Mamadou Bamba (Dg Orange Côte d’Ivoire, administrateur de la Focit) : “ Notre mécénat s’inscrit dans le Programme d’urgence du gouvernement… ”
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Mamadou Bamba (Dg Orange Côte d’Ivoire, administrateur de la Focit) : “ Notre mécénat s’inscrit dans le Programme d’urgence du gouvernement… ”

vendredi, 05 avril 2013 22:22

Des localités du sud, du centre, du nord et de l’ouest du pays bénéficient, depuis le 22 mars dernier, d’infrastructures sociales de base grâce à la Fondation Orange Côte d’Ivoire Telecom.

En quoi consiste exactement  le Projet  village que la Focit vient de mettre à exécution, dans cinq localités du pays?

Le Projet village est né d’une initiative des administrateurs de la Fondation Orange Côte d’Ivoire Telecom  pour contribuer au bien-être des populations.

A l’issue de notre action-terrain, on s’était rendu compte que quand on faisait une école toute seule, les populations-cibles ne la fréquentaient que peu ou même pas. Dans la même veine,  quand on faisait une maternité, les femmes n’y allaient pas et au cours des suivis sur le terrain, lorsqu’on leur demandait le pourquoi de la non utilisation de ces édifices, on nous répondait que c’était parce qu’ils n’étaient pas équipés pour les maternités et que les petites fillesallaient puiser de l’eau plutôt que de partir à l’école.

Aujourd’hui, ce sont cinq villages- pilotes qui se voient dotés, en même temps, d’infrastructures scolaires, hydrauliques et sanitaires. Quel est le niveau d’exécution de ces ouvrages?

Ce qui est important, ici, c’est le critère de choix de ces cinq villages. Il y a un village qui a été choisi à l’est, un au sud, un au nord, un à l’ouest et le dernier au centre dans la phase pilote. Les villages choisis sont  Ahokoi dans la sous-préfecture d’Azopé, M’brago I dans la sous-préfecture d’Anyama, Mangbébly, sous-préfecture de Facobly, Mlankouassikro, sous-préfecture de Bouaké et enfin Nerkéné, sous-préfecture de Dikodougou. Leur choix nous permet de tester si, premièrement, nous sommes capables de les réaliser dans les délais convenables, avec la qualité requise.  Enfin de compte, nous nous sommes rendu compte qu’il y a trois villages qui sont complètement terminés et inaugurés les 21 et 22 mars derniers , et qu’il reste encore deux qui sont achevés et attendent d’être inaugurés, en fonction du calendrier des autorités administratives qui entendent être présentes effectivement.

Comment se fait le choix de ces villages ? Est-ce la fondation elle-même qui prend  l’initiative ou ce sont les populations qui viennent solliciter la fondation ?

Dans un premier temps, concernant ces cinq villages, on a demandé à nos employés de recenser les villages qui en éprouvaient le besoin, sachant qu’il y a un Comité interministériel, défini par arrêté qui s’est réuni, au préalable pour définir les contours objectifs d’accompagnement. Il est composé de la Fondation, des ministères des Infrastructures économiques,  de l’Intérieur, de la Santé et la lutte contre le Sida, de l’Education nationale et de l’Enseignement technique,  de la Solidarité, de la Famille,  de la Femme et de l’Enfant, de l’Environnement et du Développement durable. Ce comité sélectionne les villages éligibles sur deux critères. Premier critère, c’est l’existence d’infrastructures de base en l’occurrence l’eau et l’électricité dans ces villages, le nombre d’habitants et d’enfants en âge d’aller à l’école,  etc. Ensuite, il y a le deuxième critère qui regroupe un ensemble de critères plus spécifiques aux différents ministères qui constituent ce comité.  Ce sont la distance d’un centre de santé à un autre, la distance d’une école à une autre, qui sont étudiés par le comité dirigé par le ministère des Infrastructures économiques.

Vous avez d’autres projets comme celui de l’irrigation, de la numérisation, etc.  Mais pourquoi tant d’importance accordée à ce Projet village comparativement aux autres ?

C’est l’expérience sur le terrain qui a fait la différence. Il se trouve que  par rapport aux besoins qui ont été exprimés et recensés , nous avons,  par nos équipes qui ont sillonné tout le pays, des besoins de cantines scolaires, de réhabilitations d’écoles, de centres de santé etc., dans les villages. Et finalement, on se rend compte que les besoins des populations sont pressants. Elles se disent: «Est-ce que mon enfant peut aller à l’école ? Non ! Parce que c’est trop loin…». Donc, face à cela, les administrateurs se sont réunis et se sont dit :  pourquoi ne pas répondre aux préoccupations de ces populations défavorisées ? C’est par rapport à cela qu’on s’est engagé  aux côtés des populations, en réalisant des projets d’envergure qui vont changer complètement le mécénat en Côte d’Ivoire. C’est un esprit qui est exprimé et il s’inscrit même dans le Programme d’urgence du gouvernement, dans la réhabilitation et l’habilitation d’un certain nombre d’infrastructures.

