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Maurice Bandaman : “ Henriette Diabaté, une femme de valeur ’’

mardi, 07 mai 2013 21:44

Le ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman, situe l’opinion sur les enjeux du colloque international sur la grande chancelière du 13 au 15 mai.

Du 13 au 15 mai prochain, aura lieu un colloque international d’hommage à Henriette Dagri Diabaté. Pourquoi le choix de la Grande chancelière ?

Il est à noter que le colloque est organisé en collaboration avec les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ; de la Famille, de la Femme et de l’Enfant. Mme Diabaté est un personnage qui a marqué son temps et continue de marquer son époque. Elle a un parcours que  nous pouvons qualifier de singulier, dans un monde dominé par les hommes. Cette femme a pu faire son chemin et s’imposer comme une icône, un modèle d’intelligence, d’engagement et de combat. Le ministère de la Culture et de la Francophonie est un ministère de promotion des valeurs de la  qualité, de l’exemplarité. C’est pour cela que nous puisons dans notre passé et notre patrimoine tout ce que nous avons de grand, de beau et de bien. Ce que nous pouvons donner en partage à la communauté des hommes et des femmes de notre pays, mais ce que nous pouvons aussi donner au monde comme fierté.

Et vous soutenez donc que Mme Diabaté incarne ces valeurs patrimoniales de qualité et d’exemplarité?

Tout à fait, Mme Diabaté incarne effectivement ces valeurs patrimoniales parce qu’elle est la toute première femme Docteur d’Etat en Histoire d’ Afrique noire. Elle a eu un parcours exemplaire en tant qu’enseignante. Elle s’est illustrée de chercheur, d’universitaire, d’enseignante, en sa qualité de femme d’action, de combat. En clair, Henriette Dagri Diabaté est un modèle et mérite respect parce que les lauriers qu’elle a glanés sont nombreux. Première femme docteur d’Etat, première femme ministre d’Etat, première femme secrétaire générale de l’un des plus grands partis politiques de Côte d’Ivoire en l’occurrence le Rassemblement des républicains (Rdr), première femme Grande Chancelière de l’ordre national de Côte d’Ivoire. Nous pensons qu’il est important que nous célébrions un tel parcours. Parce qu’elle est une réussite sociale, intellectuelle et politique. Il  nous faut donc célébrer cette héroïne.

 En dehors de son parcours exceptionnel, n’est-ce pas parce qu’elle est du même bord que vous que vous la célébrer ? 

Ah non ! Les valeurs de Mme Diabaté son reconnues par tous ! Et c’est pour cela que les organisateurs ont invité tous les partis politiques à participer à ce colloque pour porter leur témoignage d’elle. Faire son parcours, même en tant que femme politique, faire d’elle une femme à critiquer en ce sens qu’elle aurait fait le mauvais combat, tout cela est intéressant. Mme Diabaté s’est battue pour la liberté et le rayonnement de son pays. Le ministère de la Culture en tant que promoteur de la qualité pourra, demain, célébrer tout autre homme ou femme qui se sera illustré par sa singularité. En ce qui concerne Henriette Diabaté, je pense que l’unanimité est faite sur ses multiples valeurs.

Peut-on avoir une idée des grandes lignes qui seront développées au cours de ce colloque?

Ce colloque qui s’ouvre à l’amphithéâtre de l’Université Félix Houphouët-Boigny se marquera par de nombreux témoignages. Une exposition sur le parcours de Mme Diabaté sera faite sur l’esplanade de la présidence de l’Université. Evidemment, il y aura des interventions, des communications animées par les différents invités. Le mercredi 15 mai, à la salle des conférences du ministère des Affaires étrangères, au Plateau, nous ferons la clôture de ce colloque. C’est le lieu de rappeler que ce colloque est aussi placé sous, la présidence d’un comité scientifique dirigé par madame Ly Ramata, présidente de l’Université FHB. Le président du comité d’organisation est le Pr Yacouba Koné.

