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L’éditorial de Venance Konan : Le bonheur de l’Ivoirien avant tout

mercredi, 02 janvier 2019 08:08

On ne mange pas la route », avait-on coutume d’entendre il y a quelques années, comme pour dire que l’on ne se préoccupait pas suffisamment du quotidien des populations.

On n’entend plus beaucoup cette rengaine, parce que chacun a compris que si on ne mange pas la route, elle fait par contre manger. Oui, chacun a compris que l’on évacue plus facilement les produits vivriers sur une route bien bitumée plutôt que sur une méchante piste. Et une entreprise créatrice d’emplois s’installe de préférence au bout d’une route bien faite, dans une localité où il y a de l’électricité, de l’eau courante, et une bonne connexion à internet.

De même, aucun fonctionnaire, aussi patriote soit-il, n’a envie d’être affecté dans un patelin où il n’y a ni électricité, ni eau courante, ni moyens de locomotion à cause du mauvais état de la route. Oui, il était primordial de commencer par la construction de routes, de ponts, de barrages hydroélectriques. Il faut faire de la macro-économie avant de faire de la micro-économie. Parce qu’avant de pouvoir distribuer de l’électricité dans les plus petits hameaux, il faut d’abord construire ce qui produit de l’électricité, à savoir des barrages hydroélectriques ou des centrales thermiques. L’idéal est de pouvoir faire les deux en même temps.

Et c’est ce que le président Ouattara s’est attaché à faire depuis qu’il est à la tête de son pays. Chaque jour, une nouvelle école, un nouveau centre de santé, un nouveau pont ou une nouvelle route est construite quelque part dans le pays. Chaque jour, une nouvelle localité est raccordée au réseau électrique. Mais la réalité de nos économies est telle que l’on ne peut construire autant d’écoles, d’universités, de routes, de centrales thermiques ou de centres de santé que l’on souhaite, en même temps. Alors, il y aura toujours des années où l’on aura l’impression que la construction des infrastructures prend le pas sur l’amélioration concrète des conditions de vie des citoyens défavorisés.

Cette année 2019 pourrait être baptisée «l’année du social », c’est-à-dire celle justement de l’amélioration concrète des conditions de vie des Ivoiriens. Dans ses vœux aux Ivoiriens à l’occasion de la nouvelle année, le Chef de l’Etat l’a dit clairement: «Le programme social du gouvernement qui sera mis en œuvre dès 2019 (c’est-à-dire dès maintenant) abordera toutes les problématiques sociales avec beaucoup plus d’ampleur et de pragmatisme, afin de garantir à tous des résultats immédiats et durables autour des cinq orientations suivantes:

- Fournir aux populations des services de santé de proximité et améliorer la protection sociale ;

- renforcer les conditions d’accès et de maintien à l’école des enfants de 6 à 16 ans, notamment les jeunes filles, et améliorer les conditions d’étude et de vie des étudiants ;

- Favoriser l’accès des populations aux logements, à l’eau potable, à l’énergie, au transport, aux biens de grande consommation ;

- Accroître l’accès des jeunes, ainsi que des femmes, piliers de nos familles et de nos communautés, à des revenus et à un emploi décent et stable ;

- Créer les conditions pour le bien-être des populations en milieu rural et assurer la sécurité alimentaire. »

Il appartient maintenant au gouvernement de mettre tout ce programme en musique, et cela, dès ce mois de janvier. Tout ce qui avait été entrepris depuis des années pour améliorer la vie des Ivoiriens sera renforcé. Ainsi de nouvelles écoles et universités seront construites, des enseignants seront recrutés, des milliers de pompes hydrauliques seront réhabilitées, et le cauchemar des pénuries d’eau dans certaines localités ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Nous sommes en 2019, c’est-à-dire à la veille de 2020, une année cruciale, puisqu’elle sera celle de l’élection présidentielle, «la mère de toutes les élections ». Certains redoutent cette année, parce qu’ils croient percevoir dès maintenant les prémisses de la violence à venir.

Le Chef de l’Etat l’a certainement perçu aussi puisqu’il invite les partis politiques et les acteurs de la société civile à participer à la recomposition de la Commission électorale indépendante. Mais surtout, le Chef de l’Etat invite chacun de nous «à éviter la tentation du rejet de l’autre, du régionalisme, du tribalisme et l’ethnocentrisme dans le débat politique.» Nous savons tous ce que ces mauvais sentiments nous ont coûté dans un passé très récent.

Alors, bonne année très sociale à tous, que les vilains sentiments nous quittent, et mettons balle à terre. 2020, c’est tout près, mais que cette année-là ne nous empêche pas d’apprécier pleinement cette année-ci.

VENANCE KONAN

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