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Diversités linguistiques/Pr Sassongo Jacques Silué (Université FH-B): "Le Nouchi n’est pas une langue !"

mercredi, 13 mars 2019 17:36
Dr. Dion Yodé Simplice, représentant du ministre en charge de l’Enseignement supérieur, à l'ouverture du colloque. Dr. Dion Yodé Simplice, représentant du ministre en charge de l’Enseignement supérieur, à l'ouverture du colloque. Crédits: DR.

Selon Pr Sassongo Jacques Silué de l’Université Félix Houphouët-Boigny (Ufhb) de Cocody, le phénomène linguistique nouchi est loin d’être une langue, au sens sociolinguistique du terme.

« Le nouchi n’est pas une langue » au sens où l’entendent les sociolinguistes, a soutenu Pr Sassongo Jacques Silué, au cours de la conférence inaugurale qu’il a prononcée ce 13 mars 2019, à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, à la faveur d’un colloque international sur le thème: « Le nouchi, notre français ? Parlers urbains africains: pratiques, marges et territoires linguistiques (francophonie, anglophonie) ».

Intervenant sur le thème « le nouchi, réplique linguistique du tissu sociologique ivoirien », cet enseignant de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody assure que s’il y a des chercheurs qui admettent le contraire, force est de reconnaître que le nouchi reste avant tout un « parler urbain ». Mieux, explique-t-il, ce « parler », loin d’obéir à une quelconque norme, n’est autre qu’un mode d’expression. « C’est une manière de parler non ordonnée, n’obéissant à aucun critère », soutient-il.

Pour autant, l’enseignant-chercheur est bien formel quand il affirme que cette manière de parler constitue un trait d’union entre les Ivoiriens, car transversale en terme de diversités socioculturelles. « Le lexique nouchi est l’image du tissu social ivoirien. Dans le nouchi, il y a toutes les langues ivoiriennes », assure-t-il, en ajoutant que « la situation démographique s’y reflète ».

Ceux qui ont pronostiqué tôt sa mort ont eu tort…

De ce fait, « ceux qui ont pronostiqué tôt sa mort ont eu tort. Il faut reconnaître que le nouchi est en pleine expansion, de telle sorte qu’il est en train de coloniser le français populaire d’antan et le français standard.» Pour lui, du fait de cette ascension fulgurante, la Côte d’Ivoire pourrait se flatter d’avoir « un jour un français qui lui est propre et qui devra nécessiter des interprètes ».

Ce colloque qui a été ouvert officiellement par Dr. Dion Yodé Simplice, représentant le ministre en charge de l’Enseignement supérieur, prendra fin le 15 mars 2019. Il est organisé par le Laboratoire de description de didactique et de dynamique des langues en Côte d’Ivoire (L3dlci) avec la collaboration du Laboratoire des sciences du langage appliquées au discours d’invention, ainsi que de nombreux autres partenaires dont l’Université virtuel de Côte d’Ivoire.

Y participent des enseignants et des chercheurs venus de pays comme la France, l'Israël, le Kenya, le Nigeria, etc. Le principal organisateur bénéficie aussi de l’appui de l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire. L’objectif de la rencontre est de faire « le point des avancées scientifiques observées dans l’étude de ce phénomène linguistique ».

MARCEL APPENA
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