Fêtes de fin d’année: Floraison de commerces spontanés aux abords des grandes voies

Fêtes de fin d’année: Floraison de commerces spontanés aux abords des grandes voies

Samedi 22 décembre 2018. Devant l’église Sainte Monique du Plateau-Dokui, à la sortie de la messe de 18h30 min, un petit monde s’affaire autour d’une vendeuse de vaisselles (assiettes, verres, cuillères, fourchettes...). De l’autre côté de la route, une autre vendeuse s’est installée à même le sol. Avec devant elle, un parterre de paires de pantoufles et d’autres paires de chaussures. «Ici, c’est moins cher ! Venez choisir vos chaussures pour vous saper à la fête de Noël. Il s’agit de prix cassé», lance-t-elle aux passants.

Un peu plus loin, aux abords de la voie qui mène du rond-point vers la route du zoo, nombreux sont les nouveaux commerçants qui ont pris d’assaut les trottoirs, avec des articles exposés, soit sur des étals, soit par terre. Il s’agit de sapins, d’objets de décoration, des guirlandes, des chapeaux de père Noël, des rideaux, etc.

Dans la même zone, derrière la station de bus communément appelée «Arrêt Dokui», une nouvelle boutique ne passe pas inaperçue, quand bien même, elle ne porte pas d’enseigne. Les couleurs vives et chatoyantes qui ont servi à peindre la devanture, attirent l'attention du client au premier coup d’œil.

Des produits de saison…

Devant, tout comme à l’intérieur, se superposent une pile de marchandises. Entre autres, des jouets. Une nouvelle boutique ? «Oui et non à la fois», répond la gérante. «Nous sommes-là depuis un bon moment. Mais nous vendons des produits de saison», dit-elle. Puis de poursuivre: «à la veille des fêtes de fin d’année, nous faisons la part belle aux jouets. Pendant la Saint-Valentin, nous allons miser sur des produits pour célébrer l’amour».

Autre lieu, même décor presque ! Adjamé-liberté. Ici, le petit commerce a pignon sur rue. A quelques jours des fêtes de fin d’année, il a gagné en intensité. Du fait du nombre de commerçants qui a plus que doublé. De sorte qu’il est difficile d’emprunter le trottoir bien aménagé pour les piétons, depuis un bon moment. «Il est tellement surchargé par les commerçants installés dans la pagaille qu’il est difficile de se frayer un chemin», surtout la nuit tombée, se plaignent constamment les piétons.

Yopougon, la plus grande commune de Côte d’Ivoire (environ 5 millions d’habitants), n’échappe pas au phénomène. En témoigne, le carrefour Bel-Air, à l’entrée du quartier Résidentiel. Ici, règnent en roi sur les trottoirs, des vendeurs de poulets, de friperie... On remarque qu’il y a la même pagaille aux alentours du marché  de «Nouveau quartier». Tout comme, au niveau du feu tricolore du complexe Jesse Jackson. Ici, on trouve un peu de tout: jouets, gadgets, poulets, habits, etc.

De bonnes affaires ?

A propos des raisons à la base de ce commerce occasionnel, Franck Kouadio qui affirme qu’il est «devenu commerçant pour la circonstance», installé non loin du Rond-point du Plateau-Dokui, explique qu’il «cible des endroits où il y a du monde, donc de potentiels acheteurs». Il ajoute qu’il débute son activité vers 18h, au moment où les travailleurs rentrent à la maison. «En moyenne, chaque nuit, j’écoule au moins une quinzaine d’articles», dit-il.

Toujours au Plateau-Dokui, certains clients, compte tenu de la faiblesse de leur pouvoir d’achat, estiment qu’il vaut mieux «se procurer, en ces lieux, des jouets aux petits prix, plutôt que dans les supermarchés qui pratiquent des prix exorbitants. Mieux, c’est à côté de ma maison. Je ne paye pas de transport. Et j’évite tous les problèmes liés au transport, casse-tête chinois actuellement».

Mlle Koné, une étudiante en année de BTS explique: «comme c’est la traite des commerçants, il faut en profiter pour se faire un peu d’argent. Vous savez à cette période, on écoule facilement les produits. Car, c’est le moment où les Ivoiriens dépensent sans compter». Elle indique que chaque année, à la même période, elle exerce cette activité. «Je m’en tire à bon compte. Très lucrative, je peux gagner deux ou trois fois ce que j’investis», dit-elle.

Sans acte de commerce

Mais, certains de ses «collègues» estiment que «cette année, ces affaires ne semblent pas trop bouger». C’est le cas de ce jeune élève rencontré au Plateau-Dokui. Vendeur pendant ces congés de Noël, il explique qu’à la même période, l’an passé, il avait enregistré deux ou trois fois plus de flux financiers. Mais loin de désespérer, et fort de son expérience, il explique que «les Ivoiriens aiment acheter dans les ultimes moments». Par conséquent, il espère rentrer dans ses fonds, prêtés par ses parents. Mieux, il s’attend à «des bénéfices».

Ce qu’il faut souligner, c’est que comme un jeune vendeur qui affirme qu’il fait ce boulot «juste pour le moment» et «sans aucun papier», la plupart des commerçants occasionnels exercent dans l’illégalité. C’est-à-dire, sans aucun acte de commerce. Par ailleurs, en s’installant sur le domaine public impunément, il est clair qu’ils se mettent à dos la loi. Par conséquent, s’exposent à la rigueur de celle-ci.

Marcel APPENA
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