Célébration du 14 février : Pas d’engouement pour la Saint-valentin à Soubré

Célébration du 14 février : Pas d’engouement pour la Saint-valentin à Soubré

Célébration du 14 février : Pas d’engouement pour la Saint-valentin à Soubré


Cette année, la saint-valentin, la fête des amoureux, ne connait pas d’engouement dans la capitale de la Nawa. Et pourtant, il y a quelques années de cela, à cette date, la ville était parée aux couleurs de l’amour, à savoir le rouge ou encore le rose. Ainsi, la saint-valentin, s’annonçait en grande pompe.


Des commerçants appelant les amoureux à visiter leurs boutiques, rivalisaient d’ingéniosités et d’imagination dans la décoration de leur boutique pour tenter les clients. Certains, faisaient même leur chiffre d’affaire de d’année lors de cette période. Hélas. Ils sont bien loin ces jours heureux.


Dans la mi-journée de ce 14 février, un tour au centre ville, nous a permis de constater que, les gens, vaquent dans les rues de la capitale de la boucle du cacao, plus préoccupés par leur gain quotidien que par une autre fête source de dépense. Comparativement aux années précédentes, l’engouement dans les différents marchés de la ville, les boutiques et autres magasins, jadis, bondé de monde en cette même période de l’année, est morose.


A Soubré, il n’y a même pas une banderole dans la ville qui annonce une retrouvaille pour cette fête des amoureux. Aussi, cette année, les jeunes d’habitude très excités de célébrer l’événement, ne se sont pas également empressés dans les marchés, magasins et boutiques pour l’achat d’habits, de chaussures de bouquets de fleurs de ceintures etc. c’est le cas de l’un des plus grands magasins de friperies de la ville où, Charles Kakou, vendeur, attend impatiemment les fidèles clients. « Ma patronne a renouvelé le stock pour la saint-valentin, les habits ne font pas défaut, c’est plutôt les clients qui sont absents. La marchandise ne marche pas comme par le passé. Cette année, les clients se comptent du bout des doigts. Je n’ai même pas vendu 3 robes depuis ce matin. La saint-valentin de cette année n’est pas comme celle de l’année passé », regrette -t-il.


Au petit marché du quartier « Château », même son de cloche, la population ne se bouscule pas pour acheter des cadeaux pour les offrir à leur amoureux. Ali Béré, vendeurs d’objets décoratifs, affirment n’avoir pas enregistré beaucoup d’acheteurs  « Des clients viennent juste demander le prix des articles et repartent aussitôt, j’ai fais venir de la marchandise d’Abidjan, ca ne sort même pas. Tout le stock est encore dans l’arrière du magasin. J’espère que jusqu’au soir, les clients vont venir», espère le jeune homme.


De nombreuses personnes attribuent ce manque d’engouement aux événements qui ont secoué la ville il y a plus d’une semaine, suite au grave incendie qui a ravagé le marché central, avec les violences qui ont suivi. « Le marché est devenu cher, le prix des denrées alimentaires à grimpé depuis que le grand marché a pris feu », déclare Sylvie Koffi, coiffeuse. « Avant l’incendie, le marché de Soubré même était cher. La situation s’est aggravée depuis une semaine avec l’incendie du grand marché », explique la jeune dame.


Principal lieu de ravitaillement, le marché central de Soubré, était le lieu le plus fréquenté de la capitale de la Nawa. Les gens venaient s’approvisionnement en produits de première nécessité et de tous genre. Depuis la nuit du drame, le bruyant espace a laissé place à des tas de briques sur lesquels les commerçants essaient tant bien que mal de s’installer.


Pour M. Honoré Félix, comptable dans une structure de la place, cette année, l’engouement de la saint-valentin a considérablement baissé à cause certainement des précédentes fêtes de fin d’année «  après les dépenses de noël et du nouvel an, ajoutées à celles relatives à la rentrée scolaire, de nombreux parents ne veulent plus subir d’autres poids social notamment les dépenses imprévues liées à la Saint-valentin que l’on peut certainement éviter », a-t-il- précisé.


Si certain se réjouissent de cette journée spéciale, d’autres ont des réserves «  cette fête n’a même pas sa raison d’exister  si j’aime réellement ma femme, à quoi bon attendre le jour de la saint-valentin pour lui offrir des cadeaux ? », s’interroge Séverin Gohi. Et d’ajouter « cette fête profite non pas aux femmes à la maison mais plutôt à celles qui sont au dehors car elles sont plus exigeantes ». Enfin, pour David Adou, la vingtaine, jeune étudiant, le 14 février se fête la nuit.


Le jeune-homme, dit avoir pris rendez-vous avec sa petite-amie dans un coin chaud de la ville pour célébrer cette journée spéciale. «  ca fait 2 ans que ma copine et moi sommes ensemble. J’ai acheté une belle paire de chaussure pour elle », dit-il tout souriant et apparemment impatient de retrouver sa bien-aimée.


L’origine réelle de la saint-valentin est attestée au XIV e siècle dans la Grande-Bretagne encore catholique où le 14 février était fêté comme une fête des amoureux, car l’on pensait que les oiseaux choisissaient ce jour pour s’apparier. Restée vivace dans le monde anglo-saxon, cette fête s’est ensuite répandue à travers le monde.


BRIGITTE P. N’GUESSAN
CORRESPONDANTE REGIONALE

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