Dédicace : Marcel Zadi Kessy démythifie le développement
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Dédicace : Marcel Zadi Kessy démythifie le développement

mercredi, 15 mai 2013 23:53
Zadi Kessy remettant son 5e livre dédicacé au ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandama . Zadi Kessy remettant son 5e livre dédicacé au ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandama . Crédits: Poro Dagnogo

Le village-école, cinquième livre du brillant chef d’entreprise, natif de Yacolidabouo, inspiré par la dimension économique et sociale du vivre-ensemble, a été présenté, hier, à l’hôtel Tiama.

Noir de beau monde, le salon Ebène de l’hôtel Tiama a abrité, hier, la cérémonie de dédicace du tout dernier livre de Zadi Kessy Marcel. D’entrée, Pascaline Koffi, animatrice de l’événement, annonce Kouadio Bernabin, président de l’Ong Yveo, qui fait état de l’antériorité des activités de cet outil de mise en œuvre pour le développement de proximité par rapport à la mise en place juridique. L’objectif de cette Ong est de contaminer les autres contrées du virus de l’amélioration de la qualité de vie et de travail des villageois. S’il est question de convaincre les âmes alentour, c’est parce que l’expérience du village Yacolidabouo est concrète. Et c’est cette expérience réussie que Zadi Kessy a confinée dans un ouvrage intitulé « Le village-école » et sous-titré « Yacolidabouo, une expérience de développement ». En 105 pages, l’auteur choisit de se raconter, au plus bref, au plus strict. « Le livre est le court résumé d’une expérience au long cours », entame-t-il au pupitre. Un long procédé jalonné de milliers d’échecs. Et ce sont eux qui ont forgé l’âme de ce bâtisseur forcené. « Les revers sont à l’origine d’une méthode, d’une approche nouvelle forgée en fonction, désormais, des besoins de la population ». Ce sont donc, pour se corriger, avec humilité, les aspirations des villageois, placés au cœur du processus dans lequel ils jouent un rôle prépondérant, qui ont été récoltées, examinées puis portées en impératifs. Le résultat est probant car le modèle de Yacolidabouo fonctionne. Et convainc tout le monde. Venance Konan notamment, lauréat du Grand prix littéraire d’Afrique noire qui fait de tous les ouvrages de Zadi Kessy Marcel, ses livres de chevet. S’il s’en inspire, c’est surtout sa fonction de Dg de Fraternité Matin, qui l’exige. Au point de préfacer, le dernier. Le préfacier a vu deux Yacolidabouo. Celui de l’avant développement, il y a une quinzaine d’années, et la petite ‘‘ville’’ dotée de dispensaire, centre culturel, radio, wifi, Coopec, usine, église, 5 établissements dont un collège…Séance tenante, Venance Konan a suggéré aux maires Akossi Bendjo du Plateau et Maurice Bandaman de Taabo, leaders de communautés urbaines et villageoises, de faire comme Zadi Kessy.

Il n’en avait pas besoin car, tous deux étaient déjà acquis à la cause de l’homme. Et le ministre Maurice Bandaman de s’associer à cet élan de reconnaissance envers  « Le monument humain vivant qui a transformé Yacolidabouo en une terre de pèlerinage. » Pour avoir tenté, sans succès, de lui emboîter le pas, le maire de Taabo peut reconnaître. «Ce n’est pas facile. Tout ce que vous avez dû subir montre la grandeur d’âme qui fait de vous un exemple d’expérience pour toute la Côte d’Ivoire, toute l’Afrique, et tout le monde entier ». Une façon efficace de rapporter son admiration. Akossi Bendjo a, lui aussi reconnu avoir tenté, sans issue heureuse, d’imiter Zadi Kessy : « C’est difficile. Les villageois ont, chez moi, fait disparaître 30 millions. ». Difficulté que reconnaît Zadi Kessy qui a pendant 50 ans, cru en l’homme. « Il faut aimer l’homme, être patient, être à l’écoute des désirs de ceux que vous voulez aider. Si j’ai réussi, moi, sorti de la forêt, c’est que chacun de vous peut réussir. ». L’auteur en a profité pour donner de sages conseils consistant à ne pas faire de différence entre les communautés, les ethnies et placer la femme au cœur du processus de développement. La projection d’un film de 25 minutes faisant témoigner quelques-unes des 2387 âmes de ce village situé à 340 km d’Abidjan a permis de tirer quelques leçons égrenées par Ndolamb Ngokwey, le coordinateur, responsable du système des Nations unies et par ailleurs représentant spécial adjoint de Bert Koendres, représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en Côte d’Ivoire. Une chose est certaine, Zadi Kessy a démystifié et démythifié le développement qu’il a mis à la portée de tous. « Quand Zadi parle, on voit », dira un villageois. Y a-t-il meilleure définition du leader quand on sait que ce dernier est celui qui fait se réaliser ce qu’il prédit ?

Alex Kipre

 

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