Showbiz: Larry Cheick s’en est allé comme une symphonie inachevée

Showbiz: Larry Cheick s’en est allé comme une symphonie inachevée

La grande faucheuse a encore frappé le monde du showbiz ivoirien. Larry Cheick, l’une des valeurs sûres du reggae ivoirien, est décédé hier vendredi aux environs de 15H00, au Chu de Cocody. Hospitalisé d’urgence dans ce centre hospitalier le 1er juillet au petit matin, le chanteur reggae n’est pas sorti du coma dans lequel il était plongé. On le savait diabétique.

Cette maladie lui a valu l’amputation d’une jambe. Après l’opération qui a été prise en charge par l’Etat de Côte d’Ivoire, le père de ‘’Férima’’, ‘’Code pénal’’, ‘’Djamanan’’, ses chansons cultes, avait repris goût à la vie. Il était de plus en plus présent sur la scène musicale lors de festivals et  de spectacles d’artistes reggae. Il s’était remis de son mal et projetait même son retour, pour très bientôt, avec un nouvel album. Hélas, le mal qui était revenu à la charge depuis quelques mois a fini par avoir raison de lui.

Plongeant ainsi la grande famille de la Culture dans la tristesse. « C’est une grosse perte pour nous tous. On avait espoir que les choses iraient mieux, mais Dieu en a décidé autrement. Nous ne pouvons que prier pour le repos de son âme », confie Guy Mimi, son manager.

Cheick Konaté, son ami et frère de tous les jours, est lui aussi inconsolable. « Lorsque Larry s’envolait pour la France il y a quelque temps, pour mastériser son nouveau single, on ne s’imaginait pas que son retour serait aussi douloureux. Aujourd’hui, nous sommes sans voix. De gros projets étaient en cours pour son grand retour sur la scène musicale. Hélas… ! », révèle-t-il la gorge nouée par l’émotion.

Il faut noter que c’est en 1984 que Seydou Diabaté, alias Larry Cheick, se révèle aux mélomanes ivoiriens avec la sortie de son premier album intitulé ‘’Sarajevo Crime’’. Le titre ‘’Massa’’ confirme son talent qu’il avait affiné dans les cabarets où il jouait avec sa guitare et ensuite avec l’ex-Solar System qui avait rompu avec Alpha Blondy. Ensemble, ils fondent le groupe ‘’Reggae Roots’’ au début des années 1980.

Par la suite, il s’engage dans une carrière solo, couronnée par 5 albums et un single. A chaque sortie d’album, Larry Cheick connaît le succès. L’album ‘’Code Pénal’’ (1993) bat le record de longévité des hits parades sur radio Africa N° 1 avec en prime, une nomination aux ‘’Africa Music Awards’’. Une année plus tard, en 1994, il réalise un autre succès: ‘’Les 10 commandements de Dieu’’. ‘’Procès’’,  ‘’Back to school’’, un single (2002) et un Best Of en 2013 complètent l’ensemble de la discographie de ce talentueux artiste dont le message (la justice, la légalité et l'égalité, la liberté, l’unité, l ‘éducation), qui baigne dans une musique reggae très influencée par les sonorités africaines, traverse le temps.

Le monde de la culture retiendra de Larry Cheick, sa foi, son humilité, sa modestie, son respect profond d’autrui. Des valeurs qu’il avait érigées en principe de vie durant tout son séjour sur la terre des hommes. Adieu l’artiste !

SERGES N’GUESSANT