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Salon du livre de la porte de Versailles : La Côte d’Ivoire présente avec une forte délégation

lundi, 25 mars 2013 23:21
Soro Solo (à gauche)  et Olvis Dabley, deux Ivoiriens au Salon du livre. Soro Solo (à gauche) et Olvis Dabley, deux Ivoiriens au Salon du livre. Crédits: A.K

Ouvert le 22 mars, « Les jeux olympiques des auteurs », le Salon de Paris qui a fermé, le 25 mars, les portes de sa 33e  édition, a enregistré au nombre de ses athlètes du verbe, la Roumanie, la Côte d’Ivoire, Gallimard, Présence africaine…

Bien que cette année 2013 ne soit pas celle du livre selon le ministère de la Culture et de la Francophonie, des moyens (moindres que ceux de l’an 2012) ont été dégagés. Au numéro E69, un stand ambitieux et même prétentieux comparativement à l’an dernier, a donc été érigé, qui fait 106 m2. Concurrençant ainsi valablement, le voisin du Bassin du Congo, stand agencé par Dominique Loubao, une militante du livre de nationalité... ivoirienne. Quelques auteurs comme Wêrê-Wêrê Liking ont été pris en compte par l’Etat ivoirien via le ministre Maurice Bandaman. Tiburce Koffi, Fatou Kéita, Gina Dick, des locaux, ont renforcé les rangs de ceux de la diaspora que sont Tanella Boni, Koffi Kwahulé, Josette Abondio, l’ex-présidente de l’Aeci. Ensemble, ils ont donné vie au stand ivoirien. Un stand à la dimension des objectifs du gouvernement qui entend faire de la Côte d’Ivoire,  à l’horizon 2020, un pays émergent. Outre les auteurs, les principaux éditeurs qui le souhaitaient ont été au Salon du livre de Paris. Environ douze dont Les classiques ivoiriens, Vallesse éditions, Cercles éditions, Balafons aux côtés de l’incontournable Nei-Ceda, de Frat-mat éditions, Eburnie éditions, Edilis…

Le stand était scindé en trois compartiments : une partie a abrité les livres, illustrations du frémissement littéraire que connaît la Côte d’Ivoire, une autre a été réservée aux dédicaces et conférences, dans un beau cadre, et la troisième a été une scène qu’ont utilisée, assez bien, Michelle Tanon-Lora et le conteur « Zokou de la forêt », de la diaspora, pour faire se remplir, d’adultes et de tout-petits, friands de narration africaine, l’espace drapé d’étoffes africaines (Bogolan, Kita). « Bien sûr tout n’est pas parfait. nous ferons un rapport prenant en compte les difficultés aux fins de les transmettre à notre autorité », avoue Dramane Boaré, Directeur de « Les classiques ivoiriens », mais aussi et surtout président du comité d’organisation du stand.

 

Les temps forts

 

Les rencontres ont permis les samedi et dimanche, à la directrice d’Edilis, Mme Dréhi Mical, qu’épaulait Mme Koudou Thérèse, de partager, avec le sobre public, son expérience d’éditrice de syllabaires, de livres en langues maternelles. Le prétexte de cet échange était le thème : « Les politiques de promotion de nos langues nationales ». L’Afrique entend s’imposer dans le monde en s’appropriant les langues de dominations que sont le français, l’anglais (et bientôt le chinois ou le japonais). Mais elle omet de se donner les moyens de réussir ces enjeux qui passent par une quête identitaire. Un nombre important d’ouvrages ont été écoulés grâce à l’intérêt qu’Attié, Bété, Baoulé… résidant en France et dont la progéniture ne parle pas les langues maternelles, ont manifesté pour le travail abattu par Edilis. Faut-il aller à la conquête du monde avec la langue des autres ou faut-il y aller après avoir suffisamment possédé sa propre langue ? La problématique est de mise.

 

Autour du thème « Etat des lieux de l’Edition et de la diffusion en Côte d’Ivoire », Mme Amoikon d’Eburnie éditions, Isabelle Kassi Fofana de Frat-mat éditions, les autres amazones de l’édition ont marqué leur présence.

 

Dimanche, de 17h à 19h, une table ronde a été consacrée à la place de la culture dans les politiques de développement avec pour thème : « Regards croisés des intellectuels sur la place de la culture dans le développement de la Côte d’Ivoire ». Cette session a été animée par Tiburce Koffi, Venance Konan, Wêrê-Wêrê Liking, David Soro Moussa, Josette Abondio avec pour modérateur Henri Nkoumo et un nombreux public engagé à fond dans cette problématique par et pour laquelle, il s’est senti concerné et interpellé.

 

Au dire de la plupart des participants, il appartient à l’Afrique de renaître par elle-même, à partir de ses propres valeurs. A ce jour, en effet, ce continent continue d’avancer dans le monde à l’aide de valeurs empruntées, de regards importés, de lignes philosophiques étrangères. Pour ce faire, une réappropriation de soi, fondée sur la spiritualité, fondement permettant à tout homme de questionner sa propre présence au monde, est indispensable. Certains des intervenants, c’est le cas de Tiburce Koffi, l’auteur de « Le mal-être spirituel du noir » sont allés plus loin, en invitant à une (ré) interrogation de notre rapport à notre passé. L’Afrique s’est engagée dans un processus de vente de ses fils dans le cadre d’un commerce, lors de la traite négrière. Pour lui, les habitants de ce continent ne doivent passer ce moment sous silence et mais plutôt, faire le bilan de leur implication dans la déconstruction de leur sol et leurs âmes.  Certains participants ont désapprouvé cette démarche, estimant que l’Afrique ne devraient pas avoir honte de son passé. Les débats ont été passionnants et enlevés.

 

Parallèlement à ces échanges, des temps de dédicaces ont été perceptibles. Un autre temps fort a été « L’heure de la presse ». C’est un instant d’une heure pendant lequel, chaque jour, Yvan Amar de Rfi, a offert des temps d’antenne aux acteurs ivoiriens du livre. L’occasion a été ainsi saisie par René Yédiéti, Pdg de la Librairie de France pour débattre des enjeux des librairies en Afrique. Cet appui médiatique a pu et su rendre davantage audibles les voix et présence de la Côte d’Ivoire à ce salon.

 

 La partition de Balafons à l’ambassade

 

Pour aller aux contacts des lecteurs de Paris, les éditions Balafons ont utilisé la chancellerie, démembrement de la Côte d’Ivoire, afin de faire connaître leurs auteurs. C’était le samedi à 11h30 à l’avenue Victor Hugo, siège de l’ambassade ivoirienne à Paris. Après le mot de bienvenue de l’ambassadeur Charles Gomis, Soro David Moussa, directeur des Editions Balafons a présenté ses poulains au nombre desquels, Werê-Werê Liking, Inza Bamba, Mahoua Bakayako résidant aux Etats-Unis, Gina Dick Essiekelly… tous heureux de ce rapprochement avec les lecteurs qu’ils ont qualifié d’opportunité à saisir.

 

Henri N’Koumo, directeur du livre au ministère de la Culture, en a profité pour rappeler les actions menées par sa structure en faveur des auteurs, avant le cocktail final.

 

 Alex Kipre

Envoyé spécial à Paris

 

 

 

 

 

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