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''Management du tourisme et des loisirs'': Le bréviaire des enjeux pour se positionner en acteur clé

vendredi, 13 juillet 2018 13:49

Pendant que l’activité touristique est plein boom et que bien des jeunes s’y intéressent, cet ouvrage est d’un double intérêt axiologique et utilitaire.

Les auteurs Erick Leroux et Pierre-Charles Pupion, éminences grises du marketing international en France, ces 20 dernières années, et qui s’intéressent à la prospective en matière de tourisme, proposent  depuis ce mois de juillet, une réédition de : « Management du tourisme et des loisirs » (Vuibert, Paris).

Un ouvrage d’un intérêt heuristique certain  sur le management touristique qui traite des enjeux du secteur du tourisme et des loisirs en s’étalant sur les politiques publiques, territoriales et managériales développées ainsi que les acteurs du marché. Et ce,  entre autres  enjeux, alors que la Côte d’Ivoire se félicite du franc succès remporté par le dernier Salon international du tourisme d’Abidjan (Sita), et que le gouvernement ivoirien réaffirme son ambition d’asseoir le pays parmi les premières destinations touristiques d’Afrique.

Le livre traite, notamment, de stratégies de marketing international et porte sur les principales situations et décisions auxquelles sont confrontées les entreprises qui se développent à l’international dans un environnement marqué par l’ouverture généralisée des marchés, notamment des économies émergentes, à l’instar du nôtre. Un outil complet de référence pour gérer une entreprise de tourisme et/ou de loisirs. Il explicite aussi les tenants et aboutissants de la gestion d’entreprise touristique basée sur l’analyse stratégique et marketing du marché du tourisme, détaillant également le tourisme mobile, avec une étude de cas centrée sur le positionnement marketing touristique.

La Côte d’Ivoire touristique est-elle sur la bonne voie ? Avec près de 300 exposants, 15 pays représentés et le plus grand nombre de visiteurs enregistré en huit années d’existence, lors du Sita qui s’est déroulé du 27 avril au 1er mai ? Cela témoigne-t-il de l’importance de la Côte d’Ivoire dans l’économie touristique africaine ? Et ce, à l’aune de ce Jean-Marie Somet, Directeur général de Côte d’Ivoire Tourisme et commissaire général du Sita, affirmait alors : « Nous voulons être une véritable locomotive. Pour l’occasion, agences de voyages, tour-opérateurs, compagnies aériennes, écoles de formation et autres professionnels du secteur ont présenté  toutes les opportunités touristiques que chaque pays possède, en plus des offres ivoiriennes ».

Pour en avoir une idée et une réponse claires sur des bases scientifiques, cet ouvrage permet à tout acteur ou étudiant en tourisme d’avoir une vision complète de ce qui constitue l’essence d’une destination touristique ou d’une activité de loisir avec ses différents services constitutifs : information, réservation, conditions de voyage et d’hébergement, visite…). Il permet de développer des compétences en management afin de pouvoir diriger ou manager au mieux une entreprise privée intervenant dans l’offre et la commercialisation de produits touristiques (tours opérateurs, agences de voyage, structures d’hébergement ou de restauration, parcs de loisirs, agences de communication…) ou une organisation en charge de service public (office de tourisme, collectivités, service d’un comité départemental ou régional de tourisme…). En outre, il vise à aider les décideurs et acteurs du tourisme à fixer des objectifs pour le développement touristique durable d’une destination.

Le modèle ivoirien à la loupe…

Le ministre ivoirien du Tourisme, Siandou Fofana, qui a désormais en charge les Loisirs, et qui affiche des ambitions continentales, est-il  n’a d’ailleurs pas manqué de féliciter l’organisation du Salon « faisant de la Côte d’Ivoire un carrefour essentiel de l’Afrique et d’Abidjan la capitale du tourisme africain ». Une déclaration qui trouve d’autant plus d’écho que la fréquentation touristique du pays a fait un bond en avant au cours des dernières années, passant de 471 000 touristes en 2014 à 1,8 million en 2017, selon le Vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan. Des chiffres dont le gouvernement entend bien tirer profit en faisant du tourisme l’un des leviers de croissance du pays. « Faire passer la Côte d’Ivoire de la 12e à la 5e place africaine des meilleures destinations touristiques, toutes tendances confondues, d’ici 2025 » : tel est l’objectif annoncé par le ministre du Tourisme et des Loisirs. « Management du tourisme et des loisirs »  analyse les différentes composantes du secteur touristique, son poids dans l'économie, les formes multiples que prennent les activités touristiques, et l'impact sur le territoire qui nécessitent des pratiques de management spécifiques et adaptées, qu’en est-il de la stratégie ivoirienne ?

