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Filière mangue: ‘’80% des pertes sont dues aux mouches’’, dit Silué Gnénéyéri

lundi, 27 mars 2017 20:14
Filière mangue: ‘’80% des pertes sont dues aux mouches’’, dit Silué Gnénéyéri Crédits: Eugène Yao

Selon lui, la filière mangue est un secteur porteur qui peut réduire la pauvreté en milieu rural.

Filière mangue: ‘’80% des pertes sont dues aux mouches’’, dit Silué Gnénéyéri

« En 2016, la Côte d’Ivoire a exporté 32 600 tonnes sur une production de plus 100 000 tonnes. Ce qui a permis de distribuer 6,5 milliards de Fcfa directement aux producteurs en trois mois (pendant la campagne). Mais elle a aussi perdu 80% de sa production du fait des mouches (le Batrocera dorsalis, principalement)», a déclaré Silué Gnénéyéri, directeur de la protection des végétaux, du contrôle et de la qualité. Il représentait le ministre de l’Agriculture et du Développement rural.
C’était le lundi 27 mars 2017, à l’ouverture d’un atelier régional de formation des formateurs des agents de la Direction de la protection des végétaux (Dpv), des organisations professionnelles (Op) et des postes frontières (Pf), qui se tient du 27 au 31 mars 2017,  à Abidjan. Cette formation porte la lutte et le contrôle des mouches des fruits en Afrique de l’ouest. Elle est organisée par la Cedeao, en collaboration avec, l’Union européenne (Ue) et l’Agence française de développement (Afd).

Selon lui, la filière mangue est un secteur porteur qui peut réduire la pauvreté en milieu rural. « En dehors des producteurs, c’est toute la chaîne des acteurs (les pisteurs, les transporteurs, les trieuses, les exportateurs, les ouvriers des stations de conditionnement,…) qui est concernée », souligne-t-il.

C’est pourquoi, « il convient d’apporter le soutien nécessaire pour vendre le maximum plutôt que de perdre 80% car, la Côte d’Ivoire est le premier exportateur de mangues sur le marché de l’Union européenne. La mangue associée à l’ananas et la banane occupent 4% du Produit intérieur brut (Pib) et fait vivre 7000 producteurs », dira-il.

A en croire M. Gnénéyéri, lorsqu’une mouche pique les fruits (mangue, papaye, aubergine, anacarde), elle pond des œufs à l’intérieur. Ces œufs deviennent des larves qui, une fois devenues adultes, se reproduisent. Ce qui constitue des pertes  énormes de fruits.

Aussi explique-t-il, lorsqu’une larve ou une piqûre de mouche  est découverte dans un conteneur à l’exportation, celui-ci est automatiquement déclassé et l’État reçoit une notification (il faut 5 notifications pour être interdit sur le marché européen, quel que soit le volume exporté).

Ceci est considéré comme un manquement aux dispositions internationales qui consistent à faire  en sorte que les pays exportateurs n’envoient pas des nuisibles (les parasites de quarantaine) à l’extérieur avec leurs produits agricoles, notamment la mouche de fruits. Ce projet sous-régional s’inscrit dans le cadre des formations initiées par la Côte d’Ivoire depuis 2014, et qui vise à mettre l’accent sur le contrôle pour éviter les mouches.

« La Côte d’Ivoire a mis en place un plan d’action de lutte contre les mouches de fruits. En 2015, l’État a débloqué 1,7 milliard de Fcfa pour acheter des produits phytosanitaires à l’effet de lutter contre la multiplication des mouches de fruits dans les zones de production de mangue », explique M. Gnénéyéri.

Pour Stanislas Dihoué, responsable du projet régional Cedeao de la composante renforcement des capacités, « la mouche n’a pas de frontière, ni de visa. Ce qui fait qu’elle circule d’un territoire à un autre. Une lutte concertée s’impose donc sur l’ensemble des régions productrices de mangues pour venir à bout de cette pathologie ».

Cet atelier regroupe les représentants de quatre pays (Guinée, Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire). Il vise à former des formateurs (inspecteurs phytosanitaires, agents des postes-frontières, des agents des organisateurs professionnels), qui serviront d’agents de relais dans leurs pays respectifs afin que ceux-ci puissent détecter la piqûre des mouches dans les cargaisons destinées à l’exportation. L’atelier prend fin le vendredi prochain.


Eugène YAO
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