Aller de l’avant

mercredi, 02 avril 2014 00:14

Le lundi 31 mars, le gouvernement était en séminaire pour, comme l’a dit le Chef de l’État, faire en sorte que les ménages sentent aussi les effets de la croissance. Oui, notre pays a renoué avec la croissance depuis bientôt trois ans. Il s’agit maintenant d’en faire bénéficier à tous les Ivoiriens, même si les nouvelles infrastructures profitent déjà à la grande majorité d’entre eux.

À l’issue de ce séminaire, chaque ministre a reçu sa feuille de route pour faire avancer le pays et améliorer la vie des citoyens. Pendant ce temps, le Front populaire ivoirien s’est réuni, de son côté, pour décider de boycotter le recensement général de la population, véritable boussole pour un pays qui veut programmer son développement, organiser des sit-in, demander des choses aussi ahurissantes que la dissolution de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, ainsi que le transfèrement de certaines personnalités à La Haye. En clair, le Fpi a décidé de bloquer, avant 2015, année de la prochaine élection présidentielle, la marche en avant de notre pays, à défaut de pouvoir détruire ce qui a été réalisé. C’est cela la nègrerie ! Tirer vers le bas celui qui veut s’élever et travailler à l’amélioration de sa société.

À partir de ce jour, tous vos journaux changent de prix. Depuis près de 30 ans, ce sont les seules denrées dans ce pays qui n’ont pas subi de hausse de prix, alors que les coûts de tous les intrants servant à leur fabrication ont augmenté. Aujourd’hui, aucune entreprise de presse ne peut survivre en laissant son prix de vente inchangé. En attendant une aide conséquente de l’État, comme cela se fait dans tous les pays développés, car la qualité de leur presse témoigne de leur état d’avancement, nous n’avons d’autre solution que la hausse de nos prix de vente. Mais, ce faisant, nous prenons un énorme risque dont nous sommes bien conscients. Il s’agit d’un pari que seuls gagnerons les journaux qui sauront répondre aux attentes d’un public de plus en plus exigeant. Nos lecteurs attendent que nous leur proposions des journaux de qualité, des informations fiables et surtout qui les concernent. Le lectorat ne veut plus de journaux mal écrits, qui inventent leurs informations, colportent des ragots ou servent à des règlements de compte. Trop souvent, des personnes ayant un contentieux avec d’autres, mais trop lâches pour les affronter, choisissent de s’exprimer anonymement dans des journaux ou sur Internet. Combien de journalistes ne se livrent-ils pas à un véritable racket ou n’écrivent-ils pas des articles dont le seul intérêt réside dans le fait que son auteur a reçu une enveloppe ? Les lecteurs d’aujourd’hui ne sont plus dupes et lorsqu’ils déboursent de l’argent pour acheter un journal, ils ne veulent plus se sentir floués. Aussi, lorsque nous augmentons les prix de nos journaux, devons-nous comprendre que nous avons intérêt à proposer mieux que ce que nous faisions jusqu’à présent. Le journal qui ne le comprendra pas ne survivra tout simplement pas. Et les lecteurs n’ont jamais pleuré la mort d’un journal qu’ils n’ont plus eu envie d’acheter.

Mais, tout comme le Fpi veut tirer Alassane Ouattara par les pieds afin que toute la Côte d’Ivoire fasse du surplace, ils sont encore nombreux, les journalistes qui ne comprennent absolument pas la nécessité pour la presse ivoirienne et pour eux-mêmes d’aller de l’avant. Il y en a qui se sont vautrés depuis si longtemps dans la boue qu’ils ne veulent plus en sortir. Tous les changements ont leur mélancolie mais ils sont nécessaires pour avancer. Le parti à la rose  n’a pas fini de pleurer la perte de son pouvoir et il souhaiterait que les Ivoiriens ne fassent rien d’autre que pleurer avec lui. Il ne comprend toujours pas que s’ils le lui ont enlevé, c’était justement parce que, eux, voulaient aller de l’avant. Et, comme l’a dit le Chef de l’État, « mêmes les aveugles voient que le pays est en train d’aller de l’avant. »

J’espère que mes collaborateurs de Fraternité Matin et mes confères comprendront que le virage que nous avons pris ce matin est trop délicat pour que nous nous amusions à des jeux d’arrière-garde.

Venance Konan

 

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