Issa Hayatou : Un pan de l’histoire du football africain

Issa Hayatou : Un pan de l’histoire du football africain

samedi, 18 mars 2017 13:23

Blatter parti, Hayatou a fait les frais de dirigeants froissés et le gros lot de ceux qui veulent expérimenter autre chose.

Issa Hayatou : Un pan de l’histoire du football africain

Né le 9 août 1946 à Garoua, la capitale du Nord du Cameroun, Issa Hayatou a consacré 42 ans à la gestion du football. Un sport qu’il n’a pourtant jamais pratiqué. En effet, à l’âge où tous les gamins ‘’tapent’’ dans le ballon, Issa Hayatou lance son dévolu sur l’athlétisme. Il pratique les 400 et 800 m. Il va même obtenir sa première sélection en équipe nationale dans cette discipline.

En même temps que le 400 et le 800 m, le jeune Hayatou s’essaie au basket. C’est dans cette discipline qu’il va d’ailleurs exceller. Avec l’équipe nationale de basket du Cameroun, il va participer à 20 ans, aux jeux africains de Brazzaville.

La carrière du sportif s’arrête là. Issa, issu de la puissante famille des Hayatou (ses aînés Amadou, ancien secrétaire général de l’assemblée nationale, Alim, secrétaire d’état à la santé, et Sadou, Premier ministre de 1991 à 1992 ont occupé de hautes fonctions au Cameroun) va entrer dans l’administration du sport. C’est le football qui l’accueille. Bombardé au secrétariat général de la fédération camerounaise de football à 28 ans, ce professeur d’éducation physique et sportive va très vite gravir les échelons.

Entre 1982 et 1986, il est directeur des sports au ministère de la jeunesse et des sports du Cameroun puis devient président de la Fédération de football de son pays en 1986.

Il n’a jamais joué au foot. Sa grande carrière à la confédération africaine de football commence en 1987. Cette année-là, il remplace son mentor, l’éthiopien Ydnekatchew Tessema, décédé à la tête de la Caf. Hayatou va marquer de son empreinte le football africain.

Sous son mandat, le sport roi connaît une véritable avancée sur le continent. Avec l’obtention de cinq places au lieu de deux pour les pays africains à la coupe du monde de football. Hayatou va réussir à compter dans la sphère mondiale du ballon rond. Avec notamment son entrée, en 1990, au comité exécutif de la Fifa.

Bras droit de Sepp Blatter, il assurera même l’intérim de la présidence de l’instance mondiale à la démission de ce dernier. Hayatou avait affronté Blatter en 2002 avant d’entrer dans son cercle fermé.

Avec cette longévité à la tête de la Caf et ses relations particulières au coeur du pouvoir de la Fifa, Hayatou va apparaître comme omniscient, omniprésent.

Beaucoup de mécontentements en découleront. Si son bilan est peu attaqué, sa gestion des hommes et des finances faisaient régulièrement l’objet de critiques. Mais à voix basse, les présidents des fédérations craignaient tous ses représailles. A l’époque de Sepp Blatter, contester Hayatou était la voie royale aux portes fermées à la Fifa.

Blatter parti, Hayatou a fait les frais de dirigeants froissés et le gros lot de ceux qui veulent expérimenter autre chose.

BLEDSON MATHIEU

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Written by  Bledson Mathieu
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