Chaque décision implique un grand nombre de paramètres : marchés, organisation des systèmes de production, environnements humains, sociaux, économiques et culturels... L'ouvrage les aborde selon une démarche progressive et structurée. Parmi les sujets couverts, l’on note les contours de l'offre touristique avec les territoires, consommateurs et schémas de consommation, professionnels, marchés, types de produits et cycles de vie. Les techniques et les disciplines fondamentales du management du tourisme : analyse spatiale, marketing et comptabilité, méthodes et indicateurs de gestion utiles aussi bien aux entreprises qu'aux responsables territoriaux.

Les aspects stratégiques et politiques : politiques de communication et de préservation du patrimoine, développement durable, gestion de la qualité et stratégies tarifaires. Abondamment illustré (schémas, graphiques, cartes), le livre inclut également un glossaire et de nombreux encadrés complémentaires. Les exercices et études de cas de fin de chapitre permettent aux lecteurs de mettre en pratique leurs connaissances. Cette nouvelle édition se distingue par : De nouvelles analyses sur les thématiques les plus récentes, telles le tourisme durable, l'e-tourisme et les types de risques auxquels les destinations touristiques sont de plus en plus souvent confrontées. L'analyse des principales évolutions en termes de destinations, d'équipements et de pratiques. L'actualisation de l'ensemble des données et des références bibliographiques et webographiques.

… Avec « Sublime Côte d’Ivoire »

Entre pragmatisme de bon aloi et stratégie efficiente, au regard des mécanismes proposés par les auteurs de « Management du tourisme et des loisirs », la vision ivoirienne, compulsée dans la vision structurante en 9 projets et réformes, « Sublime Côte d’Ivoire », semble s’inscrire dans l’orthodoxie qui sied.  Pour cela, le gouvernement prévoit d’investir, au cours des sept prochaines années, 3 200 milliards de francs CFA pour, entre autres, la création de nouvelles infrastructures et la réhabilitation de l’existant. De quoi anticiper les années à venir car, si aujourd’hui le taux d’occupation des hôtels n’est « que » de 69 %, il n’a cependant jamais été aussi élevé. Deux fonds seront mis en place afin de financer les futures réalisations. D’après Siandou Fofana, le premier serait un fonds d’investissement, mis en place grâce à la mobilisation d’acteurs privés, qui « permettrait de développer des infrastructures, des activités ou la reprise des activités existantes afin de les doper et faire en sorte qu’elles aient des Fonds de roulement. » Ce fonds servirait également, dans certains cas, à réhabiliter des infrastructures existantes.

Le second, un fonds souverain de développement touristique, serait « adossé à un patrimoine foncier qui constituerait des éléments de gage et de sûreté. Ceci, afin que, de 2017 à 2025, nous ayons la possibilité de mobiliser les 3 200 milliards de francs CFA ». A l’heure actuelle, le tourisme emploie 120 000 personnes en Côte d’Ivoire et représente 5,5 % du Produit intérieur brut (Pib). Bien loin du potentiel offert par l’économie du tourisme qui, toutefois, ne saurait tarder à être exploité. C’est pourquoi le gouvernement, conforté dans ses choix par les chiffres de fréquentation en nette augmentation, a décidé de faire du secteur l’une de ses priorités. Les investissements annoncés devraient permettre à la part du tourisme de peser 8 % du Pib ivoirien d’ici 2025, mais également d’atteindre sur la même période l’objectif de 4,5 à 5 millions de touristes.

Une manne économique pour le pays dont les 24 millions d’habitants tireront profit, comme se plait à l’expliquer de manière imagée Jean-Marie Somet : « chaque touriste qui arrive vous laisse à peu près le montant d’une tonne de cacao », dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, et qui constitue par la même occasion un sérieux atout touristique. Si, d’après la Banque africaine de développement (Bad), les cinq premières destinations africaines étaient, en 2015, le Maroc, l’Égypte, l’Afrique du Sud, la Tunisie et le Zimbabwe, ce résultat n’est pas figé. Reste à parier que la Côte d’Ivoire figurera dans le palmarès de 2025.

Pour en revenir aux auteurs, il faut noter que, Professeur des Universités à l’Iae-Iemn de Nantes (France), Pierre-Charles Pupion est membre du laboratoire Lemna et président de l’Association internationale de recherche en management public (Airmp). Érick Leroux est maître de conférences, habilité à diriger des recherches (Hdr) en sciences de gestion à l’université Paris 13 – Sorbonne Paris Cité et directeur des masters 1 et 2 en marketing. Membre du Centre d’économie de Paris Nord (Cepn, Umr-Cnrs), il a notamment publié « Management des forces de vente » et co-écrit avec Emmanuel Chouraqi « Management des achats » aux éditions Vuibert. Il intervient également comme conseiller d’entreprises.

REMI COULIBALY

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