Quel est, justement, le niveau d’implication des pouvoirs publics par rapport aux projets de la fondation ?

Je remercie le Président de la République qui a eu une oreille attentive à nos préoccupations qu’il a prises à bras - le corps. Cela se justifie par l’implication des différents ministères dans la réalisation et le suivi de ce projet. Et cela fait que nous sommes aujourd’hui sur des projets,   de plus en plus importants.  Les ministères sont aussi impliqués dans la réalisation de ces projets-là. Et, sur le terrain, tout le monde est impliqué. Lors des inaugurations, les préfets, sous-préfets, représentant des différents ministères qui  participent aux projets et les populations sont  impliqués et motivés. En plus de cela, le gouvernement s’engage à mettre à disposition des infirmiers, des enseignants dans ces infrastructures. Mais, bien plus, on attend de l’Etat des actions pouvant nous aider. Par exemple, en défiscalisant, un tout petit peu, tous ces intrants qui nous permettent de réaliser ces infrastructures.  Cela nous permettra d’avoir une manne suffisante pour  réaliser encore  plus d’infrastructures dans plus de villages.

Quel est le niveau d’investissement, spécifiquement pour le Projet village et pour  l’exercice 2012-2013 ?

Nous sommes à ce jour à près de 650 millions de Fcfa pour les cinq villages. Pour faire un village, nous avons autour de 130 millions à injecter. Puisque nous avons une forte ambition de réaliser un peu plus de dix villages par an, on comprend aisément que l’investissement tournera autour de 1,5 milliard exclusivement pour le Projet village.

Mais vous avez d’autres projets…

Absolument ! Nous continuons dans les autres projets tel que le dépistage de certaines maladies relatives aux ‘’Orl’’  c’est—à-dire liées à l’ouïe et la parole avec la Société ivoirienne d’oto-rhino-laryngologie (Siorl), les projets classiques avec l’aide aux malades du cœur ; tout en étant sur les trois axes majeurs de la Fondation, à savoir l’éducation,  la santé et la culture à travers la promotion d’artistes, plasticiens notamment, les expositions ; la réhabilitation de certains musées à Abengourou, à Abidjan, à Bassam…

Vous avez soutenu,   au passage, le prix Guy Nairay. Quel bilan faites-vous de l’édition 2012-2013 ? 

Il faut encourager un certain nombre d’initiatives comme celles-là. Je pense qu’un homme comme Thierry Dia est à encourager pour sa capacité à fédérer un certain nombre d’artistes autour de lui. Et on avait coutume d’aider des artistes de façon non structurée. Mais, le fait d’avoir fédéré beaucoup d’artistes autour de son association me séduit, car, c’est le bail d’une certaine pérennité satisfaisante. Et nous allons continuer dans le mécénat jusqu’à ce que ces associations arrivent à vivre seules de leurs activités à un moment donné.

Quel commentaire faites-vous de la présence de plusieurs administrateurs du groupe Orange récemment   à M’brago dans la sous-préfecture d’Anyama?

On a quelque chose dans le groupe qu’on appelle les ‘’best practices’’. C’est-à-dire qu’il ne sert à rien de ne pas recopier les choses qui sont bien faites. Il s’agit d’une belle initiative qui,  comme je le disais tantôt, va changer le visage du mécénat en Côte d’Ivoire, en particulier, mais dans les pays où Orange est présente. Une société comme la nôtre ne peut pas être leader de ses différents marchés et ne pas contribuer à l’amélioration du bien- être des populations.

Quel bilan peut-on faire des activités de la Fondation après ses sept ans d’existence ?

C’est un grand succès pour la Fondation Orange et Côte d’Ivoire Télécom. Sur l’ensemble des projets conçus par le Focit,  nous avons pu réaliser 254 projets  au total sur les trois axes. Ces projets ont démarré avec un budget de 300 millions de francs Cfa et, aujourd’hui, nous sommes à 1,2 milliard annuel. C’est la première fondation créée en Côte d’Ivoire et elle a permis à d’autres  entreprises de  créer des fondations.   C’est pour nous une fierté en tant qu’entreprise leader, que nous arrivions  à impulser une dynamique et que certaines localités du pays accèdent au développement et à la réduction de la pauvreté.

interview réalisée

par Remi Coulibaly

 

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