Emprunt obligataire: Christine Lagarde craint la perturbation des économies africaines

lundi, 02 juin 2014 12:23

[02-06-2014. 14h00] « Les émissions obligataires représentent un financement supplémentaire, mais accentuent la vulnérabilité », a prévenu la responsable du Fmi. 

Emprunt obligataire: Christine Lagarde craint la perturbation des économies africaines

Dans une interview accordée au Financial Times, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a dit craindre pour les perspectives économiques africaines, compte tenu des émissions répétées d’emprunt ces dernières années. C'était au sommet "Africa rising" de Maputo (Mozambique) tenu les 29 et 30 mai dernier.

« Les émissions obligataires représentent un financement supplémentaire, mais accentuent la vulnérabilité », a prévenu la responsable du Fmi. Selon elle, les pays africains risquent d'étouffer leurs économies avec trop de dettes. Ce qui pourrait  faire "dérailler l'excellente conjoncture économique de la région".

Justifiant ces risques, Christine Lagarde a expliqué que les investisseurs sont devenus de plus en plus prudents et demandent plus de garantie dans les opérations d’emprunt. De ce fait, "ils exigent des taux d’intérêt plus élevés pour détenir la dette de certains pays africains, eu égard à la hausse des déficits budgétaires", souligne Lagarde.

Pour les pays à risques, elle a cité en exemple la Zambie où les taux d’emprunt sont passés de 5,63% en 2012 à 8,63% au début du mois d'avril. Alors que le pays s’appuie uniquement sur la production minéralière  pour développer son économie.

Pour l’organe en ligne du journal panafricain (jeune Afrique),
la frénésie d'emprunt qui a augmenté le niveau de la dette publique, selon les estimations du Fmi, va atteindre 35% du Produit intérieur brut (Pib) en 2014.

Cependant, la responsable de l’institution financière affiche un optimisme vu la ruée vers l’Afrique, des investisseurs et d’ajouter: « nous assistons à une transformation capitale en Afrique. Nous avons observé une croissance significative, une réduction certaine de la pauvreté et une amélioration de l'alphabétisation ».

Kamagaté Issouf
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