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Journée mondiale des océans: Pr. Joseph Séka Séka préoccupé par la situation des mareyeuses

jeudi, 13 juin 2019 19:38
Le Pr. Joseph Séka Séka s’imprègne des réalités des femmes fumeuses de poissons dans le village d’Azuretti à Grand-Bassam. Le Pr. Joseph Séka Séka s’imprègne des réalités des femmes fumeuses de poissons dans le village d’Azuretti à Grand-Bassam. Crédits: DR

Lors de la célébration de la Journée mondiale des Océans (Jmo) 2019, le ministre de l’Environnement et du Développement durable s’est appesanti sur les conditions de vie des femmes fumeuses de poisson en Côte d’Ivoire.

A la faveur de la Quinzaine nationale de l’environnement et du développement durable (Qnedd) 2019, le Pr. Joseph Séka Séka a présidé les festivités commémoratives de la Journée mondiale des Océans (Jmo), le 8 juin, dans le village d’Azuretti, à Grand-Bassam. Il avait à ses côtés le représentant du vice-Président de la République, des représentants d’institutions internationales, des autorités préfectorales et des élus locaux, ainsi que des membres d'Ong, etc.

A l’occasion de cette journée qui a eu pour thème ‘’Genre et Océans’’ avec pour slogan ‘’Ensemble, nous pouvons protéger et restaurer nos océans’’, le Pr. Joseph Séka Séka, ministre de l’Environnement et  du Développement durable, a rendu un hommage à toutes les femmes mareyeuses du pays pour les efforts qu’elles consentent à nourrir chaque jour les populations ivoiriennes. « C’est pour vous les femmes du monde entier que ce thème a été lancé dans tous les pays côtiers comme la Côte d’Ivoire. Ce qui se dit aujourd’hui à Grand-Bassam est valable pour toutes les villes et tous les villages au bord des océans », a-t-il affirmé.

Poursuivant, le ministre a déploré que le fumage traditionnel expose les acteurs à des risques de maladies cardiovasculaires et broncho-pulmonaires (c’est-à-dire du cœur et du poumon), des maladies de peau, des yeux et du sang. « Pendant des années, vous avez appris à fumer du poisson sur le charbon de bois qui dégage de la fumée. Cette fumée agit sur votre santé. Elle est à l’origine de beaucoup de maladies », a-t-il laissé entendre.

S’appuyant sur les résultats d’une équipe de chercheurs de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody, le ministre a révélé que « 50% des femmes sont atteintes de maladies respiratoires et 10% ont perdu leurs empreintes digitales à force de tourner manuellement le poisson au four. De plus, 17% souffrent de fièvre typhoïde ou de tension artérielle pendant que 55% entretiennent des relations difficiles avec leurs conjoints ».

Face à la situation alarmante, l’émissaire du gouvernement s’est voulu rassurant: « mon collègue, le ministre des Ressources animales et halieutiques s’attèle à la recherche de solutions du fumage de poisson en relation avec les autres ministères techniques du gouvernement ».

Quant au représentant du vice-Président, Alain Tohan, conseiller technique, il a fait savoir: « les femmes et spécialement celles d’Azuretti peuvent jouer un rôle important. Et elles méritent une attention particulière ». 

Le Secrétaire exécutif de la Convention d’Abidjan, Abou Bamba, a annoncé que « la Convention d’Abidjan appelle à une plus grande valorisation du rôle de la femme dans les activités liées à l’économie bleue pour une gestion durable et saine de nos océans, et des ressources qu’ils recèlent. Nous leur devons au moins cela ».

La Jmo 2019 a aussi mis l’accent sur d’autres problématiques telles que la pollution des océans et mers, la destruction de l’environnement côtier, la détérioration des plages, etc. Cette journée s’est achevée par une opération de nettoyage de la plage et la visite du centre de fumage de poissons de la Mutuelle des femmes vaillantes d’Azuretti (Mufeva), dirigée par Adjoua Yvonne Sala. Ce qui a permis au Pr. Joseph Séka Séka de voir de près les conditions de travail de ces vaillantes femmes à Grand-Bassam. Il a par ailleurs, saisi l’occasion pour lancer officiellement le « Prix de la plus belle plage écologique» qui sera décerné chaque année dès 2020.

GUY-ASSANE YAPY