Présidence MUGEFCI/Mesmin Komoé : "Il faut que le PCA sortant, Soro Mamadou se retire"

Présidence MUGEFCI/Mesmin Komoé : "Il faut que le PCA sortant, Soro Mamadou se retire"

Présidence MUGEFCI/Mesmin Komoé : "Il faut que le PCA sortant, Soro Mamadou se retire"

Mesmin Komoé, secrétaire général du Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits (MIDD) et vice-président du conseil d’administration sortant de la Mutuelle générale des fonctionnaires de Côte d'Ivoire (MUGEFCI) est candidat au poste de la présidence du conseil d’administration (Pca) de ladite mutuelle avec la liste égalité-solidarité. Dans cette interview, il estime que Soro Mamadou est inéligible pour avoir fait deux mandats à la tête de la mutuelle. Se définissant comme l’homme qu’il faut pour diriger la mutuelle, il présente des innovations qu’il compte apporter  une fois élu.

Qu’est-ce qui motive votre candidature quand on sait que vous faites partie de la gestion de Soro Mamadou dont vous dénoncez la candidature.

Il serait abusif de dire qu’on fait partie de la gestion de Soro Mamadou. C’est la gestion collégiale de tout un groupe parce que le conseil d’administration de la MUGEFCI compte dix membres. C’est l’ensemble des membres du conseil qui a construit un certain nombre de projets validés par l’Assemblée générale. Qui malheureusement n’ont pas pu être exécutés. Pour nous, il est bon qu’en assurant la continuité, on puisse mettre en place l’ensemble de ces projets.  La mise en place de cette continuité nécessite un certain nombres de sacrifice de la part des personnes qui au regard des textes  ne peuvent plus continuer l’aventure avec nous. C’est le cas du président sortant Soro Mamadou. Donc il faut qu’il se retirer et je crois que ce sera tant mieux pour nous tous.

Sur quelle base réclamez-vous le retrait de Soro Mamadou?

Nos fondements sont très simples. Il s’agit de l’article 32 des statuts. Je  voudrais rappeler que les élections à la Mugefci  ne sont pas régies par un guide électoral comme je l’ai lu dans certaines presses. Nos fondements sont nos statuts. L’article 32 dispose et je cite : « Dans tous les cas, aucun administrateur ne peut exercer plus de deux mandats ». Et en la manière il n’y a pas d’exception possible. Il ne s’agit pas de regarder la qualité du mandat exercé ou dans les conditions dans lesquelles le mandat s’est exercé. Il s’agit plutôt de comptabiliser pour voir  si un individu a exercé ces deux mandats. Le camarade Soro Mamadou a exercé un premier mandat dans le conseil d’administration de 2002 à  2004 où il a été malheureusement remercié. Par la suite, il a exercé un deuxième mandat qui est en train de s’achever maintenant de 2013 à 2017.

Vous dites qu’il a été remercié, cela sous entend qu’il n’a pas pu achever le mandat.

Les textes ne disent pas qu’un mandat non achevé n’est pas un mandat. Qu’il soit achevé ou pas c’est un mandat parce que pendant la période de votre mandature, vous avez reçu des émoluments et pris des décisions qui ont engagés la Mugefci. Par exemple, un chef d’Etat  ne dira pas qu’il n’a pas été Chef d’Etat dès lors qu’il y a eu un coup d’Etat et il n’est pas arrivé a terme de son mandat.

Que proposez-vous de de nouveau?

Il y a deux points fondamentaux qui sont essentiels pour nous. Le premier, c’est la promotion des valeurs mutualistes. Il va falloir faire l’exercice sur nous même pour transformer notre solidarité imposée en une solidarité volontaire véritablement mutualiste. Nous allons  également améliorer et faciliter le système des prestations et les moderniser.

C’est pour cela que nous avons décidé de mettre en place la carte unique d’accès aux prestations. Ce sera une carte intelligente à puce. Elle va permettre d’une part servir de carnet de santé des travailleurs. Et d’autre part faciliter l’accès aux prestations.

L’injustice qui frappe le fonctionnaire stagiaire nous tient à coeur. Pour certains, après la période de stage probatoire, c’est trois ou quatre après qu'ils perçoivent leur rappell. Pendant toute cette période, ils sont malheureusement soumis a un délai de carence. Ils n’ont pas droit aux prestations. Pourtant, lorsqu'ils perçoivent leur rappel, la Mugefci fait un rappel de l’ensemble de ses cotisations sur cette période de trois ou quatre ans. C’est une injustice flagrante  que  nous allons régler.

Nous allons voir avec les autorités pour que  l’accès à la couverture maladie universelle (Cmu) soit possible dans l’ensemble des hôpitaux. Nous allons trouver des solutions aux cas de maladies chroniques dont souffrent les fonctionnaires.  Ces maladies sont dues au stress, au manque d’hygiène notamment le cadre de vie et alimentaire. Nous allons à ce niveau  mettre un système pour pouvoir accroitre la capacité de résilience des fonctionnaires (logements, retraite active…). Nous envisageons la mise en place d'un fonds que  nous allons faire  adosser à une banque. A la longue nous transformerons notre micro crédit (Mucrefci) en une véritable banque. Et cela, pour faciliter l’accès aux services financiers aux fonctionnaires à la retraite comme en service.

A propos de la question des retraités qui pour nous est fondamentale, nous allons lutter pour la mise en place de centres de gériatrie pour prendre en charge les personnes du troisième âge de façon spécifique. Là où ils peuvent venir se rencontrer échanger, se parler et se soigner en toute quiétude.

Nous avons aujourd’hui huit mutuelles qui ont des hôpitaux qui travaillent de façon disparate. Est-ce une faiblesse ?

Effectivement, il y a huit mutuelles qui disposent d’hôpitaux qui malheureusement ne sont pas en réseau. C’est pour cette raison que nous allons développer l’esprit de réseau mutualiste. A travers ce partenariat nous allons créer d’autres hôpitaux mutualistes.

Vous êtes issu du corps enseignant (Instituteurs). Comment convaincre les autres corps?

Après avoir fait beaucoup à la tête du MIDD, et d’autres expériences  acquises ici et ailleurs,  nous allons nous mettre à la disposition de l’ensemble des fonctionnaires  et agents de l’Etat qu’ils soient en activité ou a la retraite.
Je voudrais inviter les fonctionnaires à nous faire confiance. Nous avons ardemment contribué pour que l’ensemble des fonctionnaires ne bénéficiant pas puissent avoir les 150 points d’indice.
Nous n’étions pas véritablement concerné par la question mais nous l’avons fait. Nous voulons rassurer les fonctionnaires que nous ne venons pas pour privilégier un groupe au détriment d’un autre. Pour nous le dénominateur commun que nous avons, c'est que nous sommes fonctionnaires de l’Etat.
Que les fonctionnaires et agents de l'Etat viennent donc contribuer à la vie de la mutuelle. En tout cas, nous estimons que le meilleur groupe en la matière est le groupe solidarité-égalité que nous conduisons.

Jean Tigane Bavane