Retrait du Tchad de la CPI : Un nouveau coup dur pour l’institution

Le Président tchadien, Mahamat Deby Itno
Le Président tchadien, Mahamat Deby Itno
Le Président tchadien, Mahamat Deby Itno

Retrait du Tchad de la CPI : Un nouveau coup dur pour l’institution

Le 27/07/26 à 15:10
modifié 27/07/26 à 18:55
Le gouvernement tchadien a notifié le 27 juillet 2026, au Secrétariat général des Nations unies « sa décision souveraine de se retirer du Statut de Rome et de la Cour pénale internationale (Cpi) ». Sans donner de détails sur l’incident déclencheur, le Tchad présente ce retrait comme un acte de défense de sa souveraineté.

Le discours rejoint celui déjà tenu par le Mali et le Burkina Faso, les deux autres pays de l’Aes, qui accusent la Cpi de partialité et d’"instrumentalisation politique".

Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, le retrait ne prendra effet que dans 1 an, soit le 27 juillet 2027*. D’ici là, le Tchad reste lié par ses obligations. La Cpi conserve donc sa compétence pour enquêter et juger les crimes présumés commis sur le territoire tchadien ou par des ressortissants tchadiens avant la date effective du retrait.

Au plan diplomatique, le N’Djamena rejoint officiellement le "club" des États africains ayant quitté la Cour. Après le Burundi en 2017, le Mali et le Burkina Faso en 2024, le retrait du Tchad isole un peu plus l’Afrique de l’Ouest et du Centre de la juridiction de La Haye.

Cela risque de tendre les relations avec l’Union européenne et plusieurs Ong qui financent des projets de justice et de droits humains au Tchad.

En interne, le gouvernement gagne en marge de manœuvre face aux enquêtes internationales sur la conduite des forces de défense et de sécurité. Mais il perd aussi un levier de coopération judiciaire internationale contre les groupes armés transfrontaliers qui sévissent au Sahel.

De son côté, la Cpi perd un 3e État africain en moins de 2 ans. Avec 125 États parties, elle reste majoritaire, mais son ancrage en Afrique — où se situent la majorité de ses enquêtes — s’érode encore. Cela renforce le narratif d’une Cour "délaissée par l’Afrique".

Le retrait prive la Cour d’un partenaire de coopération sur le terrain pour les arrestations, la collecte de preuves et la protection des témoins dans la région du Lac Tchad et au Sahel. Cela complique l’exécution de mandats d’arrêt.


Le 27/07/26 à 15:10
modifié 27/07/26 à 18:55