Quel objectif visez-vous en initiant une telle activité ?

Le thème de ce colloque est « La question du leadership féminin : histoire et actualité ».  Dans l’histoire de l’Afrique, les femmes qui se sont singularisées par leur héroïne sont célébrées. Voyez-vous, le grand prix du cinéma de Ouagadougou, porte le nom Yennenga. C’est une héroïne, une femme battante pour la liberté. En Côte d’Ivoire, nous avons aussi l’histoire d’Abla Pokou. C’est donc une tradition dans l’histoire, une fois qu’une femme a marqué son temps, on la célèbre pour que son exemple puisse inspirer d’autres. Quand une femme atteint ce niveau, il faut la célébrer. La question de leadership féminin est au cœur de la bonne gouvernance. Aujourd’hui, la promotion du genre impose aux Etats et gouvernants de protéger la femme, de la soutenir dans sa quête d’égalité et d’affirmation de sa personnalité. C’est pourquoi, le ministère de la Culture et de la Francophonie s’engage aux côtés du gouvernement pour promouvoir la femme de la dimension de la Grande Chancelière.

Ce colloque vient donc appuyer la loi sur la parité…

En pays akan, le tambour ne salue pas la femme. Mais à partir du moment où une femme s’est illustrée par sa valeur, on considère qu’elle devient l’égale de l’homme, le tambour peut la saluer. Pour traduire littéralement, lorsqu’une femme s’illustre, il faut la célébrer. Et c’est le cas d’Henriette Diabaté. Nous ne célébrons pas la femme politique qui a accédé à des fonctions ministérielles et qui est aujourd’hui Grande Chancelière, mais nous célébrons la femme humaniste, vertueuse qui a pu faire son chemin sans faire du mal à personne.

Pour célébrer une femme de qualité, il faut des hommes de qualité. Qui sont les invités de marque qui prendront part à ce colloque ?

Nous avons des Universitaires, des ministres, des personnes de qualité, venant d’Afrique, d’Europe, de Côte d’Ivoire. Ce sont des personnes qui ont fréquenté Mme Henriette Diabaté et la connaissent bien. On peut citer pêle-mêle Mme Claude Elaine Perrot qui a fait un ouvrage important sur les peuples Sanwi, l’historien congolais Elikia M’bokolo, Mme Elise Bedo de la société civile du Bénin ; Mme Ba Konaré, épouse de l’ancien président du Mali Alpha Konaré, nous avons Iba Der Thiam du Sénégal, de nombreux intellectuels et écrivains de Côte d’Ivoire dont Fatou Kéita, Delphine Yayé, le Pr Christophe Wondji...

Henriette Diabaté n’a pas souhaité que nous fassions ce colloque parce que, pour elle, cela allait être vu comme un hommage partisan. Nous l’avons convaincue qu’en tant que ministère de la Culture car elle représente ce que l’Unesco appelle « Les monuments humains vivants ». Nous avons un programme sur ce volet de l’Unesco où nous allons présenter les monuments humains vivants de la Côte d’Ivoire. Henriette Diabaté est la première que nous célébrons mais elle ne sera pas la dernière. Bientôt nous allons sortir d’autres que nous allons célébrer. Nous n’attendrons pas que les hommes soient morts avant de les célébrer.   

En Afrique, après l’organisation des colloques, les recommandations et résolutions restent dans les tiroirs. Quel sera le sort réservé à celles de ce colloque ?  

Je tiens déjà à remercier le professeur Yacouba Konaté, en sa qualité du président du comité d’organisation et de la présidente de l’université Félix Houphouët-Boigny, Ly Ramata, présidente du comité scientifique pour le travail qu’ils font pour la réussite de ce colloque. Ces deux personnalités sont soucieuses, avec moi, qu’il faut que les communications figurent dans un acte que nous devons rendre disponible en librairie. Nous prenons des dispositions pour que le public ait accès aux conclusions des travaux.

Interview réalisée par

Issa T. Yeo 

 

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