Akwaba, Hollande !

jeudi, 17 juillet 2014 00:20
Venance Konan Venance Konan Crédits: fratmat

François Hollande arrive, ce matin à Abidjan, pour renforcer les relations entre son pays et le nôtre. C’est son premier séjour en Côte d’Ivoire depuis qu’il préside aux destinées de la France. Mais il avait déjà reçu le Chef de l’État ivoirien à Paris. Ce sont donc deux hommes qui se connaissent bien qui vont se rencontrer de nouveau.

Le Président François Hollande arrive dans une Côte d’Ivoire en pleine reconstruction économique et morale, après les dix années de pouvoir de Laurent Gbagbo qui ont vu le tissu social se déchirer et toutes les infrastructures économiques se dégrader. Même si la France ne se porte pas, en ce moment, au mieux sur le plan économique, elle a encore beaucoup à nous apporter pour la reconstruction de nos infrastructures. Les Abidjanais ont sous les yeux le majestueux pont Henri Konan Bédié et ses échangeurs construits par une entreprise française en un temps record. Certes, de nombreux autres chantiers ont été attribués à des entreprises non françaises, mais, pour l’essentiel, les affaires françaises se portent toujours bien dans notre pays. Et si l’on constate un léger recul de la France face à des firmes asiatiques ou américaines, c’est, selon notre confrère Jeune Afrique, parce que les Français aiment jouer en solo, plutôt que de venir en groupe. Mais peu importe. Il y aura toujours des parts de marché à gagner pour tous ceux qui savent entreprendre. Beaucoup a été fait depuis l’avènement du Président Ouattara, mais il en reste beaucoup plus à faire. La saison des pluies qui, espérons-le, ne gâchera pas la visite de notre illustre hôte, nous a cruellement révélé tous les défauts de notre capitale économique, ainsi que tout le travail qu’il nous reste à faire pour vivre dans une ville moderne et confortable.

Le défi que nous nous sommes lancé est de tendre vers l’émergence économique à l’horizon 2020. Pour le relever, nous aurons besoin du concours de tous nos amis. Et la France, malgré une histoire tumultueuse sous Laurent Gbagbo, reste l’une de nos plus vieilles amies. Akwaba donc, Président Hollande ! Nous essaierons de ne pas trop vous embêter avec nos histoires de visas, puisque nous voulons que toutes les forces vives de ce pays y restent pour le construire; et puis, nous savons que nos jérémiades ne changeront rien à votre politique d’immigration. Et pour être tout à fait franc avec vous, les visas américains ou canadiens sont ceux qui nous intéressent le plus, depuis quelque temps.

Le Front populaire ivoirien (Fpi), notre principal parti d’opposition, qui n’aime pas beaucoup la France, a néanmoins demandé et obtenu de rencontrer François Hollande. Peut-être pour lui expliquer à quel point ses militants sont martyrisés et les Ivoiriens, malheureux depuis la chute de Laurent Gbagbo, provoquée, entre autres, par la France. à moins que ce ne soit pour lui demander d’intervenir auprès de la Cour pénale internationale (Cpi)  pour faire libérer ce dernier. Ils sont nombreux au Fpi à croire dur comme fer qu’il suffirait que le Président français le veuille pour que le fondateur de leur parti sorte de prison. Mais voici que nous sommes en pleine scène de ménage dans la maison bleue. Il y a, d’un côté, ceux pour qui la vie du Fpi s’arrête à Laurent Gbagbo et qui refusent, par conséquent, d’arrêter de pleurer tant qu’il ne sera pas sorti de prison, et, de l’autre, ceux pour qui la vie doit, malgré tout, continuer, avec ou sans lui. Lequel de ces deux Fpi rencontrera François Hollande ? Chaque groupe s’estimant légitime, il y a fort à parier qu’ils chercheront, chacun de son côté, à le rencontrer. Pourvu qu’ils n’aillent pas jusqu’à se balancer des coups de poing devant M. Hollande. C’est ce dernier, alors premier secrétaire du Parti socialiste français, qui avait dit de Laurent Gbagbo qu’il n’était pas fréquentable. Espérons que ses héritiers sauront se tenir devant l’illustre hôte de notre pays.

 

 

 

 

 

 

 

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