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Investissements et commerce en Afrique: L’ACA prend de nouveaux engagements

vendredi, 29 juin 2018 11:14
George Otieno, directeur général de l'Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (Aca). George Otieno, directeur général de l'Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (Aca). Crédits: DR

La coïncidence est suffisamment révélatrice de l’importance du sujet.

La 18ème assemblée générale de l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (Aca) s’est tenue le jeudi 28 juin, à Abidjan, dans la foulée du sommet mondial sur l’investissement, l’industrie et le commerce en Afrique organisé à Washington D.C. aux États-Unis.

Si la réunion américaine s’est, à juste titre, étendue sur les moyens d’accroître les investissements en Afrique, d’y développer l’industrie manufacturière et de fluidifier davantage le commerce intra-africain, l’Aca s’est focalisée, quant à elle, sur son cœur de métier : l’assurance-risque et les outils nécessaires pour mitiger le risque africain dont la perception reste encore négative chez bon nombre d’investisseurs.

L’Agence multilatérale a, par la voix de son directeur général, George Otieno pris de nouveaux engagements pour augmenter son capital social, attirer de nouveaux adhérents et ainsi accroître le volume de ses interventions à travers ses différents produits que sont, entre autre, l’assurance risques politiques qui « protège contre toute action ou inaction politique injustifiée d’un gouvernement entravant la conduite des affaires ou des investissements », les garanties contre le risque de non-paiement de l’acheteur d’énergie pour les projets énergétiques, ou encore les cautions et l’assurance-crédit.

« Au cours des cinq prochaines années, nous comptons étendre notre présence dans plus de pays en ouvrant de nouveaux bureaux et en ciblant 24 États membres », a annoncé M. Otieno à la tribune de l’Assemblée générale d’Abidjan co-organisée par l’Aca et le gouvernement ivoirien. Le directeur général de l’Agence entend aussi «dépasser le cap des 100 millions de dollars US (1 dollar pour environ 530 FCfa) de primes brutes émises, continuer à développer les investissements dans nos États membres afin de démontrer la valeur de l’Aca, générer un résultat net de 25 millions de dollars et un retour sur capital de 10%».

Pour atteindre de tels résultats, des recrutements de personnels outillés sont prévus. Une première dans l’histoire de cette organisation créée en 2001, à l’origine par les pays du marché commun d’Afrique de l’Est et australe (Comesa), dont l’organigramme n’avait pratiquement jamais changé. Avec sa nouvelle politique d’expansion géographique et opérationnelle adossée à un nouveau plan quinquennal en chantier, l’Aca devrait réaliser la nouvelle ambition affichée par son directeur général: «devenir un partenaire clé en Afrique».

Fournir des solutions novatrices pour mieux soutenir les gouvernements  et leurs priorités, élargir son empreinte en Afrique afin d’accroître les opportunités d’affaires et diversifier davantage ses risques, obtenir une notation A+ de l’agence de notation internationale Standard and Poor’s et une première notation de Moody’s, telle est l’orientation donnée à l’Agence au cours des prochaines années.

Un cap approuvé par le conseil d’administration pour qui l’Aca est désormais une institution solide, crédible et bien gérée, qui doit poursuivre une gouvernance toujours plus rigoureuse pour relever les nouveaux défis.

Avant de refermer ses portes, la 18ème Assemblée générale a approuvé les bonnes performances de l’Agence en 2017. Celle-ci a, en effet, dépassé le cap des 2 milliards de dollars d’expositions brutes, et réalisé un bénéfice record de 10 millions de dollars Us (5 milliards 300 millions de francs Cfa environ). Autres bonnes nouvelles, l’organisation a récupéré des indemnités versées au titre de risques souverains, qui ont permis le rétablissement, en mars, de la notation A/Stable par S&P qui l’avait passablement dégradée. Il reste à récupérer un sinistre souverain en Tanzanie et à apurer une partie d’un risque commercial en Zambie, pour assainir davantage le portefeuille lié à la sinistralité.

L’Assemblée générale a donné la parole à des représentants de pays qui frappent à la porte de l’Aca, et a dit avoir bon espoir que ces nouveaux pays (Burundi, Cameroun, Sénégal,  Soudan du sud, entre autres)en deviennent membres, et y retrouve les 14 pays dont la Côte d’ivoire composant actuellement l’institution.

L’Inde devrait devenir le premier pays non africain à adhérer à l’Agence. Une nouvelle qui réjouit la direction de l’institution qui espère un effet domino chez d’autres pays non africains capables de renforcer son assise internationale et financière.

Valentin Mbougueng

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