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Grand prix littéraire d’Afrique noire : Venance Konan a reçu son prix

dimanche, 24 mars 2013 22:37
Le lauréat du Grand prix littéraire brandit fièrement son diplôme. Le lauréat du Grand prix littéraire brandit fièrement son diplôme. Crédits: A. K

En marge du Salon du livre à Paris, le directeur général de Fraternité Matin,  a été distingué.

La fondation de la maison libre, située dans le 13e arrondissement, au 59 de la rue Verginaud, est le lieu où l’auteur d’Edem Kodjo, un homme, un destin, livre distingué Grand prix littéraire d’Afrique noire, a été, aux côtés de dix autres lauréats pour les espaces belges, méditerranéens, asiatiques, etc., distingué, le 23 mars 2013 à 17h (heure de Paris). Pour l’occasion, la Côte d’Ivoire a été bien représentée. L’ambassadeur Charles Gomis, le représentant du conseil d’administration de Fraternité Matin, le représentant du ministre de la Culture et de la Francophonie et de nombreux amis et connaissances ont effectué le déplacement.

Une cérémonie au cours de laquelle Henri N’Koumo, représentant le ministre Bandaman,  empêché, a dit les félicitations de ce dernier dont le prix éclabousse la sphère culturelle ivoirienne, avant que l’honoré ne reçoive son prix. Un dîner a mis fin à la cérémonie.

Les notes du jury*

Le jury a très souvent récompensé le genre romanesque. Quelquefois, des poètes,  dont Léopold Sédar Senghor qui a reçu en 1996, le prix pour l’ensemble de son œuvre. A ce souci de diversifications des genres, répond,  cette année, le choix du portrait, un genre auquel un autre écrivain ivoirien, Frédéric Grah Mel, a déjà donné ses lettres de noblesse ; et que vient couronner, aujourd’hui, le livre consacré par Venance Konan  à l’une des grandes  figures politiques du continent africain, Edem Kodjo. Un ouvrage qui est le fruit d’une collaboration entre plusieurs éditeurs : Nei-Ceda, Présence africaine et Frat-Mat éditions. Ce choix traduit un souci d’accorder une place aux éditeurs africains, trop souvent oubliés, en dépit du dynamisme dont ils font preuve dans des circonstances difficiles.

Venance Konan n’en est pas à ses débuts littéraires. Outre ses activités de journaliste, il est le Directeur général de Fraternité Matin, le quotidien de référence de la Côte d’Ivoire. Il a, à son actif, plusieurs romans : Les prisonniers de la haine (2003), Les catapilas, ces ingrats (2009), Le rebelle et le camarade président (2012), les chroniques afro-sarcastiques (2011).

L’intérêt de Venance Konan pour la figure d’Edem Kodjo  remonte à ses années d’études parisiennes, à l’époque où il militait, comme beaucoup d’étudiants africains, au sein de la Feanf dont il deviendra l’un des leaders. Au cours de cette période, Venance Konan découvre, comme beaucoup de ses condisciples, le livre au programme, sous le titre « Et demain l’Afrique ». « Ce livre devint notre bréviaire. Edem Kodjo devint l’un de nos héros et son livre ne fut pas pour rien dans la décision que plusieurs d’entre nous prirent de rentrer dans leur pays parce que nous croyions encore, à cette époque, en notre continent ». Cette proximité intellectuelle et politique, de l’auteur avec le futur Premier ministre du président Eyadéma, explique, sans doute, la pertinence du portrait que nous en propose Venance Konan. Un ouvrage qui, après avoir évoqué les années de formation de son héros, déroule le destin exceptionnel d’un homme qui, outre ses fonctions ministérielles dans son propre pays, le Togo, a joué un rôle politique institutionnel à l’international, notamment en sa qualité de secrétaire général de l’Oua. Le portrait d’Edem Kodjo, brillant intellectuel, homme de culture, chrétien convaincu, diplomate habile  n’en pose pas moins des questions : a-t-il été trop brillant pour  le petit Togo ? A-t-il été victime du contexte particulier de son pays ?

Ce sont là, quelques-unes des interrogations que posent l’auteur, dans un livre qui se veut, avant tout, le témoignage attentif aux soubresauts et aux évolutions d’une Afrique qu’il arpente depuis des décennies et dont il a rencontré la plupart des leaders historiques.

Ce livre offre le grand intérêt d’évoquer près d’un demi-siècle de l’histoire de l’Afrique, ponctuée de crises dont Edem Kodjo a été, à la fois, le témoin et l’un des principaux acteurs, notamment à l’occasion du difficile accouchement de la charte africaine des droits de l’homme dont on trouvera l’intégralité du texte en annexe de l’ouvrage. Mais également dans l’affaire du Sahara occidental, du conflit du Tchad qui a opposé les présidents Goukouni Ouédègne, et Hissène Habré, sans oublier l’échec de la conférence nationale de Lomé.

C’est, sans doute, l’ambassadeur Henri Lopes qui formule le jugement le plus pertinent sur ce livre : ‘‘C’est quelqu’un qui a, de notre continent, une vision ouverte et tournée vers le futur. Il a continué à être fidèle à cette idée d’unité africaine qui n’est pas une idée perdue. Il a un parcours dont le soubassement fut l’honnêteté et la foi en un certain nombre de principes’’.

*Publié par Jacques Chevrier

Alex Kipré

Envoyé spécial à Paris

 

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