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Madagascar / présidentielle : Un nouveau blocage se profile à l’horizon

vendredi, 17 mai 2013 21:54

Outre la polémique sur la liste des 41 candidats, la question de la vacance du pouvoir constitue une préoccupation.

Madagascar va-t-il vers un nouveau blocage politique, après le refus des trois principaux candidats à la présidentielle du 24 juillet de se retirer de la course, en dépit de l’interpellation des pays de la région et de l’Union européenne ? Lalao Ravalomanana, épouse de l’ancien Président malgache Marc Ravalomanana, et son successeur depuis 2009, le Président de la transition et Chef de l’Etat, Andry Rajoelina ont maintenu leur dossier validé par la Cour électorale spéciale, début mai. « Nous refusons de retirer la candidature de Mme Lalao Ravalomanana. J’ai indiqué mon retrait [à la présidentielle] et c’est mon épouse qui va redresser le pays. Elle est prête. Ne vous en faites pas », a déclaré, depuis son refuge, à Behoririka, l’ancien Président Marc Ravalomanana, dans un message téléphonique adressé à ses partisans. Pour sa part, le Président de la transition invite les dirigeants de la région et les partenaires extérieurs à respecter la décision de la Cour électorale spéciale, estimant que ses décisions ne sont susceptibles de recours. « Ce n’est pas nous, les Malgaches, qui avons demandé la mise en place de la Cour électorale spéciale (Ces). Nous avons déjà la Haute cour constitutionnelle, mais on nous a demandé de créer la Ces. Que veut-on à la fin», a-t-il déclaré, le 15 mai, lors d’un office religieux dans la capitale Antananarivo. Au-delà du respect de l’institution, il salue le sens de l’ouverture qui a guidé les membres du Ces. « A mon avis, sa décision est souveraine et n’est plus discutable (…) Elle est imposable à tous. Les élections que nous organisons le sont-elles pour favoriser la participation de tous ou plutôt les exclusions ? Vont-elles amener l’apaisement? Je suis contre l’exclusion (…) Laissons les Malgaches choisir les dirigeants en qui ils ont confiance », a-t-il expliqué, selon le quotidien L’Express de Madagascar. Quant au troisième candidat récusé, l’ancien Président Didier Ratsiraka, il ne s’est pas prononcé officiellement, mais la presse a cité des sources proches de son camp, laissant croire qu’il maintiendrait sa candidature.

Le 10 mai, la  Communauté de développement de l’Afrique australe (Sadc) qui conduit la médiation en vue de la résolution de la crise politique a dénoncé le viol de la loi électorale par la Ces. « Le sommet a exhorté S.E. Andry Rajoelina, l’ancien Président Didier Ratsiraka et Madame Lalao Ravalomanana à réfléchir au retrait de leur candidature au nom de la paix et de la stabilité à Madagascar », a fait savoir le secrétariat de la Sadc, à l’issue d’une réunion de la Troïka, l’organe de sécurité de l’organisation régionale, à Cap Town. La Troïka a « exprimé sa vive préoccupation » concernant la décision de la Cour électorale spéciale (Ces) sur la liste des 41 candidats qui, selon elle, « viole la Constitution malgache et la loi électorale ». Elle a « exprimé son mécontentement sur la décision de Rajoelina de revenir sur son engagement préalable de ne pas se présenter aux prochaines élections présidentielles ». Engagement pris, le 15 janvier, à la suite de son rival, Marc Ravalomanana. Si ce dernier a renoncé, la défense de son épouse a été également condamnée, parce qu’elle ne réside pas dans le pays depuis des  mois, tout comme Ratsiraka. Quant au président de la transition, le dépôt hors délai et le non  respect de la parole donnée irritent l’opposition et les partenaires.

Parallèlement à la polémique sur les candidatures, la question de la vacance du pouvoir se pose également. Le projet d’ordonnance présenté par le ministre de l’Intérieur et censé régler l’absence d’Andry Rajoelina a été rejeté en Conseil de gouvernement, le 14 mai, parce que jugé «inopportun ». Selon le point 9 de la ‘‘Feuille de route pour la sortie de crise à Madagascar’’ qui reprend certains aspects de la Constitution, les responsables de la transition doivent faire preuve de neutralité. « Le Président de la transition, le Premier ministre de consensus, les membres du gouvernement, les membres du Congrès de transition et du Conseil supérieur de la transition sont tenus de démissionner de leurs fonctions, 60 jours avant la date du scrutin, s’ils décident de se porter candidats aux élections législatives et présidentielle ».

Face au refus de statuer sur le texte, le Chef de l’Etat aurait décidé d’entamer des négociations parce que son souci est de pouvoir reprendre son poste après, en cas de report de l’élection au-delà d’un mois, comme le réclame la société civile, pour éviter les violences.

Paulin N. Zobo

 

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