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Coopération marocaine: Merci Majesté !

lundi, 06 mars 2017 12:34
Coopération marocaine: Merci Majesté ! Crédits: DR

Les entreprises qui sous-traitent des choses avec industries marocaines sont certainement convaincues du savoir-faire chérifien. On dit que comparaison n’est pas raison, mais la raison recommande aussi qu’on puisse se comparer pour connaître sa position sur l’échelle des progrès industriels.

Coopération marocaine: Merci Majesté !

Nous avons suivi avec beaucoup d’enthousiasme la visite de Sa Majesté le Roi Mohamed Vi du Maroc en Côte d’Ivoire. Il est reparti avec beaucoup d’accords de coopération entre son pays et le nôtre.

C’est une bonne chose pour les pays du Sud de se mettre ensemble. L’action constante du royaume chérifien en direction de l’Afrique en général et celle de l’ouest en particulier montre qu’il est possible pour nous Africains de faire des affaires entre nous avec nos acquis respectifs.

Ce bel exemple de coopération Sud-Sud mérite d’être applaudi avec toute notre énergie. Car plus on investit chez nous, plus des emplois se créent pour notre jeunesse qui n’attend que cela. Il faut donc encourager cette pratique qui va un tant soit peu soulager la coopération Nord-Sud qui depuis, est quasiment à sens unique, du haut vers le bas.

Si le Maroc nous aime, c’est qu’il trouve en notre pays des hommes de confiance et aussi des potentialités réelles d’investissements, des opportunités pour son économie en expansion: agronomie, électronique, mécanique, chimique, automobile et même aéronautique, etc.

Tenez, les ingénieurs marocains fabriquent des pièces d’avion pour les entreprises Aéronautiques européennes. Qui aurait cru qu’un pays africain pouvait être à un tel niveau d’expertise et de maîtrise de technologie de pointe ? Le Maroc a aussi des écoles d’ingénieurs qui rivalisent avec celles d’Europe.

Les entreprises qui sous-traitent des choses avec industries marocaines sont certainement convaincues du savoir-faire chérifien. On dit que comparaison n’est pas raison, mais la raison recommande aussi qu’on puisse se comparer pour connaître sa position sur l’échelle des progrès industriels.

Certes, notre pays n’est pas encore au niveau du développement du Maroc, mais c’est en « forgeant que l’on devient forgeron ». Les hommes d’affaires ivoiriens doivent, eux aussi, avoir cette grande ambition de s’exporter dans la sous-région et plus loin encore. Une connaissance avec qui j’échangeais sur le sujet qui m’avait dit ceci: « Est-ce qu’on a fini d’employer les Ivoiriens pour aller créer des emplois ailleurs ? ».

Son raisonnement est compréhensible, mais il s’écroule quand on pousse l’analyse plus loin. Une opportunité commerciale qui s’ouvre pour un pays dans un autre est une empreinte diplomatique qui se pose, des leviers stratégiques et géopolitiques qui naissent, des zones d’influence qui s’agrandissent. C’est une retombée incalculable sur la scène internationale.

Certes, elle n’est pas palpable pour le citoyen lambda en termes d’employabilité, mais un pays ne vit pas que d’emplois. On peut être à zéro taux de chômage et ne rien valoir à l’international. Or l’avenir des nations se joue dans ces cercles d’influences diplomatiques. Ce qui est palpable, c’est qu’en investissant ailleurs, on peut créer de l’activité pour ses industries en base arrière dans le pays des investisseurs.

Les Marocains ont investi dans l’immobilier, pour ne prendre que cet exemple. Ils ont créé des emplois directs et indirects importants, ici, en Côte d’Ivoire. Savons-nous, par exemple, du fait d’une cimenterie ailleurs qu’au Maroc, combien de jeunes marocains ont eu du boulot chez eux ? Il faut certainement produire des intrants au Maroc pour l’usine d’Abidjan. On ne déshabille donc pas «Paul pour habiller Pierre », mais on les habille tous deux à la fois. C’est pour cela que les hommes d’affaires ivoiriens doivent, eux aussi, s’investir dans cette dynamique qui n’est que productive.

Nos expertises et acquis si nombreux ne sont-ils pas à vendre avec l’appui, la carrure et le rayonnement incontestable de notre Président de la République ? De la diplomatie « envoyeuse d’investisseurs étrangers », n’est-il pas temps de passer à la diplomatie « envoyeuse de bons de commande » pour nos industries locales ?


DEALOUÉ DODO ALEXIS
MANAGER SENIOR DES TELECOMS
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