Libye: Poursuite de l'insécurité à Benghazi 11:10 - 19/05/13

dimanche, 19 mai 2013 11:04

Dans la dernière d'une série d'attaques, des hommes armés ont attaqué et incendié le poste de police d'al-Hadek, mercredi 15 mai.

Libye: Poursuite de l'insécurité à Benghazi

La situation sécuritaire dans la ville libyenne de Benghazi continue de se détériorer. Dans la dernière d'une série d'attaques, des hommes armés ont attaqué et incendié le poste de police d'al-Hadek, mercredi 15 mai. La plupart des bureaux de ce commissariat ont été endommagés.

Ce même poste de police avait déjà été attaqué à trois reprises. Cinq autres commissariats ont été visés par des attaques dans la ville depuis vendredi dernier. "Ils ont attaqué le poste de police [d'al-Hadek] pour libérer un prisonnier accusé de trafic de drogue", a expliqué Saad al-Jazoui, un habitant du quartier participant à la protection de ce commissariat. "Un jeune habitant du quartier a été tué à 2 heures du matin, mercredi."

Cet incident n'est que l'un d'une série d'attaques ayant suivi la mise en place du Comité de sécurité conjoint cette semaine à Benghazi, destiné à rétablir l'ordre dans la ville. Lundi après-midi, une énorme explosion a secoué l'hôpital al-Jala de Benghazi. Des dizaines de civils, parmi lesquels des enfants, ont été tués ou blessés.

Au départ, le nombre de victimes n'était pas clair. Mais le ministère de la Santé a par la suite indiqué qu'il était parvenu à un "décompte final" de trois morts et quatorze blessés dans cette explosion. Le souffle dévastateur a détruit un restaurant et endommagé les bâtiments situés à proximité de l'hôpital.

Cet attentat a déclenché de vastes manifestations contre la violence. Lundi, des centaines de jeunes se sont rassemblés sur le site de l'attaque, en scandant : "Benghazi réveille-toi". Les habitants de la ville ont condamné cette explosion, la qualifiant d'attaque terroriste visant à détruire leur ville.

Le Premier ministre Ali Zidan a lui aussi condamné cette attaque. "Elle s'inscrit dans le cadre d'une série d'attaques visant la Libye, le gouvernement, les forces vives de ce pays et la construction même de notre État", a-t-il déclaré, demandant aux gens d'être patients et de faire preuve de retenue.

La Place d'Algérie, dans le centre de Tripoli, a également été le théâtre d'une autre manifestation lundi. Des manifestants portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Où est l'armée libyenne ?" et "Avec notre âme et notre sang, nous te défendrons, Benghazi."

"Ces incidents ne témoignent que du chaos", a déclaré Salma al-Obeidi, une ménagère. "L'État doit utiliser une poigne de fer contre leurs auteurs." Pour sa part, Rashid al-Kikha a déclaré : "Il n'y a plus de mots ; mes yeux pleurent. La situation à Benghazi n'a pas besoin de paroles, mais d'actes. Voilà ce que j'ai à vous dire." "Sans sécurité, il n'y a ni vie ni stabilité", a-t-il ajouté.

"Ces attaques sont destinées à embarrasser le gouvernement, en particulier les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense, pour les faire paraître inefficaces", a expliqué Nozha al-Mansouri, journaliste de 38 ans de Benghazi.

Mardi, le Congrès général national a suspendu sa séance pour permettre aux parlementaires d'assister aux funérailles.
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Magharebia

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Écrit par  Magharebia