Maintenons un débat sain (1)
jeudi, 05 janvier 2017 18:08

Maintenons un débat sain (1) Featured

Written by ADAMA GAYE
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Maintenons un débat sain (1) DR

L’Afrique n’a non plus rien à faire avec un Moyen Orient toujours travaillé par le lancinant conflit entre Israël et ses voisins arabes alors que l’Amérique latine, l’autre région du monde, n’a pas fini de surmonter son long déclin depuis qu’elle fut larguée après la première révolution industrielle.

Maintenons un débat sain (1)

Quiconque doute encore de l’importance grandissante de l’Afrique dans les affaires mondiales devrait prêter attention au débat autour de l’élection du nouveau président de la Commission de l’Union africaine (Ua) qui fait rage –pas seulement à l’intérieur des frontières du continent ! Cinq candidats sont en lice pour cette course étroitement suivie qui génère déjà ce qui semble être une grande stratégie diplomatique africaine impliquant des acteurs de tous les secteurs de la société qui, dans un passé récent, n’auraient même pas relevé un tel processus.

Les candidats sont: la ministre des Affaires étrangères du Botswana, Pelonomi Venson-Moitoi, le ministre des Affaires étrangères de Guinée Équatoriale, Agapito Mba Mokouy, le ministre des Affaires étrangères du Tchad, Moussa Faki Mahamat, l’universitaire sénégalais, Abdoulaye Bathily et la ministre des Affaires étrangères du Kenya, l’ambassadeur (dr) Amina Mohammed.

La course, qui sera tranchée à la fin janvier 2017 à Addis-Abeba lors du Sommet des Chefs d’état et de gouvernement de l’Union africaine, intervient à un moment où l’Afrique est perçue par beaucoup comme en voie de devenir un grand acteur dans les affaires internationales. Tous les postes-clés pour diriger l’Ua sont à prendre.

Sous ce rapport, le simple fait qu’il y ait une si intense compétition et attention autour d’eux confirme un autre pari, à savoir que l’Afrique semble enfin prendre au sérieux la nécessité de permettre que sa principale instance de coopération politique et économique puisse montrer la voie pour aller de l’avant dans un continent désormais analysé même par les plus cyniques observateurs comme étant sur une pente montante. Elle n’est plus qualifiée de continent sans espoir, comme certains avaient eu le toupet de la définir il n’y a guère longtemps, même si le discours sur une Afrique montante a, quelque part, perdu au change à la suite de la baisse vertigineuse des prix des matières premières qui soutenaient les économies de plusieurs de ses pays riches en ressources naturelles.

En fait, nous sommes en face d’un continent ayant un nouveau narratif. Qui le différencie de ce qui se passe ailleurs. Beaucoup d’autres régions dans le monde traversent des passes difficiles. Ces transitions concernent l’Amérique qui retourne derrière les deux océans qui la couvent en raison des politiques protectionnistes promises par son Président-élu, Donald Trump; un continent européen confronté à une économie affaiblie et au coup de fouet du Brexit aux tentations irrédentistes en son sein; et même une Asie, maintenant faisant face aux défis de conflits internes prospectifs entre ses principales nations.

L’Afrique n’a non plus rien à faire avec un Moyen Orient toujours travaillé par le lancinant conflit entre Israël et ses voisins arabes alors que l’Amérique latine, l’autre région du monde, n’a pas fini de surmonter son long déclin depuis qu’elle fut larguée après la première révolution industrielle.

Pour l’Afrique, c’est une autre, une histoire différente, qui se déroule, malgré les tensions politiques qu’elle connait toujours çà et là. Dans l’ensemble, sa situation est celle d’un continent où des ressources naturelles toujours plus abondantes sont découvertes partout en son sein; les ressources humaines sont un actif inégalé en termes de dividende démographique; le progrès économique, même dans les pays sans ressources naturelles; le tout renforcé par une compréhension plus claire de ce que l’Afrique doit faire pour revendiquer le 21ème siècle.

Le tableau d’ensemble qui se présente devrait forcer tous les commentateurs et acteurs impliqués dans ce processus si important consistant à élire la personne qui dirigera l’Ua afin qu’elle puisse traverser les différentes étapes pour agir avec sagesse. La plus petite erreur ou une mauvaise appréciation des enjeux pourrait en réalité mener l’Afrique à rater ce qui est une opportunité en or…


(Suite et fin demain)

ADAMA GAYE,

Journaliste et essayiste sénégalais, auteur de : « Demain, la nouvelle Afrique!», Éditions l’Harmattan, Paris.

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