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Babi slam : Le festival s’est ouvert avec une conférence sur l’apatridie

samedi, 13 avril 2019 19:06

Le festival international de Slam (Babi Slam) a ouvert ses portes hier.


Prévu pour se tenir du 12 au 13 avril à Abidjan, cette 3e édition de Babi Slam, qui a pour thème : « Apatridie, mythe ou réalité » verra se produire, en plus du Collectif au nom du Slam, 14 slameurs en provenance d’Afrique du Sud, d’Allemagne, du Bénin, du Burkina Faso, de la France, du Ghana, de la Guinée Conakry, du Mali, de la Martinique, du Tchad et du Togo.

 Pour lancer les festivités, une conférence inaugurale portant sur le thème de l’édition 2019 a été prononcée le 12 avril au Goethe-Institut. Saraka Monique, Secrétaire générale de l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire, la conférencière du jour, a, d’entrée de jeu, défini le phénomène.

« L’apatridie  est la situation juridique d’une personne incapable de prouver sa filiation à un Etat. Cet état de non droit entraîne des conséquences dommageables comme l’impossibilité de se faire établir l’essentiel des papiers administratifs (pièces d’identité, passeport, certificat de nationalité etc.) », a-t-elle indiqué avant de révéler que c’est le pays profond qui constitue une zone où sévit beaucoup plus le phénomène de l’apatridie.

Selon elle, la situation est alarmante. Et au regard des causes du phénomène se déclinent en plusieurs points. A savoir l’ignorance des populations, l’insouciance, le manque de savoir-faire de certains services d’état civil, la détérioration ou la perte carrément des registres d’état civil.

 « L’accompagnement de personnes à risques, essentiellement celles détentrices de faux extraits de naissances, la sensibilisation des populations, la formation des agents des services d’état civil sont entre autres actions que nous menons sur le terrain.

Souvent, il y a quelques réticences parce que les gens ont tellement politisé l’affaire, croyant qu’on veut octroyer des certificats de nationalité ivoirienne à des personnes qui n’y ont pas droit alors que parfois, c’est pour des personnes qui demandent à être mis en lien avec leurs ambassades ou consulats », a-t-elle regretté.

Et de conclure qu’il est primordial de renforcer le partenariat avec les acteurs locaux : les chefs de village et de communauté, les magistrats, les agents d’état civil. Le show des slameurs a eu lieu hier. Aujourd’hui, la Nuit du slam à l’Institut français et la grande performance de clôture au stade de Gonzagueville (Port-Bouët) boucleront les festivités.

SERGES N’GUESSANT