• Accueil
  • Culture
  • Slam pour Dadié: Hommage au « Opah des Opah » de la littérature africaine

Slam pour Dadié: Hommage au « Opah des Opah » de la littérature africaine

jeudi, 11 avril 2019 17:18
Slam pour Dadié: Hommage au « Opah des Opah » de la littérature africaine Crédits: DR

« Je sais que Bernard Dadié a gnaga un système qui kpatrassait ses frères (je sais que Bernard Dadié a combattu un système qui avilissait ses frères).


Je sais qu’il n’a jamais terni ses convictions, il est resté toujours raide (je sais qu’il est toujours resté attaché à ses convictions)
Je sais qu’il est le « Opah des Opah » de la littérature ivoirienne (Je sais qu’il est le patriarche de la littérature ivoirienne).
Je sais qu’il a toujours supporté ses idées même s’il les a quelques fois accouchées par césarienne.
Je sais, oui je sais qu’aucun domaine de la littérature n’a résisté à ses gbôssrôlis, roman, poésie, théâtre, conte (aucun domaine de la littérature n’a échappé à ses écrits). On est tous en drap de son génie (on est tous au courant de son génie). Donc tu vois, sa vie est une grande rivière, chaque pli est un poisson et moi je suis un pêcheur. J’ai filé mon coton dans son immense carrière pour soigner les plaies de l’ignorance.
Appelle-moi Dadié en lêkê (appelle-moi Dadié, aux pieds protégés de chaussures en plastique ou alors Dadié aux pieds nus).

Venez, venez qu’on kouman de Dadié aux bras môgô (venez, venez qu’on parle de Dadié aux compères du ghetto). Qu’ils prennent drap que la culture ivoirienne n’a pas que des yôrô. (Afin qu’ils comprennent que la culture ivoirienne n’enregistre pas que des adeptes de la musique des jeunes.)

C’est vrai, la mort n’a pas sciencé, mais nous ses pkèpkèro on est callé (Il est vrai que la mort n’a pas tenu compte de nos souffrances, nous, ses petits-enfants, mais nous tiendrons bon sur nos jambes).
Compte sur nous, repose en paix, Opah Dadié ! Car ici-bas, le bara continue (Compte sur nous, repose en paix patriarche Dadié ! Car ici-bas, le travail continue).
Le travail et après le travail, l’indépendance mon enfant. C’est pourquoi nous ses héritiers. Molo molo, on cotise nos moro –moro. Inch’alla un jour, on ne va plus s’habiller toclo-toclo.
C’est vrai, nous sommes venus au monde kodjo-kodjo, mais on va retourner choco-choco. Il est vrai que nous sommes né nus, mais nous retournerons honorablement vêtus) ».

Une sélection de

Brigitte Guirathe