Cour d’appel de Bouaké: Le premier président plaide pour la construction d’un siège
C’était à l’occasion de l’audience solennelle de rentrée de la Cour d’appel de Bouaké, en présence de Bernard Kouassi, directeur de cabinet, représentant le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Sansan Kambilé.
En effet, la Cour d’appel est logée, depuis sa réouverture en 2012, dans un bâtiment situé dans l’enceinte des établissements Robert Gonfreville, un ensemble d’unités de fabrication de produits textiles toujours en activité. « Ce bâtiment qui abritait à l’origine les services administratifs d’une petite unité de production, est devenu trop exigu pour accueillir nos services. Si bien que la salle d’audiences et les bureaux de certains présidents de la chambre et conseillers se trouvent dans l’enceinte du tribunal de première instance à six kilomètres du bâtiment de la Cour », a-t-il déploré.
A l’en croire, à la difficulté du cadre de travail, s’ajoute l’insuffisance du personnel. La Cour d’appel de Bouaké, a-t-il révélé, ne compte que neuf présidents de chambre pour seulement cinq conseillers. Pour ce qui est des greffiers, de 12 l’année dernière, le nombre a été réduit à 10 cette année.
Malgré ces conditions difficiles de travail, la Cour, au titre de l’année judiciaire 2017-2018, a tout de même rendu, en matière correctionnelle, 446 arrêts contre 174 au cours de l’année précédente. La chambre d’accusation a rendu 225 en 2017-2018 contre 116 l’année dernière. Ce travail abattu par le personnel a permis d’obtenir trois distinctions en fin d’année judiciaire, dans le cadre du prix d’excellence.
C’est pourquoi en installant ses nouveaux collaborateurs, Thaïrou Dembélé les a rassurés qu’ils intègrent une véritable famille judiciaire, même si les conditions de travail ne sont pas toujours favorables.
Dans son réquisitoire, le parquet général s’est intéressé à la « dénonciation calomnieuse ». Pour Séri Balet Patrick, procureur général près la Cour d’appel de Bouaké, la dénonciation calomnieuse est passible de poursuite judiciaire. « Avec les nouvelles technologies, cette situation tend à se généraliser », a-t-il alerté.
CHARLES KAZONY
CORRESPONDANT REGIONAL