zone tampon le 4 août « ont arrêté 53 personnes sans pièces d’identité (20 ressortissants soudanais et 33 ressortissants ivoiriens) qui franchissaient illégalement la frontière ».

Les brefs récits collectés par le FTDES apportent une autre version des faits. « Nous n’avons aucune information concernant les Soudanais, explique Romdhane Ben Armor. Pour les Ivoiriens, d’après leurs témoignages, ils ont été arrêtés dans la ville de Sfax, où certains d’entre eux vivaient depuis deux ans. Ils ont été transférés en bus jusqu’à Médenine, puis transportés dans des camions pour être refoulés vers la Libye ».

Qu’ils aient été en plein préparatifs de leur fête nationale de Côte d’Ivoire – qui se tient le 7 août – selon leurs dires, ou qu’ils aient été en passe de prendre la mer pour gagner l’Europe – un tiers des départs de Tunisie se font depuis Sfax –, « cela ne saurait justifier leur refoulement », dénonce Romdhane ben Armor, perplexe face à cette pratique qui, jusqu’ici, n’avait, semble-t-il, pas cours en Tunisie. « Ces personnes ont besoin d’assistance », ajoute-t-il.

« Les frontières ne sont pas fermées »

« Les frontières ne sont pas fermées », s’étonne Mongi Slim, président du comité régional du Croissant rouge à Médenine. « Nous accueillons tous les jours des personnes qui viennent de Libye dans un flux qui reste stable pour l’instant », poursuit-il.

Ils sont ainsi un millier à avoir franchi la frontière entre Libye et Tunisie depuis le début de l’année, et 1 100 personnes à être prises en charge dans les diverses structures d’accueil du Croissant rouge, de l’OIM et du Haut-Commissariat aux réfugiés, à Zarzis et Médenine. Et Mongi Slim de se tenir « prêt à accueillir ces personnes retenues à la frontière ».

Source: La Croix.com