Quand le nord s’éveillera…

lundi, 01 juillet 2013 23:31

Le Chef de l’état entame, cette semaine, une longue visite dans le grand nord de notre pays, ce nord si riche d’histoire et de culture, ce nord si prometteur pour notre émergence économique. Le nord, ce sont ces vastes étendues de savane, cette architecture si typique, ces populations réputées pour leur ardeur au travail. Ne l’oublions pas : le sud de notre pays fut développé, en grande partie, par des bras du nord.

Le colonisateur, puis Houphouët-Boigny, notre premier Président, avaient axé, dans un premier temps, le développement de la Côte d’Ivoire essentiellement sur l’exploitation du bois, du café et du cacao. Denrées qui ne se trouvaient qu’en zone forestière. C’est ainsi que des milliers de nos compatriotes du nord migrèrent vers le sud, l’ouest et l’est là où se cultivaient le café et le cacao, là ou le bois était exploité. Plus tard, Houphouët-Boigny tenta de développer le nord en y construisant des usines sucrières, puis en y introduisant la culture du coton, du riz et de l’anacarde; mais ces produits n’enrichirent pas autant que le café et le cacao et, aujourd’hui, le palmier à huile et l’hévéa.

Faut-il, pour cela, désespérer du nord de notre pays ? Bien au contraire, le salut de la Côte d’Ivoire pourrait venir de là. Chaque jour, l’on y découvre des gisements de minerais précieux dont l’exploitation, non seulement fournit du travail à des milliers de personnes, mais alimente aussi les caisses de notre pays. Sur le plan agricole, le nord pourrait devenir le grenier de la Côte d’Ivoire, et même de toute la sous-région. En ce moment, le sud est en train de se couvrir de plantations d’hévéas, pour produire du caoutchouc essentiellement destiné à l’exportation et soumis aux caprices du marché. Nous oublions que le plus important pour un pays est, avant tout, de se nourrir. Or, il est impossible de se nourrir avec du caoutchouc. Et justement, les vastes étendues du nord peuvent, si nous le voulons, se couvrir demain de champs de riz, mil, sorgho, maïs, ignames, autant de denrées qui pourraient nourrir toute la Côte d’Ivoire et toute l’Afrique de l’ouest. Tant que nous vivrons, nous aurons besoin de nous nourrir et nos besoins en nourriture s’accroîtront au fur et à mesure que notre population augmentera. En son temps, Houphouët-Boigny avait commencé à développer la culture du riz à grande échelle dans le nord; mais la crise économique et les plans d’ajustement structurel ne lui avaient pas permis d’aller jusqu’au bout de cette ambition. Aujourd’hui, avec Alassane Ouattara, digne héritier de notre premier Président, le rêve d’arriver à l’autosuffisance alimentaire est à nouveau permis. Et le nord pourrait servir à le réaliser.

Au-delà des ressources minières et agricoles qu’il pourrait exploiter, il y a ses sites historiques et sa vaste culture qui pourraient, aussi, servir à développer le tourisme, cette autre  richesse si souvent négligée dans notre pays. Assurément, quand le nord s’éveillera, toute la Côte d’Ivoire retrouvera le sourire.

En se rendant dans cette partie du pays, après le grand ouest et le nord-est, et en y consacrant autant de temps, le Président de la République montre non seulement aux populations de cette région l’intérêt qu’il leur porte, mais aussi au reste de la Côte d’Ivoire l’importance de cette région pour notre développement. Le nord de notre pays est assurément riche de promesses. Après avoir semé l’espoir à l’ouest et à l’est, le Chef de l’État vient le semer à présent au nord.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est à l’heure des semailles. Parce que nous avons faim, nous sommes pressés de récolter. Mais gardons-nous de toute précipitation et de manger notre blé en herbe. Il est écrit que chaque chose en son temps sur cette terre, qu’il y a un temps pour semer et un temps pour récolter. Attendons patiemment que le temps de la récolte arrive. Pendant ces quinze dernières années, nous nous sommes contentés de vivre de cueillette et il n’y a plus de fruits sur les arbres. La sagesse nous commande de semer, de planter à nouveau, d’arroser, de nettoyer le champ, de l’entretenir, avant d’espérer avoir une belle récolte. Alassane Ouattara est en train de semer. Arrosons ces semailles de notre sueur et, bientôt, nous pourrons remplir nos greniers.

Venance Konan

 

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