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Sainy Tiémélé :“ Donner l’occasion aux hommes d’affaires indiens de mieux connaître la Côte d’Ivoire ’’

lundi, 06 mai 2013 09:55

L’ambassadeur de Côte d’Ivoire en Inde, Sainy Tiémélé, explique les enjeux de la visite d’Indiens à Abidjan.

Excellence, quel est le sens de la mission d’hommes d’affaires indiens que vous préparez en Côte d’Ivoire?

Il s’agit d’une mission économique qui fait suite à la visite récente du Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, en Inde, à l’occasion de sa participation au Conclave Inde-Afrique. Cette mission qui vise à faire partir en Côte d’Ivoire une frange d’opérateurs économiques indiens enregistre, à ce jour, une quarantaine d’entreprises pour environ une cinquantaine de participants physiques.

À quand cette mission et quels en sont les objectifs?

La mission aura lieu du 5 au 9 mai. L’arrivée de la délégation étant prévue le 5 et le départ, bien sûr, le 9 mai 2013. La mission s’étend sur trois jours, les 6, 7 et 8 mai. Son but est de donner l’occasion aux hommes d’affaires indiens de mieux connaître la Côte d’Ivoire, la découvrir, de la visiter autant que faire se peut, de reprendre aussi langue avec le Premier ministre et l’ensemble des membres de la délégation qui l’a accompagné a New Delhi. Ils vont essayer d’aller un peu plus en profondeur dans les discussions qu’ils avaient entamées, ici, mais aussi de pouvoir discuter directement  avec des opérateurs économiques, avec le secteur privé, bien sûr, le patronat et aussi avec toutes les institutions de promotion que sont la Chambre de commerce et d’industrie, l’Apex-Ci, le Cepici et j’en passe.

Quels sont les secteurs d’activité concernés par cette mission?

Il y a plusieurs secteurs tels que les infrastructures (routières et ferroviaires), la santé, les technologies de l’information et de la communication (Tic) en grande partie  d’ailleurs, l’agriculture aussi majoritairement, et tous les autres secteurs de développement, par exemple, tout ce qui concerne la gestion des déchets et le traitement des eaux.

Comment qualifiez-vous, aujourd’hui, la coopération bilatérale?

La coopération bilatérale (Inde – Côte d’Ivoire) se porte bien. Et elle va certainement prendre un nouvel élan avec cette mission qui vient appuyer la visite du Premier ministre en Inde. C’est sûr que de nouveaux chantiers vont être défrichés et qui vont permettre aux deux pays de tirer meilleur profit de cette coopération. Pour l’instant, la coopération se base sur un certain nombre de financements accordés par l’Inde à la Côte d’Ivoire. Ces financements ont porté sur la réalisation d’un certain nombre de projets en Côte d’Ivoire. Ils sont en cours d’exécution et vont s’accélérer les jours à venir.

Ces projets portent sur quels domaines notamment?

Il y a, par exemple, le projet de la zone franche de Grand –Bassam, dont vous avez certainement entendu parler,  des projets dans les domaines  agro-industriel et agroalimentaire, tout ce qui est transformation de produits de base comme le manioc, de la noix de palme en huile, de la transformation de la noix de cajou et des projets de l’interconnexion électrique avec le Mali, des projets de culture du riz avec le Programme national de production du riz, un projet d’envergure pour lequel un appel d’offres a été lancé, il y a quelques mois.

Quel est le volume des échanges entre la Côte d’Ivoire et l’Inde?

En termes de valeur des échanges, il faut dire que les chiffres en notre possession nous donnent, à l’exportation, un montant d’environ 133 milliards de FCfa en 2011, contre environ 75 milliards de FCfa à l’importation, la même année. De manière générale,  les échanges entre l’Inde et la Côte d’Ivoire ont connu une évolution significative, ces dernières années, surtout depuis l’ouverture de l’ambassade de la Côte d’Ivoire en Inde, en 2005. Disons que, pour l’instant, la balance commerciale est en faveur de la Côte d’Ivoire. Mais cela n’est pas suffisant pour nous dans la mesure où il s’agit d’introduire, dans nos  exportations, vers l’Inde, des produits, plus ou moins transformés. Car, nos exportations restent, dans l’ensemble, dominés par des biens primaires, tels que le bois de teck, la noix de cajou, etc., alors qu’à l’inverse, les exportations indiennes vers la Côte d’Ivoire sont en grande partie composées de produits élaborés (semi-finis ou finis). Donc nous nous attellons à faire en sorte que notre pays puisse tirer un meilleur profit dans le sens du développement et de la valeur ajoutée.

L’Inde accorde des bourses à la Côte d’Ivoire. Avez-vous, à ce jour, des données disponibles sur les bourses octroyées par cet Etat frère à la Côte d’Ivoire?

A ce niveau, j’ai beaucoup de  satisfaction ; mais j’avais constaté que les bourses qui étaient accordées à la Côte d’Ivoire n’étaient pas consommées. Je ne sais pas encore si l’information passait effectivement.  Depuis un certain temps, nous constatons que la Côte d’Ivoire commence à consommer ces bourses. Et le résultat immédiat de cela, c’est que le nombre de bourses octroyées  la Côte d’Ivoire  a été  multiplié par deux ou trois. L’ensemble des bourses dont bénéficient des Ivoiriens de la part de l’Inde (y compris les stages de perfectionnement) atteignaient par an, la vingtaine voire la trentaine.

En effet, en peu de temps, nous avons constaté non seulement un engouement au niveau de la participation du pays, mais également un grand intérêt pour  l’assistance qu’accorde ce pays au nôtre dans le domaine de la formation. Je vous le dis et j’en suis convaincu, si nous continuons dans ce sens-là, le nombre de bourses accroîtra d’année en année.  Récemment, j’ai reçu 11 stagiaires ivoiriens de Côte d’Ivoire non seulement  à la chancellerie, mais aussi à la résidence avec beaucoup de plaisir et de fierté. Je leur ai demandé de savoir tirer meilleur profit de leur séjour en Inde, parce que, cet Etat a de grandes capacités pour aider les pays en développement et les pays africains en particulier. La Côte d’Ivoire est en meilleure position pour tirer grand profit de cette coopération. Le nombre de bourses va certainement aller crescendo dans tous les domaines, particulièrement dans les technologies de l’information et de la communication. Notre souhait est de voir notre pays élargir le champ de sa coopération à d’autres domaines comme,  la santé, l’agriculture, l’énergie, etc.

Interview réalisée à New Delhi, en Inde, par

Cissé Mamadou

 

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