IIIe République

IIIe République

jeudi, 12 janvier 2017 10:12

Nous y sommes presque. Il ne manque plus que le Sénat, annoncé pour les mois prochains, pour que les institutions de la IIIe République soient toutes en place. Lundi dernier, c’est le président de l’Assemblée nationale qui a été élu.

Le mardi, le vice-Président et le Premier ministre ont été nommés. Et hier, c’est le nouveau gouvernement qui a été dévoilé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce gouvernement était attendu. Depuis au moins un an, depuis la réélection du Président de la République en octobre 2015. Le gouvernement qu’il avait alors proposé avait laissé plus d’un Ivoirien sur sa faim, mais tout le monde avait fini par comprendre que le Président avait préféré attendre le référendum et les élections législatives qui devaient forcément recomposer le paysage politique avant de proposer sa nouvelle équipe.

Si l’on peut dire que l’élection de Guillaume Soro à la présidence de l’Assemblée nationale et les nominations de Daniel Kablan Duncan et Amadou Gon Coulibaly aux postes de vice-président et de chef du gouvernement n’étaient pas vraiment des surprises, il en va autrement des membres du gouvernement. Le départ des ministres ayant échoué à se faire élire ou trop décriés était certainement attendu. Il n’empêche que la liste des nouveaux membres a réservé des petites et grandes surprises que chacun commentera à sa manière et selon ses attentes. Ce que l’on peut retenir dans un premier temps, c’est la volonté du Chef de l’État et de son premier ministre d’insuffler du sang neuf dans la machine sans se passer de certaines compétences avérées. Mais pour nous, le plus important se trouve ailleurs. Il se trouve au niveau de la tâche qui attend les anciens et nouveaux ministres et de leur capacité à répondre aux attentes des Ivoiriens.

La tâche de ce nouveau gouvernement sera à la fois simple et difficile. Simple parce que le Président de la République a déjà mâché l’essentiel du travail depuis les cinq ans qu’il exerce le pouvoir. Sortir la Côte d’Ivoire de l’abîme dans lequel elle était plongée pour la conduire aux taux de croissance que nous connaissons depuis quelques années est un exploit rarement vu ailleurs et que ne manquent pas de souligner tous les observateurs de notre pays. Reconnaissons en toute honnêteté qu’au sortir des dix ans de pouvoir de Laurent Gbagbo, notre pays était en lambeaux et les infrastructures économiques dont nous étions si fiers, à savoir les routes, les ponts, les écoles, les centres de santé, les réseaux électrique et hydraulique, étaient presque tous détruits. Aujourd’hui, les anciennes infrastructures ont été presque toutes réhabilitées et de nouvelles s’y sont ajoutées. Disons que les fondements de notre économie se sont reconstitués, en moins de cinq ans, et que le nouveau gouvernement n’a plus qu’à maintenir l’élan.

Les pedigrees des différents ministres nous rassurent sur ce point. Peu de personnes de bonne foi peuvent mettre en doute la compétence des nouveaux et anciens détenteurs de portefeuille. Mais la difficulté pour eux sera de faire en sorte que les populations, surtout les plus vulnérables, n’aient pas le sentiment d’avoir été oubliées. « Je suis conscient que le coût de la vie reste encore élevé pour un bon nombre de nos concitoyens, malgré les augmentations des revenus des planteurs, des fonctionnaires et des employés du secteur privé », avait déclaré le Chef de l’État lors de son allocution de fin d’année. Et il avait fait la promesse que « des efforts importants seront faits en 2017 pour réduire le prix des produits de première nécessité en développant la production des produits vivriers de contre-saison, mais aussi en facilitant le transport et en stimulant la concurrence. »

Il appartient aux ministres concernés de mettre tout cela en musique afin que les fruits de la croissance soient réellement partagés par tous, ou tout au moins, que le sentiment que peu est fait pour certaines catégories de personnes soit effacé. Mais nous avons confiance en la volonté du Chef de l’État de conduire notre pays à l’émergence et aux moyens qu’il se donnera pour y parvenir. Nous ne cesserons jamais cependant de répéter que la tâche n’incombe pas seulement au Président Ouattara et à ses ministres, mais à chacun de nous, Ivoiriens, qui devons tous être « des modèles de l’espérance promise à l’humanité, en forgeant, unis dans la foi nouvelle, la patrie de la vraie fraternité», du vrai partage et de l’environnement sain. Balayer devant sa porte, au sens propre, nettoyer les caniveaux de sa ville, sont des actions qui incombent à chacun de nous et peuvent changer positivement nos vies.

Bonne chance au nouveau gouvernement, et bon vent aux anciens ministres qui sont loin d’avoir démérité.

Venance Konan

Lu 2085 fois Dernière modification le jeudi, 12 janvier 2017 10:16