Paysage audiovisuel français : Ces Ivoiriens qui s’imposent
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Paysage audiovisuel français : Ces Ivoiriens qui s’imposent

jeudi, 09 mai 2013 23:45

Dans l’univers des professionnels de l’audiovisuel français, quelques Ivoiriens tentent, depuis quelques années, de se frayer un chemin avec succès.

Sylvie Koffi (Rfi) La journaliste-desk de charme

«La prostitution africaine en Europe», « Femmes mangeuses d’âmes au Burkina Faso», «Cameroun, dans l’enfer de la prostitution», «Burundi, Esther Kamatari du podium haute couture à la scène politique» Autant de grands reportages que les auditeurs ont entendus sur ce qu’il est convenu d’appeler la Radio mondiale. Grâce au savoir-faire de Sylvie Koffi.

C’est en 1991, qu’elle frappe à la porte de Radio France Internationale après un bref passage au groupe Fraternité Matin. Affectée au service Magazine avec la bénédiction de son amie Dominique Mobioh, elle y fait la rencontre d’un certain Seydou Zombra (aujourd’hui musicien de talent) qui se charge de lui apprendre les ficelles du métier. A commencer par les piges. «C’était l’époque de la grande Rfi  où il existait des accords de coopération. Par le biais desquels nous proposions des émissions clés en main à d’autres chaînes de radios sans grands moyens». Aujourd’hui, Sylvie Koffi a beaucoup progressé. Avec un statut de journaliste-desk  qui lui permet  d’intervenir brillamment dans les journaux, ceci en fonction de l’actualité. Le journalisme-desk consiste à traiter un sujet en faisant du recoupement d’infos. Ceci étant, Sylvie rêve d’un projet, celui de réaliser des documentaires qu’elle compte proposer à des chaînes de télévisions,  tout en demeurant à Rfi, bien sûr.

Soro Solo (France Inter) Le grognon qui rêve d’une «Afrique enchantée»

Sur les bords de la lagune Ebrié, Solo était déjà une star de la radio- malgré son timbre de voix singulier-grâce à son émission «Le grognon» lancée comme une bombe au début des années 90. D’ailleurs, il a été plusieurs fois primé meilleur journaliste de Côte d’Ivoire.

Et puis les choses se sont compliquées, puisqu’après le décès du Président Houphouët-Boigny, Solo s’est senti aimé ou détesté par les pouvoirs successifs, jusqu’au début de la guerre civile en 2002, où il a été interdit d’antenne. Menacé de mort comme il le clame, Soro Solo a fui la Côte d’Ivoire pour la France. À partir de 2002, Soro  collabore à Rfi. Il y réalise des reportages et des chroniques dont « Je vous écris de France » diffusée sur France Inter. Depuis 2006 avec son binôme Vladimir Cagnolari, il produit et co-anime «l’Afrique Enchantée», une quotidienne de la grille d’Eté sur France Inter.

Soro écrit également pour les revues spécialisées «Africultures» et «Rézo» ; cette dernière étant le magazine d’information édité par l’Afaa, financée par le ministère français des Affaires étrangères.

Zéphyrin Kouadio (Rfi), le joker de Juan Gomez, qui voit grand!

Comme Sylvie Koffi, Zéphyrin Kouadio a fait son apprentissage à Rfi au début des années 90. Plus précisément en 1993. Aujourd’hui, il présente sur la Radio mondiale «Le carnet du voyageur». Une chronique quotidienne, consacrée aux transports : aérien, maritime, routier. La chronique concerne aussi les réglementations en vigueur dans le monde sur le déplacement des personnes. Intégré dans le journal, Zéphyrin anime depuis peu «Afrique Soir» avec son binôme Edmond Sadaka tous les quinze jours. Et à partir de la mi- mai, il travaillera désormais avec Sylvie Derruet.

 Zephyrin Kouadio lance également le débat au cours de l’émission culte «Appel sur l’actualité» en collaboration avec l’animateur principal, Juan Gomez.

Une émission diffusée tous les jours à 8h10, Temps Universel,  ouvrant l’antenne aux auditeurs qui réagissent à l’actualité. Il faut savoir que cette émission de grande écoute est à la fois un lieu de décryptage de l’information grâce aux questions à la rédaction, mais aussi, d’échanges d’idées et de réflexions en provenance des cinq continents.

Zéphyrin Kouadio s’intéresse aussi aux réglementations en vigueur dans le monde sur le déplacement des personnes. Cette chronique s’est malheureusement  achevée le 23 mars 2012. Qu’à cela ne tienne, l’homme de radio tient bon et compte bien s’installer durablement dans les arcanes de Rfi. «J’aime faire du direct, la spontanéité de l’antenne me convient tout à fait», a-t-il conclu, au volant de sa voiture.

Serge Fattoh Elleingand (Télésud) Afro night, le talk show

Sept années déjà que Serge Fattoh a quitté son titre d’animateur télé à la Rti pour aller affronter l’anonymat en France. Sept années qui n’ont pas été faciles pour l’exalter ego de Baryhélémy Inabo. Mais, sept années qui ont changé l’homme.

«Le 15 novembre 2013, cela aurait fait huit ans que j’étais hors de Côte d’Ivoire. Quand on fait le métier que je fais et qu’on part de ce pays, il te manque, forcément. Il faut que nous, les Ivoiriens, arrêtions d’être complexés. Parce que même en France, la culture ivoirienne est partout, dans tous les milieux.

Grâce aux productions musicales, à nos différents comportements, tant positifs que négatifs. Nous sommes partout présents en France ; c’est la preuve que le pays nous suit, partout même en France», confie-t-il avant de poursuivre : «Quand j’ai obtenu mon diplôme, très sincèrement, je voulais rentrer. Mais des amis m’ont conseillé de continuer à me battre. En France, les gens croient que parce qu’on s’appelle Serge Fattoh ou Yves Zogbo, les portes des chaînes télé nous sont ouvertes. Non! Il faut travailler comme tout le monde, il faut gagner sa vie». Promu directeur des programmes sous son ami Jean Philippe Kaboré, alors à la tête de la chaîne en 2006, Serge n’est plus que conseiller aux programmes à ce jour. Le nouveau Directeur Général, Bernard Volker, s’étant chargé personnellement de la direction des programmes depuis peu.

Par Momo Louis

Correspondant permanent à Paris

 

Lu 2620 fois Dernière modification le jeudi, 09 mai 2013 23:49