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Dédicace : Tiburce Koffi exhorte les africains à assumer leurs désirs amoureux

vendredi, 31 mai 2013 08:59

Hier, à la librairie Aleph du Plateau, a été présenté “ L’amour est un grand pleur ”, le troisième recueil de nouvelles du journaliste, écrivain, musicien.

Les têtes (re) connues de la communauté du livre étaient à la librairie Aleph, pour écouter, hier,  Tiburce Koffi. Comme il fallait s’y attendre, l’artiste du verbe avait à ses côtés, Venance Konan, avec qui il partage une amitié de 34 ans. Plus que l’ami, c’est le Directeur général du groupe Fraternité Matin, éditeur, par le canal de son département chargé de livre, qui a pris la parole pour, dans une ambiance plutôt bon enfant, proposer de ‘’psychanalyser’’ l’auteur invité, tant son ouvrage offre des raisons de polémiquer. Et ce n’est pas la polémique que va esquiver Tiburce  à qui l’auditoire a demandé d’expliquer.

 

l’iconographie osée.

 

De donner la raison pour laquelle la femme inondait de son parfum, les pages de ses textes. De justifier la récurrence de Pozo, Bluesy. De dire lequel des genres littéraires lui permettait de donner la pleine mesure de son talent.

 

Sans détour, lorsque l’auteur de «L’amour est un grand pleur » a pris la parole  après la présentation du texte par Etty Macaire, et  a offert au public, de comprendre son rapport décomplexé, affiché, assumé et un tantinet impudique avec l’amour et ses corollaires. Son rapport ombilical avec la femme participe de plusieurs ordres. Le rôle prédominant qu’occupe la femme dans sa famille biologique, la place que lui a accordée son défunt  père culturel et cultuel, Bernard Zadi. Enfin l’exemple  d’impulsion qu’elle a eu à donner au combat de Marcel Zadi Kessy, pour la lutte contre la corruption et la paix au sein des entreprises. La couleur annoncée, le débatteur ne s’est pas arrêté en si bon chemin, allant jusqu’à saluer Marie-Catherine Koissy et son absence de complexe. Saluant aussi à un degré moindre et moins heureux Tina Spencer et son impudeur provocante.

 

Pour Tiburce Koffi,  l’Africain doit assumer sa libido, peut assumer sa polygamie et aimer avec élégance. Au compte de son écriture dite exécutée dans l’urgence, une intervention a  laissé supposer que l’auteur écrivait  dans le moment. Ce qui est « Valable pour mes premiers textes, comme « Terre de misère », mais pour le reste, j’avoue que je reviens plusieurs fois sur  la place d’une virgule, d’un adjectif », reconnaît l’écrivain musicien qui avoue écrire comme on jouerait à la guitare.

 

La page 17 du livre a servi de brûlantes illustrations pour prouver la musicalité qui court ses livres.

 

S’agissant de la quête des prix littéraires, plus prestigieux, Henri N’Koumo, le Directeur du livre, représentant le ministre de la Culture et de la Francophonie, a souhaité que l’auteur de « Mémoire d’une tombe » décrochât, l’invité du jour a été formel : « On n’écrit pas pour avoir des prix. D’où vient que l’Africain pense que la valeur d’un auteur se mesure à la quantité de prix à lui décernés.  De grands auteurs le sont devenus sans avoir à arpenter les milieux de lobbying qu’il faut graisser pour les obtenir ». Et Koffi d’énumérer Zadi, Césaire, Senghor. Encore qu’avec Le paradis infernal, L’embarras de Dieu, Mémoire d’une tombe, il a déjà obtenu respectivement le prix Rfi, le prix Kailcedra, le prix Ivoire. Des prix qui semblent, paradoxalement, ne rien représenter aux yeux de ceux qui écrivent pour être récompensés.

 

Alex Kipré

 

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