Fiers Ivoiriens

mardi, 01 août 2017 11:33
Fiers Ivoiriens Crédits: DR

Les lampions se sont éteints sur les VIIIes Jeux de la Francophonie d’Abidjan sur un satisfecit général. Tous ceux qui y ont participé, ceux qui les ont suivis, et même ceux qui ont tenté de les saboter ont tous été obligés de reconnaître qu’ils ont été très bien organisés.

Le défi est désormais au niveau du prochain pays organisateur, sommé de faire mieux, ou tout au moins autant que la Côte d’Ivoire. Pour notre part à nous Ivoiriens, soyons fiers de notre Président de la République, de son gouvernement, du ministre chargé de l’organisation des Jeux, à savoir Robert Beugré Mambé, et de tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont apporté leur concours pour la réussite de cet évènement.

Bravo à toutes les petites mains qui, dans l’ombre, dans l’anonymat, ont colmaté les brèches, apporté la petite touche qui a fait la différence. Bravo à tous les athlètes et artistes, qu’ils aient gagné ou non des médailles.

Le baron Pierre de Coubertin, l’inventeur des Jeux Olympiques modernes n’avait-il pas dit que l’important était de participer ? Les jeunesses du monde francophone qui s’étend sur tous les continents se sont retrouvées chez nous pendant une dizaine de jours, ont vécu ensemble, ont partagé notre vie, mangé notre alloko et notre attiéké, bu notre gnamankoudji et notre jus de bissap, ont échangé et se sont enrichies mutuellement. C’est cela l’objectif principal des Jeux.

Nous avons pu leur offrir un beau visage, malgré les vaines tentatives de certains de leur montrer autre chose. C’est à la veille de l’ouverture de ces Jeux qu’il y eut l’attaque de l’école de police, pendant leur déroulement qu’il y eut celle d’Azaguié, et à la veille de leur clôture qu’il y eut celle de Fresco.

L’intention de les saboter était indiscutable. Mais rien de tout cela ne freina l’élan des participants à la fête et nous nous en sommes sortis la tête haute. Et la pluie, que nous craignions tous, a su se calmer et faire place à un temps doux durant les festivités. Même l’arrivée de Bédié, l’homme toujours accompagné par la pluie, le jour de la clôture, ne l’a pas fait revenir.

La leçon principale, que pour ma part je tire de ces Jeux, est que lorsque nous le voulons, et lorsque nous nous mettons ensemble, nous Ivoiriens, sommes capables de réussir des choses extraordinaires. Réussir à organiser ces Jeux de la Francophonie semblait quelque chose d’extraordinaire presqu’irréalisable à nos propres yeux.

Peu d’entre nous y croyaient. Certains souhaitaient même leur échec. Parce que nous sommes ainsi faits. Chaque fois que l’on organise ou cherche à réaliser quelque chose dans l’intérêt de tous, il s’en trouve qui prient de toutes leurs forces pour son  échec. Et concernant ces Jeux, même lorsque tout le monde vit que la cérémonie d’ouverture fut un éclatant succès, il se trouva parmi nous de mauvais esprits pour écrire que ce fut un raté.

Encore, une fois je supplie mes frères Ivoiriens d’être de temps en temps fiers d’eux-mêmes, d’avoir des pensées positives pour eux-mêmes, et de chercher à réaliser des grandes choses pour eux-mêmes. Aujourd’hui, nous avons toutes les raisons d’être fiers de nous. La victoire n’a-t-elle pas plusieurs pères ? C’est l’ensemble des Ivoiriens qui a réussi à organiser ces Jeux avec ce brio qui nous a valu toutes ces félicitations. Mais ne nous arrêtons pas à ce succès. Qu’il nous galvanise au contraire pour affronter d’autres défis. Comme rendre Adjamé propre, par exemple. Ou éviter que certains quartiers ne soient à nouveau inondés pendant la saison des pluies. Ou faire en sorte que le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) ne se disloque pas.

Nous savons tous ce qu’il en a coûté à la Côte d’Ivoire lorsque les deux principaux partis de cette coalition, à savoir le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et le Rassemblement des républicains (Rdr) se sont fait la guerre. Prions et faisons tout ce qui est en notre pouvoir, pour que ce que l’on croit percevoir comme des fissures dans l’édifice ne soit que de simples mouvements d’humeur vite oubliés.

L’histoire ne pardonnera pas à ses protagonistes une nouvelle guerre fratricide, entre les héritiers d’Houphouët-Boigny, qui pourrait bien emporter, cette fois-ci, notre pays. Prions aussi et faisons en sorte que tous les fils qui sont tentés de s’émanciper du père, ce qui est dans la logique du cycle de la vie, le fassent avec sa bénédiction et non dans le fracas de la discorde, des anathèmes et du reniement.

Venance Konan

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