Le Président se porte très bien

Le Président se porte très bien

jeudi, 27 février 2014 13:49

Les questions de santé relèvent du privé et personne n’a le droit d’aller fouiller le dossier médical de qui que ce soit. Sauf que, lorsque l’on est Chef de l’État, l’on ne s’appartient plus.

Les questions de santé relèvent du privé et personne n’a le droit d’aller fouiller le dossier médical de qui que ce soit. Sauf que, lorsque l’on est Chef de l’État, l’on ne s’appartient plus. Parce que l’on a décidé de conduire le destin d’un peuple, et que ce dernier a accepté. Ce peuple se trouve donc en droit de demander à tout moment des nouvelles de sa santé à celui qui le guide, afin de savoir s’il est toujours en état de conduire son destin. C’est pour cela que dans certains pays occidentaux, il est exigé du Chef de l’Etat ou de gouvernement qu’il publie au moins une fois par an son bilan de santé. En Côte d’Ivoire nous n’en sommes pas là, mais nous avons exigé que les candidats à la présidence présentent un certificat médical. Afin d’être sûr de mettre notre destin entre les mains de quelqu’un qui est sain de corps et d’esprit.

Dans un pays comme le nôtre qui sort de la crise que nous connaissons, et qui est toujours en état de convalescence, la santé de notre Président est une donne essentielle. Car toute l’architecture institutionnelle est bâtie autour de lui. Mais au-delà des institutions, il y a la relation particulière qui s’est tissée entre ce chef-ci et le peuple. S’il arrivait que le Chef de l’Etat ivoirien disparaisse aujourd’hui, le pays serait dans une situation de crise grave qui ne serait au bénéfice de personne. J’ai été témoin d’une discussion entre deux militants du Fpi dont l’un se réjouissait du prétendu décès du Président de la République. L’autre lui répondit ceci: « tu aurais tort de te réjouir du décès du Président parce que dans un tel cas, que se passerait-il, selon toi ? Son décès ne ferait pas revenir Gbagbo, et qui vois-tu dans notre parti pour lui succéder ? Nous assisterions à une nouvelle guerre des héritiers dont nous ne profiterions pas du tout, et notre pays repartirait en arrière. Si tu es intelligent, prie plutôt pour que Ouattara soit en bonne santé pour terminer ses deux mandats, en espérant que notre parti aura quelqu’un de valable à présenter à ce moment-là. »

Tous les Ivoiriens se sont inquiétés, à juste titre, de l’état de santé de leur Président. Je peux leur dire ici, en les regardant droit dans les yeux, que le Président Alassane Ouattara se porte très bien. Je l’ai vu. Il est arrivé ce matin, à 11H15, heure de Paris, dans la cour de l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris, sous une fine pluie. Il respirait la forme de celui qui venait de s’accorder pratiquement un mois de repos, même si c’était à son corps défendant.

Oui, le fait est que le Chef de l’Etat, étant fait de chair et de sang comme tout humain, a eu des ennuis de santé et a subi une opération de la sciatique. Cela ne devrait d’ailleurs pas étonner les Ivoiriens, qui ont vu à quel régime leur Président a soumis son corps depuis qu’il a accédé au pouvoir. Ce jeudi matin, le Chef de l’Etat marchait avec une canne. Dans une courte déclaration, il a annoncé qu’il rentrerait le dimanche au pays, et qu’il abandonnera bientôt la canne.

Reconnaissons au Chef de l’Etat d’avoir respecté son peuple en lui donnant aussitôt l’information sur son opération. Sur notre continent, ils sont nombreux, les Chefs d’Etat à faire croire qu’ils sont fabriqués dans une autre matière qui fait qu’ils ne tombent jamais malades, et emprisonnent même parfois les journalistes qui spéculent sur leur état de santé. En son temps, lorsque l’on demandait à Houphouët-Boigny à qui il arrivait de passer six mois d’affilée en France, s’il avait séjourné à l’hôpital, il répondait qu’il avait été à l’hôpital des bien-portants.

Alassane Ouattara a donc été opéré. Il n’en a pas fait mystère. Il a retrouvé ses moyens et rentre au pays. A la grande joie de ses partisans, et au grand dam de ceux qui auraient voulu qu’il ne rentrât jamais, et qui le jeudi matin, annonçaient encore qu’il se trouvait toujours à l’hôpital.  

Venance Konan

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