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Livre/Dédicace: ‘’Vivre, Rien que ça !’’ ou la force de changer son destin

mercredi, 13 septembre 2017 15:16
Autodidacte talentueuse, Sandia Fofana signe une œuvre engagée et volontariste de bon aloi. Autodidacte talentueuse, Sandia Fofana signe une œuvre engagée et volontariste de bon aloi. Crédits: REMI COULIBALY

Mariage forcé, violences conjugales, exil économique sont autant de sujets traités par cette œuvre autobiographique.

« Vivre, Rien que ça ! », ouvrage de 159 pages, paru en juillet 2017, sous les presses des Editions L’encre Bleue et dédicacé le 26 août 2017, à la Rotonde des Arts contemporains d’Abidjan-Plateau, est la toute première proposition livresque de  Sandia Fofana, auteure autodidacte. Cette parution ivoirienne est une réédition, après la parution en Europe chez Hier à Aujourd’hui en 2016.

Une œuvre à travers laquelle elle  épouse  la cause féministe sous presque toutes ses coutures, voguant de la précarité aux préjugés sociétaux, particulièrement sous nos tropiques, aux vagues d’humiliations dont la femme est l’objet.

« Vivre, Rien que ça ! » fait sortir de son écrin une écriture sérieuse, au plan thématique  et toute écriture sérieuse est engagée, et ici, l’engagement de Sandia Fofana est pluriel et englobe ses convictions de liberté, spirituelles, amoureuses, conjugales, sociales et politiques. Quant au style, dépouillé et ne cherchant pas, forcément, une esthétique minutieusement construite, il laisse plus que tout, transcender un cri du cœur d’une militante qui prouve sa force de changer un destin.

Avec pour sous-titre « Née en Côte d’Ivoire, devenue esclave de son mari, en France »,  «  Vivre, Rien que ça ! » est un récit-témoignage de la vie de l’auteure elle-même ou elle dépeint avec courage et sincérité une partie de sa vie empreinte de drame, d’humiliations et de violences conjugales. Son courage et sa sincérité font ressortir son engagement ubiquitaire à travers tout l’ouvrage ou elle prend position contre l’amorphisme et certains préjugés qui ont cours  à l’égard du genre féminin dans nos sociétés traditionnelles et modernes africaines. Ainsi, elle dévoile et met en exergue des thèmes tels que la non scolarisation de la jeune fille et leur impact sur celles-ci, les violences conjugales, les escroqueries sentimentales.

Subtile autobiographie

Notre personnage principal est Fofana Sandia elle-même. L’histoire prend pied dans une tradition qui a cours dans son peuple: elle est prédestiné à épouser Abdou, de la même ligne parentale qu’elle. Entre temps, Sandia abandonne l’école occidentale française pour la Medersa (l’école coranique autrement appelé Madrassa chez nous) et s’investit plus tard de façon pleine dans le commerce.

C’est dans cette atmosphère d’une éducation biaisée qu’elle atterrit à Abidjan chez sa cousine qui au-delà de la vie citadine et de ses délices dont elle rêvait est exploitée pour des travaux ménagers et un commerce dont l’entièreté du bénéfice revenait à sa cousine chez qui elle vivait à la capitale économique.

Déçue de cette vie faite essentiellement d’exploitation, Sandia retourne au village et ce retour coïncide avec une réjouissance traditionnelle, le Koussi où tous les jeunes allés sous d’autres cieux à la recherche d’un mieux-être se retrouvaient pour consacrer leur appartenance à leurs communautés. C’était aussi l’occasion rêvée pour les jeunes filles de pouvoir trouver l’âme sœur. Sandia était donc déterminée à y participer.

Au cours de cette cérémonie, elle finit par faire la connaissance de Moustapha qui réside en France  et  apparaît de loin son aînée de 20 ans au moins. Sandia  finit par accepter les avances de celui-ci et c’est tout logiquement qu’elle se retrouve en France pour vivre avec Moustapha. Elle sera très tôt désillusionnée et se rend compte que ce dernier au lieu de lui apporter l’amour promis, va plus tôt la traiter comme une esclave et une personne à tout faire.

L’œuvre à côté de ce tableau qui semble être pessimiste s’achève sur une note optimiste où Sandia après plusieurs péripéties renoue avec l’amour et décide de commencer par le commencement. Elle retourne à l’école et décide de se battre contre tous ces préjugés et ces  violations qui ont créé un drame dans sa vie. Elle réussit à obtenir la garde de ses enfants et plus tard à redevenir un modèle, et une héroïne face aux tourments de l’adversité.

REMI COULIBALY
Collaboration Fatim Savané (Stagiaire)

Encre Bleue, Abidjan, 2017, 170P.

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