La Côte d’ivoire qui gagne !

lundi, 09 février 2015 23:06

Vingt-trois ans que nous attendions le retour de cette Coupe d’Afrique des nations (Can) de football sur les bords de notre lagune qui avait eu le temps, à force d’attendre, de se polluer presque totalement. Vingt-trois ans à espérer, à prier, à y croire, pour être finalement désillusionnés au dernier moment.

En 2012, nous y avions totalement cru, parce que nous avions une excellente équipe, parce que nous avions fait un parcours sans faute, parce que nous étions en finale, et parce que nous voulions voir la symbolique de la présence à la tête de notre pays d’Alassane Ouattara qui, vingt ans plus tôt, était le Premier ministre, lorsque nous gagnions notre première Can. Mais le destin avait choisi de nous faire un joli clin d’œil en nous faisant patienter trois ans de plus, avant de nous offrir cet immense bonheur qui nous réconcilie par-delà toutes nos chapelles, qu’elles soient tribales, religieuses ou politiques. Ne fâchons pas certains amis en rappelant que ce n’est sans doute pas un hasard, si Alassane Ouattara préside à notre destin chaque fois que nous gagnons notre coupe d’Afrique de football. Ne les fâchons pas en leur disant que si Dieu est grand, Alassane Ouattara non plus n’est pas petit. Apprécions simplement notre bonheur. Et inspirons-nous de l’exploit de nos footballeurs pour le futur.

Nous avons gagné la coupe d’Afrique. Il n’y avait donc pas de malédiction qui nous empêchait de concrétiser nos rêves de triomphe. Les autres fois où nous avions frôlé la victoire, nous n’étions sans doute pas prêts ou pas chanceux. Nous étions tombés lors des précédentes épreuves. Mais comme le dit un sage, « tomber, ce n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où l’on est tombé. » Nous ne sommes pas restés là où nous étions tombés les précédentes fois. Et c’est ce qui fait la force des Ivoiriens. à chaque fois, nous nous sommes relevés ; nous avons séché nos larmes, effectué des changements pas toujours bien compris, mis les moyens nécessaires et, aujourd’hui, nous récoltons le fruit de tous nos efforts.

Il en va du football comme de la vie de notre pays en général. Pendant de longues années, nous avons connu la disette, de graves crises qui nous ont plongés dans les abysses de tous les indicateurs économiques et sociaux ; nous avions développé toutes les contre-valeurs qui avaient transformé notre pays en n’importe quoi, et dont nous payons encore le prix aujourd’hui, et nous marchions vraiment la tête en bas. Alassane Ouattara est arrivé. Difficilement, j’en conviens. Mais depuis son avènement, nous découvrons une autre Côte d’Ivoire : celle qui gagne. Elle ne gagne pas seulement sur les terrains de football ou sur les tatamis, car ne l’oublions pas, nos karatékas avaient déjà remporté de précieux trophées sur le plan international ; elle gagne aussi dans les concours littéraires (le Grand prix littéraire d’Afrique noire 2012 a été remporté par votre serviteur) et sur le champ de la croissance économique. Personne, même de mauvaise foi, ne peut nier l’extraordinaire croissance que connaît notre pays depuis 2011, année de la prise du pouvoir par Alassane Ouattara. Cela se traduit par les routes et les ponts que l’on construit ou répare, par l’amélioration des conditions de vie des habitants de ce pays. Je sais que l’on me rétorquera que la route ou le pont ne se mange pas. Je répondrai que la route ou le pont donne à manger à celui qui sait que le temps, c’est de l’argent.

L’histoire de la Coupe d’Afrique de football nous enseigne qu’il ne faut jamais baisser les bras, malgré les échecs que l’on rencontre dans la vie. Notre pays a renoué avec la croissance économique. Certes, il existe encore, en maint endroit, de grandes poches de pauvreté. Elles ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Mais si nous avons foi en nous-mêmes, si nous maintenons notre effort, si nous faisons vraiment nôtre le slogan selon lequel « découragement n’est pas ivoirien », si nous travaillons avec vaillance, ces poches de pauvreté disparaîtront plus vite que l’on ne peut l’imaginer.

Bravo à nos éléphants ! Ainsi, Copa barrit et toute la Côte d’Ivoire fut en joie.

 

Venance Konan

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