Abolition de l’esclavage : Une commémoration à valeur thérapeutique
Abolition de l’esclavage : Une commémoration à valeur thérapeutique
Ouvrant officiellement la Journée mémoire qui s’est tenue le 10 mai à l’institut français d’Abidjan et qui commémore l’abolition de l’esclavage, SEM. Georges Serre, ambassadeur de France en Côte d’ivoire, a salué l’initiative de l’association des antillais et Guyanais de Côte d’ivoire. Une initiative qui, selon lui, « donne l’occasion aux uns et aux autres de se souvenir de cet épisode marquant de l’histoire de l’humanité ». L’ambassadeur de France n’a pas manqué de rappeler aux participants l’importance que son pays accorde à cette commémoration qui, loin d’être un simple refus de l’oubli, trouve sons sens dans une vision thérapeutique : « Nous soutenons les actions que mène l’Association des Antillais et Guyanais de Côte d’Ivoire (Aag-CI), et demandons à tous, de les soutenir pour la réussite de cet événement », a-t-il invité.
Avant de dire sa joie de voir l’institution de cette journée commémorative. Organisée sous le thème : « Traite et esclavage : Refus de l’oubli », cette journée qui a enregistré la présence de plusieurs personnalités du monde des arts et lettres dont les Pr amoa urbain et Séry bailly ainsi que des spécialistes tels que paul Dagri, Alain Babaud et Annick Assémian a été pour Joceline Sarant Kpokpa, présidente de l’Aag-Ci, l’occasion de rappeler l’objectif de la rencontre : « Ces journées constituent une forme de thérapie pour les peuples africains, antillais et guyanais qui ont subi pendant plus de 400 ans l’esclavage ». Pour elle, « il revient aux victimes de retracer leur histoire en vue de la faire connaître à l’humanité et plus singulièrement à la jeune génération en vue de panser les plaies du passé pour mieux construire l’avenir », a-t-elle dit, avant de donner quelques précisions : « C’est nous qui devons chercher à savoir notre histoire ».
Après la cérémonie d’ouverture officielle, la commémoration a enregistré plusieurs activités jusqu’aux environs de 20 heures. Marquée par une grande exposition de photographies retraçant l’histoire de l’esclavage, une présentation de tenues vestimentaires des peuples à l’honneur et la présentation d’ouvrages d’auteurs antillais et guyanais, tels aimé Césaire, Maryse Condé, Franz Fanon ou Joseph Zobel, la rencontre a enregistré une conférence débat animée par le Pr Kouamé, titulaire à l’Ufr d’histoire à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, sur le thème : « La lutte des esclaves : les formes de lutte et leurs conséquences ».
Projeté à l’auditorium de l’institut français, le film de Solomon northup, intitulé « Douze ans d’esclavage » a suscité beaucoup d’émotion. Inspirée de scènes de vie authentiques, l’histoire situe le spectateur en 1840 où northup, un afro-américain libre (Free negro, en anglais), est enlevé et vendu comme esclave dans une plantation en Louisiane.
L’homme subit toutes les vicissitudes et les humiliations d’esclave jusqu’au jour où certains maîtres oeuvrent pour sa mise en liberté. Présenté au festival du film de telluride, le film est positivement accueilli par les critiques.
Après le people’s choice award du festival de Toronto, il reçoit l’oscar du meilleur film du cinéma en 2014 où il a été cité dans huit autres catégories.
Il remporte aussi l’Award du british Academy film. Liguer Lobouhet, marraine de la cérémonie, s’est félicitée de l’organisation de l’événement. Elle a rappelé que la France est le premier état et demeure le seul qui, à ce jour, a déclaré l’esclavage et la traite négrière comme Crime contre l’humanité. « La France est également le seul État à avoir décrété une journée nationale de commémoration », a-t-elle dit.
BRIGITTE GUIRATHÉ