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Réunion des ministres de l’économie de l’Ua : Les experts appelés à tracer les sillons de l’industrialisation du continent

jeudi, 21 mars 2013 23:06
Le ministre Nialé Kaba  (au centre) a exprimé à ses pairs africains la volonté du gouvernement ivoirien d’accélérer l’industrialisation du continent. Le ministre Nialé Kaba (au centre) a exprimé à ses pairs africains la volonté du gouvernement ivoirien d’accélérer l’industrialisation du continent. Crédits: Poro D

Les états membres de l’Union africaine réfléchissent à un modèle de développement capable de soutenir leur croissance et d’offrir un mieux-être à leurs populations.

C’est sur une note d’optimisme, malgré la persistance de la pauvreté au sein de la majorité de la population africaine, que s’ouvre, ce jeudi, à Abidjan, la sixième réunion annuelle conjointe de la conférence des ministres de l’Economie et des Finances de l’Union africaine et de la Conférence des ministres africains des finances, de la Planification et du Développement économique de la Commission économique pour l’Afrique. En effet, les indicateurs économiques montrent que l’Afrique a connu une croissance régulière de son Produit intérieur brut (Pib), avec une moyenne de 5% en 2012, nettement supérieure à la moyenne mondiale qui est de 2.7%. «Plus de 80% des pays africains ont une croissance supérieure à la moyenne mondiale qui est de 2,7%  et 16 pays du continent figurent parmi les trente pays ayant les croissances les plus fortes au monde. Par ailleurs, certaines sources indiquent que l’économie africaine pourrait connaître une croissance supérieure à celle des pays d’Asie dans les années à venir», a soutenu Dieudonné Bouddhou, président du bureau sortant.  Cette croissance a été forte dans les pays riches en produits de base que dans ceux qui ne le sont pas ; les pays exportateurs de pétrole ayant vu leur taux de croissance augmenter sensiblement grâce à l’accroissement de la production et à l’envolée des cours du pétrole.

Par ailleurs, la croissance en Afrique a continué d’être soutenue par une gestion et des politiques macroéconomiques prudentielles qui ont entretenu de fortes dépenses publiques, notamment dans l’infrastructure et la fourniture de services publics. 

Toutefois, la plupart des pays africains n’ont pas été en mesure de transformer la croissance en création d’emplois équivalents et en développement social accéléré. Ce, en raison de la forte dépendance des économies africaines, de la production et de l’exportation de produits primaires à faible valeur ajoutée et sans lien en amont ou en aval avec les autres secteurs de l’économie.   

D’où l’option prise par les Etats africains de s’engager dans l’industrialisation, notamment la transformation de leur matière de base pour soutenir durablement leur croissance. « L’Afrique ne peut plus se satisfaire du faible taux d’industrialisation qui est le sien. C’est par l’industrialisation que le continent pourra se doter d’une croissance soutenue, créer des richesses et des emplois », souligne Dieudonné Bouddhou. Aussi, la conférence qui se tient à Abidjan, doit-elle être une plateforme qui permettra de donner des indications sur les priorités stratégiques avant la réunion des ministres de l’Economie et des Finances de l’Ua qui se tiendra dans deux jours, a  suggéré, Abdalalla Hamdok, secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique africaine (Cea). «Les perspectives de développement de l’Afrique sont plus radieuses qu’elles ne l’ont jamais été.  Le temps de l’Afrique est arrivé. Les Lions sont en marche, les Eléphants arrivent. Il faut maximiser ces opportunités », a-t-il soutenu.  Pour atteindre cet objectif, les Etats du continent doivent développer leur connectivité, un handicap au progrès du commerce entre eux. Le développement d’un marché commun, à travers le libre échange des biens et des services ainsi que la libre circulation des biens et des personnes sont des axes stratégiques sur lesquels l’Afrique doit focaliser ses efforts, estime Abdalalla Hamdok. Par ailleurs, le secrétaire exécutif adjoint de la Cea suggère que les experts des Etats africains commencentr à travailler sur l’après 2015, date de référence des objectifs du millénaire (Omd). Constatant que malgré les efforts des pays africains, ils sont loin d’atteindre les Omd, Abdalalla Hamdok a invité les Etats africains à anticiper et à se préparer à parler d’une seule voix, lorsque le moment sera venu d’élaborer le programme mondial de l’après 2015.

Maxwell Mkwezalamba, commissaire aux affaires économiques de l’Ua, souscrit à la thèse de l’anticipation sur les besoins à venir du continent. «La conférence d’Abidjan doit contribuer à enrichir le programme 2063 de l’Ua, lequel trace les axes de développement du continent dans les 50 ans à venir », a-t-il indiqué.  L’idée maîtresse de ce programme est l’industrialisation du continent en vue de tirer un meilleur profit de la production des biens.

Le ministre auprès du Premier ministre, chargé de l’Economie et des Finances, Kaba Nialé, a rassuré les participants sur la volonté du gouvernement ivoirien d’accélérer son industrialisation. Elle a égrainé les réformes institutionnelles et structurelles engagées par le gouvernement ivoirien pour booster son secteur privé, fer de lance de son programme d’industrialisation. « Le Pib de l’Afrique est en croissance, pourtant les conditions de vie de la population ne sont pas à la mesure de cette croissance. Cela démontre que le modèle de croissance actuelle, basé sur les matières premières, a atteint ses limites. Cela nous interpelle », a-t-elle indiqué.  «Nous attendons beaucoup de vos  travaux qui doivent faire le diagnostic des modèles actuels et nous proposer des modèles plus performants pour le développement industriel du continent », a-t-elle conclu.

La sixième réunion annuelle conjointe de la conférence des ministres de l’Economie et des Finances de l’Union africaine et de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique de la Commission économique pour l’Afrique se tient du 21 au 26 mars 2013. Elle réunit tous les pays membres de l’Union africaine.

David Ya

 

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