Union africaine : Abidjan ouvre le chantier du financement industriel africain

Le ministre Adama Coulibaly a appelé les États africains à mobiliser des financements innovants pour accélérer l'industrialisation du continent.
Le ministre Adama Coulibaly a appelé les États africains à mobiliser des financements innovants pour accélérer l'industrialisation du continent.
Le ministre Adama Coulibaly a appelé les États africains à mobiliser des financements innovants pour accélérer l'industrialisation du continent.

Union africaine : Abidjan ouvre le chantier du financement industriel africain

Le 24/07/26 à 07:45
modifié 24/07/26 à 08:11
Réunis à Abidjan dans le cadre de la session conjointe des Comités techniques spécialisés de l'Union africaine, des ministres, responsables d'institutions financières et partenaires au développement ont plaidé pour des mécanismes de financement innovants afin d'accélérer l'industrialisation du continent.

La Côte d'Ivoire a mis en avant son expérience économique et appelé à une mobilisation collective autour de quatre axes prioritaires.

Abidjan accueille, pendant quatre jours, la session conjointe du 9e Comité technique spécialisé (CTS) sur les Finances, les Affaires monétaires, la Planification économique et l'Intégration, et du 5e CTS sur le Commerce, le Tourisme, l'Industrie et les Ressources minérales de l'Union africaine (UA).

La cérémonie d'ouverture de la session ministérielle s'est tenue le jeudi 23 juillet 2026, sous la présidence du ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé.

La rencontre réunit plusieurs ministres africains, des représentants de banques de développement, des partenaires techniques et financiers ainsi que des délégations des États membres de l'Union africaine autour d'une question centrale : comment financer durablement l'industrialisation du continent.

Les participants ont planché sur les mécanismes susceptibles de combler le déficit de financement de l'industrialisation en Afrique.
Les participants ont planché sur les mécanismes susceptibles de combler le déficit de financement de l'industrialisation en Afrique.



Quatre leviers pour combler le déficit de financement

Dans son discours d'ouverture, Adama Coulibaly a appelé les États africains à faire du financement de l'industrialisation un pilier de leur stratégie de transformation économique. Face aux défis liés aux tensions géopolitiques, au coût élevé du capital et aux perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, il a préconisé des solutions innovantes structurées autour de quatre axes : la mobilisation accrue des ressources intérieures, le développement des marchés financiers, le recours aux partenariats public-privé et la promotion de l'épargne de long terme.

Selon le ministre, l'Afrique devra mobiliser près de 400 milliards de dollars par an d'ici à 2030 pour financer sa transformation structurelle.

Prenant l'exemple de la Côte d'Ivoire, il a indiqué que le pays a enregistré une croissance estimée à 6,6 % en 2025, avec une projection de 6,2 % en 2026, tout en ramenant son déficit budgétaire à 3 % du PIB. Il a également rappelé que le Plan national de développement (PND) 2026-2030 prévoit des investissements de 114 838,5 milliards de FCFA, dont 70,2 % devraient provenir du secteur privé.

L'industrialisation présentée comme une nécessité

Le ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, Kalil Konaté, a estimé que les mutations économiques mondiales, la transition énergétique, la révolution numérique et l'intelligence artificielle rendent indispensable une transformation profonde du modèle économique africain.

La cérémonie d'ouverture a réuni des membres du gouvernement ivoirien, des ministres africains, des représentants de banques de développement et des partenaires internationaux.
La cérémonie d'ouverture a réuni des membres du gouvernement ivoirien, des ministres africains, des représentants de banques de développement et des partenaires internationaux.



Pour lui, le continent doit désormais miser sur l'industrialisation afin de créer davantage de valeur ajoutée et renforcer sa compétitivité. Cette ambition, a-t-il souligné, ne pourra toutefois se concrétiser sans des mécanismes de financement adaptés et inscrits dans la durée.

Mobilisation des ressources et gouvernance économique

Les partenaires internationaux ont également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de financement du continent.

Le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), Claver Gatete, a rappelé que les crises récentes ont démontré la fragilité des économies peu industrialisées. Il a plaidé pour une meilleure mobilisation des ressources intérieures, une coordination renforcée des politiques publiques et des investissements orientés vers les secteurs productifs.

Intervenant au nom de la Banque africaine de développement (BAD), la vice-présidente principale, Marie-Laure Akin-Olugbade, a souligné que l'industrialisation demeure un moteur essentiel de création d'emplois, d'amélioration de la productivité et de renforcement de la résilience économique.

Pour sa part, la directrice générale du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), l'ambassadrice Marie-Antoinette Rose Quatre, a annoncé le lancement officiel de l'Agence africaine de notation de crédit (AFRA), prévu le 6 octobre 2026 à Port-Louis, à Maurice. Cette nouvelle institution ambitionne d'améliorer l'évaluation du risque africain et de contribuer à réduire le coût du financement des économies du continent.

Enfin, la présidente continentale de l'Association des Femmes Africaines de la Transformation, Mamadou Arzika Rabiatou, a plaidé pour une participation accrue des femmes au processus d'industrialisation. Elle a notamment proposé la création d'un centre africain de recherche dédié aux femmes, un meilleur accès au financement, une accélération de la transformation numérique des entreprises féminines et un mécanisme continental de suivi des engagements des États en faveur des femmes entrepreneures.



Le 24/07/26 à 07:45
modifié 24/07/26 à 08:11