• Accueil
  • Economie
  • 6e FIAD à Casablanca: Le Président sierra léonais appelle les dirigeants africains à intensifier les réformes économiques

6e FIAD à Casablanca: Le Président sierra léonais appelle les dirigeants africains à intensifier les réformes économiques

jeudi, 14 mars 2019 19:21
Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Léone, a tenu un discours de mobilisation devant une assistance de 2000 investisseurs et décideurs. Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Léone, a tenu un discours de mobilisation devant une assistance de 2000 investisseurs et décideurs. Crédits: Sercom Fiad

Placée sous le haut patronage du roi du Maroc, Mohamed VI, se tient depuis ce jeudi 14 mars, dans la capitale économique marocaine, la 6e édition du Fiad. 34 pays représentés et plus de 2000 opérateurs économiques prennent part au forum.

Son pays est l’invité d’honneur de ce 6e Forum international Afrique développement (Fiad 2019) du groupe bancaire marocain Attijariwafa Bank (institution mère de la banque Sib), qui s’est ouvert ce jeudi, à l’hôtel Hyatt Regency en plein cœur de Casablanca, au Maroc. Et c’est lui qui a tenu le discours d’ouverture.

Le Président de la République de Sierra Léone, Julius Maada Bio, par ailleurs président de la présente édition du Fiad, a prononcé un discours très inspirant devant une forte assistance constituée de 2000 opérateurs économiques et décideurs politiques venus de 34 pays du continent. Placé sous le haut patronage du roi du Maroc, Mohamed VI, le Fiad 2019, à en croire le P-Dg d’Attijariwafa Bank, Mohamed El Kettani, favorisera 4000 rendez-vous B to B et B to G (à destination des pouvoirs publics).

Responsabilité

S’appuyant sur « l’important potentiel de développement économique de l’Afrique » - ce qui n’est plus à démontrer - le Président sierra léonais a surtout lancé un vibrant appel à ses pairs du continent à engager et/ou à poursuivre (pour ceux qui les ont déjà engagées) les réformes économiques visant à rendre plus attractif l’environnement des affaires dans les pays africains, afin que les investisseurs puissent mettre à profit les potentialités économiques du continent.

Pour lui, c’est clair, c’est de la responsabilité des dirigeants. « En tant que dirigeants, nous devons promouvoir la stabilité politique à travers l’égalité et l’équité et surtout améliorer l’environnement des affaires afin d’avoir plus d’investisseurs pour la mise en œuvre de nos programmes de développement. L’un ne va pas sans l’autre. Nous devons résoudre notamment le problème de la corruption, bien gérer nos ressources naturelles, intégrer davantage nos économies, et attirer plus d’investisseurs crédibles en éliminant les lois qui les rebutent. Le but étant de permettre la diversification de nos économies, gage de leur résilience », a déclaré Julius Maada Bio.

La responsabilité des dirigeants, selon lui, va plus loin et doit se manifester aussi dans le renforcement du capital humain, la protection sociale et le développement inclusif, la promotion de l’égalité des sexes, l’appui à l’innovation et la coopération intra africaine. Il a fait un clin d’œil à la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine Ndlr) mise en place en mars 2018, du reste la plus importante zone de libre-échange au monde. « Nous avons déjà commencé à concrétiser cette intégration. Il ne nous reste plus qu’à poursuivre les efforts et renforcer nos relations avec les investisseurs », a-t-il soutenu.

Renforcer la coopération entre l’Est et l’Ouest

Le Président sierra léonais plaide donc pour une Afrique plus intégrée, ouverte aux investisseurs venant de tous horizons grâce à un climat des affaires qui doit être des plus attrayants et un climat politique rassurant pour les investisseurs dont la contribution est plus que jamais attendue dans cet élan de croissance économique dans lequel le continent s’est engagé depuis quelques années. C’est également ce à quoi veut contribuer Attijariwafa Bank à travers le Fiad qui, rappelons-le, est l’une des activités phares du Club Afrique développement du groupe bancaire.

S’inscrivant pleinement dans une démarche de promotion du commerce, des investissements et plus généralement des échanges et de la coopération Sud-Sud, le Fiad 2019 veut contribuer à l’intégration économique africaine, notamment et c’est l’objectif cette année, par une mise en relation des communautés d’affaires des régions Est et Ouest du continent. Le thème général étant : « Quand l’Est rencontre l’Ouest ».

Un choix thématique salué par le ministre délégué marocain chargé de la Coopération  africaine, Mohcine Jazoui et l’ambassadeur de Chine au Maroc, Li Li. Mais également par le président de la Commission de l’Uemoa, Abdallah Boureima, le vice-ministre éthiopien des Affaires étrangères chargé des Affaires économiques et de la Diaspora, Aklilu Hailemichael, la ministre sénégalaise de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’État, Khoudia MBaye. Qui, à tour de rôle au pupitre, ont expliqué les enjeux du renforcement de l’intégration d’abord entre les pays de la même région et ensuite, entre les pays de la corne de l’Afrique et ceux de l’Ouest, du reste, deux régions stratégiques pour le commerce africain et mondial et regorgeant de ressources naturelles.

Composé de huit pays avec la Côte d’Ivoire comme fer de lance (40% du Pib), l’espace Uemoa compte environ 120 millions d’habitants et s’étend sur plus de 3 millions de Km². Pour Abdallah Boureima, cet espace n’a pas d’autre choix que s’intégrer davantage et s’ouvrir s’il veut prospérer. « Il est quasiment impossible de se développer individuellement. L’exigence du regroupement et de l’ouverture s’impose », a-t-il martelé. Il a aussi souligné la « forte implication des dirigeants de l’Uemoa » à renforcer l’intégration de la région.

Les défis à relever, a-t-il poursuivi, sont encore importants au regard du faible niveau des échanges commerciaux intra-Uemoa, se situant, à l’en croire, à environ 16% et ce, en grande partie, à cause du niveau encore faible de la diversification de l’économie. Pour la ministre sénégalaise, l’Est peut effectivement rencontrer l’Ouest, « bien sûr, si les dirigeants le veulent ». Et pour l’ambassadeur chinois Li Li, « cela apportera une harmonie au monde ».

FAUSTIN EHOUMAN
Envoyé spécial à Casablanca (Maroc)

Read 110 times Last modified on jeudi, 14 mars 2019 23:27