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Gouvernance mondiale : La Chine doit militer pour son amélioration

jeudi, 27 juin 2019 18:17

La Chine doit imposer une vraie dimension mondialiste à la gouvernance globale et militer pour que celle-ci s'impose malgré les crispations nationalistes d'aujourd'hui, estime Bertrand Badie, spécialiste français des relations internationales, dans une interview récemment accordée à Xinhua en amont du G20 qui se tiendra vendredi 28 et samedi 29 juin, à Osaka au Japon.

Plus que le G7 dont la naissance remonte à une crise interne à l'hémisphère occidental dans les années 1970, le G20 est le premier organisme réellement et directement né de la mondialisation économique, observe le professeur de relations internationales à Sciences-Po Paris.

A ses yeux, la Chine peut jouer un rôle très important au sein du G20. Selon lui, ce cénacle créé lors de la crise de 2008 devait remplacer à terme le G7.  "La Chine, absente du G7, doit utiliser son influence pour corriger et atténuer les orientations hégémoniques d'un G7 qui ressemble de plus en plus à une oligarchie néo-libérale", souligne M. Badie. "On peut espérer aussi qu'elle se fasse l'avocate d'une sécurité humaine oubliée par le G7", espère-t-il, précisant que la sécurité humaine est la clef de l'avenir.

L'expert note que la faim dans le monde tue plus que guerre et terrorisme réunis et incite même à la violence. Une grande initiative chinoise en ce domaine, renforçant substantiellement le rôle du multilatéralisme en ce domaine, serait la bienvenue, de même qu'en matière de sécurité sanitaire, individuelle et culturelle. Ainsi, une déclaration solennelle du gouvernement chinois affirmant son soutien au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) "aurait un impact fort".

Selon M. Badie, la participation active de la Chine à la gouvernance environnementale est cruciale et constituera un moment de vérité pour décider de l'effectivité d'une réelle gouvernance mondiale.

Le président américain Donald Trump a récemment déclaré à la chaîne CNBC qu'il envisagerait d'imposer des droits de douane sur les importations de vin français aux Etats-Unis. D'après l'universitaire, le locataire de la Maison Blanche n'a pas vraiment une ligne diplomatique, mais une simple volonté d'affichage en direction de ses électeurs.

"C'est encore une fois une diplomatie de la parole et de l'affiche, mais réellement assortie, il est vrai, d'un néo-nationalisme hostile au libre-échange. A court terme, cette posture peut faire illusion, car elle flatte des intérêts à très court terme. A plus long terme, elle est perdante pour tous et conduira à un ralentissement de l'économie mondiale", avertit Bertrand Badie.

Au sein du G20, la coopération entre la France et la Chine est importante, dit-il en prônant un renforcement de ce partenariat. "La France et l'Europe redéfiniront leur place dans le monde en diversifiant leurs relations. Nous sommes sortis de la Guerre froide et l'avènement des puissances émergentes constitue un événement majeur qui reconstruit la carte du monde. C'est en ce sens qu'il faut travailler", plaide-t-il.

Par Tang Ji

Xinhua