FCFA : Supputation sur une probable dépréciation de la monnaie

FCFA : Supputation sur une probable dépréciation de la monnaie

FCFA : Supputation sur une probable dépréciation de la monnaie

Depuis un moment, la folle rumeur d’une deuxième dévaluation du Franc de la communauté financière africaine (Fcfa) a envahi la toile. Et selon ces « prévisionnistes », l’heure de cette deuxième récession économique, si on peut le dire ainsi, est imminente et se fera jour dans les plus brefs délais.  Des informations à couper l’appétit à ceux qui ont déjà vécu la dévaluation de 1993-1994, juste après la mort du premier Président de la République de Côte d’Ivoire.

En réalité la zone de l’Union économique ouest africaine (Uemoa) est en pleine essor, et elle a résisté aux chocs exogènes, au moment où d’autres régions croulaient sous le poids des inflations et des dettes en raison de la chute des cours des matières premières agricole et du pétrole. L’exemple le plus plausible est le Nigeria. Ce pays a connu une inflation spectaculaire en juin 2016. La Nairas a chuté, la devise est passée de 249 à 265 nairas pour un dollar, alors qu’elle était à 197-199 Nairas pour un dollar. Cette dévaluation qui a fait baisser la valeur de la monnaie nigériane de 30% a eu des conséquences sur l'activité des entreprises appartenant au milliardaire nigerian Aliko Dangoté. Qui a perdu en une journée 1850 milliards Fcfa.

Bref, il faut dire que, contrairement à la zone Uemoa, la zone de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), utilisant également le Fcfa ne se porte pas totalement bien économiquement. Un ralentissement économique est observé, matérialisé par un probable repli de la croissance, initialement projeté à 1,5%. Dans cet espace, la chute des cours du pétrole a considérablement affecté l’économie de la plupart des pays de la zone (Gabon, au Congo, en Guinée équatoriale, au Tchad).

De ce fait l’interchangeabilité du Fcfa de l’Uemoa et de celui de la Cemac, ou encore l’unification des comptes entre les deux communautés ne pourraient-elles pas  empêcher la dépréciation du Fcfa? Une question qui peut susciter l’espoir eu égard au commentaire du ministre français des Finances et des comptes publics d’alors, Michel Sapin. Qui soutenait, après une audience avec le Président de la République Alassane Ouattara en avril dernier, que la zone du Franc de la communauté financière africaine (Fcfa) affichait une stabilité.

Kamagaté Issouf

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