Le mari, l’épouse et le prétendant

Le mari, l’épouse et le prétendant

lundi, 13 mai 2013 00:44
Venance Konan Venance Konan Crédits: fratmat

Ils s’étaient fréquentés, avaient vécu ensemble, eu des enfants et s’étaient séparés dans des conditions assez pénibles, il y a de longues années de cela.

Edito: Le mari, l’épouse et le prétendant

L’histoire que je vais vous raconter se passe, en ce moment, dans mon village. Il y a une femme qui fut très puissante et très riche, au point de régner sur tout le village pendant longtemps, mais qui fut, un jour, braquée par un puissant gang, et perdit ainsi toute sa richesse et son pouvoir. Après beaucoup de déboires, elle s’est mise, récemment, en ménage avec un homme. Ils se connaissent bien.

Ils s’étaient fréquentés, avaient vécu ensemble, eu des enfants et s’étaient séparés dans des conditions assez pénibles, il y a de longues années de cela.

Lorsqu’ils se remirent ensemble, ils décidèrent de tirer les leçons de leur passé tumultueux, de ne plus recommencer les erreurs qui les avaient conduits à se séparer et surtout, de ne prendre en considération que l’avenir de leurs enfants.

La dame avait beaucoup de parents et relations. Elle les mit au service de son mari qui, il faut le dire, en avait, lui aussi, beaucoup. Toujours est-il qu’il réussit dans ses affaires, au point de devenir l’homme le plus puissant du village. Tout le monde se réjouit de ce que ce vieux couple, que tout le monde connaît depuis si longtemps, avait transcendé ses problèmes et s’était remis ensemble. On les cita en exemple dans tous les villages de notre région, en disant qu’on pouvait avoir fait de gros palabres, s’être insultés, battus, mais l’essentiel était d’avoir pardonné, de s’être retrouvés et de ne plus penser qu’à l’avenir des  enfants. Le mari, au faîte de sa gloire, offrit ce qu’il put à son épouse. Une maison, une voiture, de l’argent et du travail à certains de ses parents.

Mais voilà ! L’épouse trouva que la voiture que son mari lui avait offerte était une quelconque voiture d’occasion, alors que lui-même ne roulait plus que dans de grosses limousines neuves, que la maison qu’il lui avait offerte était très petite, alors qu’il vivait dans un immense palais, qu’il avait certes donné du boulot à quelques-uns de ses parents, mais c’étaient ses parents à lui qui occupaient tous les postes les plus importants dans toutes les entreprises qu’il gérait, et beaucoup d’autres choses de ce genre. Pour tout vous dire, l’épouse n’était pas contente du tout. Ses parents non plus, qui trouvaient le mari ingrat, parce que sans son épouse, il ne serait pas devenu ce qu’il était aujourd’hui. Et pour ne rien arranger, chaque fois que la femme se plaignait, les parents de son mari lui disaient de la boucler utilisant des termes du genre: « Tu es qui même ? Sans nous tu es qui ? Tu as oublié toutes les crasses que tu nous avais faites à l’époque, quand nous vivions ensemble, et ensuite lorsque nous nous sommes séparés ? Et tu crois qu’aujourd’hui, nous ne pouvons pas vivre sans toi ? Tu te prends pour qui même ? »

Pendant que leur ménage traversait cette crise, il y avait un homme qui faisait les yeux doux à la femme.

Il lui demandait, avec insistance, de quitter son mari qui n’était, selon lui, qu’un faux type qui s’était servi d’elle pour arriver à ses fins, pour le rejoindre, lui, parce qu’il était sincèrement amoureux d’elle. Et il ajoutait qu’ils étaient de la même caste, contrairement à son mari. L’homme en question n’était pas inconnu dans notre village. Lui aussi avait eu son temps de gloire, avec une grande fortune et tout le pouvoir qui va avec, avant de connaître une faillite retentissante. On le connaissait dans tout le canton et sa réputation n’était pas des plus fameuses. On disait qu’il était un homme violent qui battait les femmes et même les enfants. Le chef de sa famille, ainsi que plusieurs autres de ses parents étaient en prison.

Il assurait à la dame qu’il avait changé, que s’il était devenu pauvre, c’était parce qu’il avait été victime d’un gros hold-up, qu’on le calomniait alors qu’il était l’homme le plus brave de la terre, que ses affaires allaient reprendre, qu’il serait à nouveau un homme prospère et que si elle se mettait en ménage avec lui, il ferait d’elle la femme la plus heureuse du monde.

Des parents sont venus me raconter cette histoire en me précisant que la femme ne semblait pas insensible aux arguments de son nouveau dragueur. Et ils m’ont demandé d’aller donner des conseils aux uns et aux autres. Mais avant d’y aller, je voudrais avoir votre avis, vous mes lecteurs.

Venance Konan

 

 

 

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